Convention collectiveIDCC 2219

    Mutuelle taxi (IDCC 2219) : aucun régime de branche, la loi seule fixe le minimum pour vos chauffeurs salariés

    La convention collective nationale des taxis (IDCC 2219) est étendue, mais ses 38 articles et ses accords annexes ne contiennent ni régime de frais de santé, ni régime de prévoyance, ni maintien de salaire conventionnel. Pour un exploitant, les obligations viennent donc entièrement de la loi : une mutuelle collective au niveau du panier de soins financée à 50 % au moins, le maintien de salaire légal après un an d'ancienneté, et 1,50 % de la tranche 1 en prévoyance pour les cadres. Tout le reste, à commencer par la prévoyance des chauffeurs, se décide dans l'entreprise.

    Ces obligations ne visent que les salariés titulaires d'un contrat de travail. L'artisan taxi et le locataire-gérant qui exploitent pour leur propre compte ne relèvent pas de la mutuelle d'entreprise et se couvrent à titre individuel.

    La branche en bref

    IDCC 2219
    Convention
    Convention collective nationale des taxis du 11 septembre 2001, étendue par arrêté du 9 octobre 2003 ; ancienne convention régionale des taxis parisiens, devenue nationale par l'accord du 22 février 2018, étendu par arrêté du 27 mars 2019
    IDCC
    2219 — entreprises dont l'activité principale est le taxi (NAF 49.32Z) : transport de voyageurs par taxis, centrales de réservation, radio-taxis, transport non médicalisé de personnes à mobilité réduite ; métropole et outre-mer
    Régime santé
    Aucun accord de branche : seul le minimum légal s'applique (article L. 911-7 du code de la sécurité sociale)
    Régime prévoyance
    Aucun accord de branche ; seule l'obligation nationale de 1,50 % de la tranche 1 pour les cadres s'applique, aux échelons V à VII de la classification du 7 décembre 2022
    Maintien de salaire
    Aucune disposition conventionnelle : l'article 35 règle seulement la justification de l'absence, l'article 37 renvoie à la loi ; le maintien légal des articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail s'applique
    Organisme recommandé
    Aucun : la branche n'a ni désigné ni recommandé d'assureur
    0
    texte de branche sur la santé ou la prévoyance parmi les 20 textes de la convention : ni tableau de garanties, ni cotisation, ni organisme recommandé
    50 %
    de la cotisation de mutuelle au minimum à la charge de l'employeur, sur un contrat couvrant au moins le panier de soins légal, pour chaque salarié dès l'embauche
    90 %
    du salaire brut pendant 30 jours, puis deux tiers pendant 30 jours, après un an d'ancienneté et sept jours de carence : c'est le maintien légal, la convention n'y ajoute rien
    1,50 %
    de la tranche 1 du salaire des cadres, à la charge exclusive de l'employeur, soit 60,08 € par mois au plus en 2026 ; aucune cotisation de prévoyance imposée pour les chauffeurs

    Une convention étendue, mais muette sur la protection sociale

    Le texte de 2001 et ses accords traitent du contrat de travail, du temps de travail, des salaires, de la classification et du dialogue social. Aucun ne porte sur la mutuelle ou la prévoyance. L'article 37 renvoie, pour tout ce qui n'est pas prévu, à la loi et aux règlements.

    Le minimum légal : panier de soins, 50 % employeur, maintien de salaire

    Chaque salarié doit être couvert par une mutuelle collective au niveau du panier de soins, payée au moins pour moitié par l'entreprise. En cas d'arrêt, le maintien légal joue après un an d'ancienneté et sept jours de carence, de 60 à 180 jours selon l'ancienneté. Pour les cadres, l'employeur doit 1,50 % de la tranche 1 en prévoyance.

    Des chauffeurs sans filet conventionnel en cas d'arrêt long

    Sans prévoyance, un chauffeur de moins d'un an d'ancienneté ne perçoit que les indemnités de la sécurité sociale, et aucun capital n'est versé à sa famille s'il décède. La convention permet en outre la rupture du contrat après un retrait de permis pour inaptitude physique. Une prévoyance d'entreprise reste facultative, mais c'est le principal choix à arbitrer.

    Vos obligations

    Ce que la convention des taxis (IDCC 2219) impose, et surtout ce qu'elle n'impose pas

    La convention collective des taxis est un texte court : 38 articles signés le 11 septembre 2001, étendus par arrêté du 9 octobre 2003. Conçue pour les sociétés de taxis parisiennes, elle est devenue nationale par l'accord du 22 février 2018, étendu par arrêté du 27 mars 2019 : elle s'applique désormais à toute entreprise dont l'activité principale est le taxi, sous le code 49.32Z, y compris les centrales de réservation, les radio-taxis et le transport non médicalisé de personnes à mobilité réduite, en métropole comme outre-mer. Étant étendue, elle s'impose à tous les employeurs de ce champ, adhérents ou non d'une organisation patronale.

    Nous avons parcouru les vingt textes rattachés à la convention dans la base officielle : le texte de base, l'accord sur le champ d'application, les accords sur la commission paritaire, le dialogue social, l'aménagement du temps de travail, la formation professionnelle, l'activité partielle de longue durée, la classification des personnels non roulants et six accords de salaires, le dernier du 20 juin 2025. Aucun ne porte sur les frais de santé ou la prévoyance. Le mot « prévoyance » n'apparaît qu'une fois, dans la fiche de poste du gestionnaire de paie. La branche n'a donc fixé ni tableau de garanties, ni cotisation, ni répartition, ni organisme recommandé, ni fonds de solidarité.

    Même constat pour l'arrêt de travail. L'article 35 se borne à classer la maladie justifiée par certificat médical parmi les absences régulières, à charge pour le salarié de prévenir sans délai et d'envoyer son justificatif dans les trois jours. Il ne prévoit aucun complément de salaire. L'article 27 renvoie au code du travail pour la maternité, et l'article 37 dispose que, pour tout ce qui n'est pas prévu, « il est fait renvoi pur et simple à la loi et aux règlements ». Vos obligations sont donc celles de tout employeur : la mutuelle au niveau du panier de soins, le maintien de salaire légal, la prévoyance des cadres à 1,50 % et un acte de mise en place en bonne et due forme.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santé collectiveTous les salariés dès l'embauche, garanties au moins égales au panier de soins légal, contrat responsableObligatoire (loi)
    Financement santéEmployeur au moins 50 % de la cotisation du salarié ; aucun tarif ni répartition fixés par la brancheObligatoire (loi)
    Maintien de salaireRégime légal : 1 an d'ancienneté, 7 jours de carence en maladie, 90 % puis deux tiers du brut, de 60 à 180 jours selon l'anciennetéObligatoire (loi)
    Prévoyance des cadres1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, en priorité sur le décès, pour les échelons V à VIIObligatoire (loi)
    Justification de l'absence (art. 35)Prévenir sans délai, justificatif dans les 3 jours ; absence irrégulière à défaut de motif valable sous 48 heuresImposé par la branche
    Prévoyance des chauffeurs et des non-cadresAucune obligation conventionnelle : décès, incapacité et invalidité se décident dans l'entrepriseVous restez libre
    Choix de l'assureur et du niveau de garantiesEntièrement libre, en santé comme en prévoyanceVous restez libre
    Attention
    L'absence de régime de branche ne dispense de rien : la mutuelle collective est obligatoire dès le premier salarié, y compris pour un exploitant qui n'emploie qu'un seul chauffeur à temps partiel. Elle doit être formalisée par une décision unilatérale, un accord collectif ou un référendum.

    Régime santé

    Mutuelle des chauffeurs de taxi salariés (IDCC 2219) : le panier de soins légal, les bénéficiaires et les dispenses

    Faute d'accord de branche, le niveau minimal de la mutuelle d'une entreprise de taxis est celui de l'article L. 911-7 du code de la sécurité sociale, précisé par les articles D. 911-1 et suivants. Le contrat doit prendre en charge l'intégralité du ticket modérateur sur les consultations, les actes et les prestations remboursables par l'assurance maladie, le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée, les soins prothétiques dentaires et l'orthodontie à hauteur de 125 % de la base de remboursement, et un équipement d'optique tous les deux ans à hauteur de 100 € pour des verres simples, 150 € pour un équipement mixte et 200 € pour des verres complexes. Le contrat doit en outre être responsable, ce qui inclut les paniers « 100 % Santé » sans reste à charge en optique, en dentaire et en audiologie.

    Ce socle est un minimum, et c'est souvent ce que souscrivent les petites entreprises de la branche. Il laisse à la charge du chauffeur les dépassements d'honoraires, la chambre particulière et l'essentiel des frais d'optique et de prothèses hors « 100 % Santé ». Rien n'interdit de choisir un niveau supérieur, ni de proposer des options facultatives ou la couverture du conjoint et des enfants : la convention ne l'impose pas, elle ne l'empêche pas non plus. La couverture des ayants droit est donc facultative, et son financement par l'employeur également.

    Tous les salariés sont concernés dès l'embauche, sans condition d'ancienneté : chauffeurs, téléopérateurs des centrales de réservation, régulateurs, personnel administratif et technique, cadres. Les seules dispenses possibles sont celles de la loi. Les dispenses de droit, que le salarié peut invoquer même si l'acte de mise en place n'en dit rien, visent notamment les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, les salariés couverts par un contrat individuel jusqu'à son échéance, ceux qui bénéficient déjà d'une couverture collective obligatoire, y compris comme ayants droit, les salariés en contrat à durée déterminée ou en mission dont la couverture durerait moins de trois mois, et les salariés présents lors de la mise en place par décision unilatérale lorsqu'une cotisation leur est demandée. Les dispenses facultatives de l'article R. 242-1-6, par exemple pour les apprentis, les contrats courts ou les temps partiels dont la cotisation atteindrait 10 % du salaire brut, ne jouent que si votre acte les prévoit. Dans tous les cas, la demande est écrite et vous devez en conserver la trace. La portabilité de l'article L. 911-8 maintient gratuitement la couverture des anciens salariés indemnisés par l'assurance chômage, pendant douze mois au plus.

    Le minimum légal applicable dans les taxis, en l'absence de tableau de branche
    PosteMinimum légalStatut
    Soins courantsTicket modérateur intégral sur les consultations, actes, analyses et médicaments remboursables, hors exceptions prévues par décretObligatoire (loi)
    HospitalisationTicket modérateur et forfait journalier hospitalier pris en charge sans limitation de duréeObligatoire (loi)
    DentaireProthèses et orthodontie à 125 % de la base de remboursement ; panier « 100 % Santé » sans reste à chargeObligatoire (loi)
    OptiqueUn équipement tous les deux ans : 100 € en verres simples, 150 € en équipement mixte, 200 € en verres complexes ; panier « 100 % Santé » sans reste à chargeObligatoire (loi)
    BénéficiairesTous les salariés dès l'embauche, sans condition d'ancienneté ; dispenses de droit sur demande écriteObligatoire (loi)
    Ayants droit, options, niveau supérieurAucune règle de branche : à décider dans l'entreprise, avec ou sans participation de l'employeurVous restez libre
    Dispenses facultatives (art. R. 242-1-6)Apprentis, contrats courts, temps partiels : seulement si l'acte de mise en place les prévoitVous restez libre

    Cotisations santé

    Combien coûte la mutuelle d'une entreprise de taxis (IDCC 2219), et qui paie quoi

    Il n'existe aucun tarif de branche : la convention ne fixe ni cotisation en pourcentage du plafond de la sécurité sociale, ni montant en euros, ni grille par âge ou par région. Nous ne publions donc pas de prix conventionnel pour l'IDCC 2219, parce qu'il n'y en a pas. Le prix de votre contrat dépend de l'assureur, du niveau de garanties retenu, de l'âge moyen et du lieu de travail de vos salariés, et de la structure de cotisation choisie, salarié seul ou famille.

    La seule règle de financement est légale : l'employeur prend en charge au moins 50 % de la cotisation correspondant à la couverture obligatoire du salarié. Cette part s'apprécie sur le contrat réellement souscrit, et non sur le seul panier de soins : si vous rendez obligatoire un niveau supérieur, vous en financez au moins la moitié. Rien ne vous interdit d'aller au-delà, à 60 %, 75 % ou 100 %, ce qui est un argument de recrutement dans un métier où les conducteurs titulaires de la carte professionnelle sont recherchés. La part patronale est exonérée de cotisations sociales dans les limites légales, à condition que le régime soit collectif, obligatoire, responsable et formalisé ; elle reste soumise à la CSG et à la CRDS, ainsi qu'au forfait social dans les entreprises d'au moins onze salariés, et elle est imposable pour le salarié.

    Deux situations fréquentes dans la branche méritent une attention particulière. Les chauffeurs à temps partiel ou employés par plusieurs exploitants doivent être couverts chez chacun, sauf dispense écrite au titre d'une couverture obligatoire par ailleurs. Les contrats courts, renforts de saison ou remplacements, peuvent relever du versement santé de l'article L. 911-7-1 : le salarié dispensé qui justifie d'un contrat individuel responsable reçoit de l'employeur une somme qui remplace sa participation au contrat collectif.

    Financement de la mutuelle dans les taxis : ce qui est fixé et ce qui ne l'est pas
    PosteRègleStatut
    Cotisation conventionnelleAucune : ni pourcentage du PMSS, ni montant en euros, ni grille dans les textes de la brancheVous restez libre
    Part de l'employeurAu moins 50 % de la cotisation obligatoire du salarié, quel que soit le niveau retenuObligatoire (loi)
    Part du salariéAu plus 50 %, précomptée sur le bulletin de paieObligatoire (loi)
    Conjoint et enfantsCouverture et financement libres ; à la charge du salarié si l'acte ne prévoit rienVous restez libre
    Contrats courts et très petits temps partielsVersement santé de l'article L. 911-7-1 pour les salariés dispensés qui justifient d'un contrat individuel responsableObligatoire (loi)
    Régime social de la part patronaleExonérée de cotisations dans les limites légales si le régime est collectif, obligatoire et responsable ; CSG et CRDS duesObligatoire (loi)
    Anciens salariésPortabilité gratuite jusqu'à 12 mois ; maintien à titre individuel au titre de la loi Évin, à la charge de l'ancien salariéObligatoire (loi)
    Attention
    Un contrat souscrit avant l'embauche de votre premier chauffeur à titre personnel, comme artisan, ne vaut pas mutuelle d'entreprise. Dès qu'un salarié est embauché, il faut un contrat collectif distinct et un acte de mise en place, faute de quoi les exonérations de la part patronale peuvent être remises en cause.

    Arrêt de travail

    Arrêt maladie d'un chauffeur de taxi : le maintien de salaire légal, faute de barème conventionnel

    La convention des taxis ne contient aucun article de maintien de salaire. L'article 35 ne traite que de la régularité de l'absence : la maladie « dûment justifiée par un certificat médical » est une absence régulière, le salarié doit prévenir son supérieur sans délai par tout moyen et faire parvenir le justificatif dans les trois jours, le cachet de la poste faisant foi. À défaut d'avoir prévenu et justifié son absence par un motif valable dans les 48 heures, il est en absence irrégulière. Rien n'est dit de l'indemnisation.

    C'est donc le maintien légal des articles L. 1226-1 et D. 1226-1 à D. 1226-8 du code du travail qui s'applique. Le salarié doit avoir un an d'ancienneté au premier jour de l'arrêt, avoir transmis son certificat médical dans les 48 heures, être pris en charge par la sécurité sociale et être soigné en France ou dans un autre État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. L'indemnité démarre au huitième jour d'arrêt en maladie, après sept jours de carence, et dès le premier jour en accident du travail ou maladie professionnelle. Elle porte la rémunération, indemnités journalières comprises, à 90 % du brut pendant 30 jours, puis aux deux tiers pendant les 30 jours suivants. Chacune de ces durées augmente de dix jours par période entière de cinq ans d'ancienneté, dans la limite de 90 jours chacune. Les durées s'apprécient sur les douze mois précédant l'arrêt.

    Pour un conducteur débutant au minimum conventionnel de 1 837,86 € brut pour 151,67 heures, fixé par l'accord du 20 juin 2025, le maintien garantit 1 654,07 € brut par mois pendant la première période, puis 1 225,24 € pendant la seconde, sécurité sociale comprise. Le salaire à retenir est celui que le chauffeur aurait perçu s'il avait travaillé ; lorsque la rémunération comporte une part variable liée à la recette, il est prudent de raisonner sur une moyenne, comme la convention le fait à l'article 26 pour les congés exceptionnels avec la moyenne des trois derniers mois. Pendant la première année, et pendant les sept premiers jours de chaque arrêt, le chauffeur ne perçoit que les indemnités journalières de la sécurité sociale, soit la moitié de son salaire journalier de base après trois jours de carence.

    Barème légal de maintien de salaire (art. D. 1226-1 et D. 1226-2 du code du travail, indemnités journalières comprises)
    AnciennetéDurée et tauxStatut
    Moins de 1 anAucun maintien par l'employeur : indemnités journalières de la sécurité sociale seulesObligatoire (loi)
    1 à 5 ans30 jours à 90 % du brut puis 30 jours aux deux tiersObligatoire (loi)
    6 à 10 ans40 jours à 90 % puis 40 jours aux deux tiersObligatoire (loi)
    11 à 15 ans50 jours à 90 % puis 50 jours aux deux tiersObligatoire (loi)
    16 à 20 ans60 jours à 90 % puis 60 jours aux deux tiersObligatoire (loi)
    21 à 30 ans70 jours puis 70 jours de 21 à 25 ans ; 80 jours puis 80 jours de 26 à 30 ansObligatoire (loi)
    31 ans et plus90 jours à 90 % puis 90 jours aux deux tiersObligatoire (loi)
    Attention
    La convention laisse trois jours pour envoyer le justificatif d'absence, mais le maintien de salaire légal suppose un certificat médical transmis dans les 48 heures. Rappelez ce délai de 48 heures dans vos contrats de travail ou votre règlement intérieur, pour ne pas priver un chauffeur de son complément de salaire.

    Régime prévoyance

    Prévoyance et cotisations dans les taxis (IDCC 2219) : aucune obligation de branche, sauf 1,50 % pour les cadres

    La branche des taxis n'a négocié aucun régime de prévoyance. Pour un chauffeur, un téléopérateur ou un agent de maîtrise, aucun texte n'oblige l'employeur à assurer le décès, l'incapacité de travail ou l'invalidité. Concrètement, si un chauffeur salarié décède, sa famille ne reçoit que le capital décès de la sécurité sociale ; s'il est arrêté six mois, il perçoit les indemnités journalières et, après un an d'ancienneté, le maintien légal pendant 60 à 180 jours, puis plus rien de la part de l'entreprise ; s'il est reconnu invalide, seule la pension de la sécurité sociale lui est versée.

    La seule obligation vient de l'ANI du 17 novembre 2017 sur la prévoyance des cadres, qui s'impose à toutes les entreprises : l'employeur verse une cotisation de 1,50 % de la tranche 1 du salaire, à sa charge exclusive, affectée en priorité à la couverture du décès. Dans la branche, l'accord du 7 décembre 2022 sur la classification des personnels non roulants, étendu par arrêté du 30 juin 2023, classe comme cadres les échelons V à VII : contrôleur de gestion, responsable des ressources humaines, responsable administratif, chef d'atelier, responsable clientèle, cadre de direction. Les agents de maîtrise de l'échelon IV ne sont pas assimilés aux cadres par un texte de branche. L'employeur qui n'a pas souscrit ce contrat s'expose, en cas de décès du cadre, à verser lui-même aux ayants droit un capital égal à trois plafonds annuels, soit 144 180 € en 2026.

    Ce que la convention ajoute réellement à la loi tient en quelques articles, et aucun ne relève de la protection sociale complémentaire : un jour d'absence supplémentaire pour le mariage d'un enfant et pour le décès du père ou de la mère (article 26) ; une indemnité égale à une journée de travail lorsque l'employeur ne peut pas fournir de véhicule (article 24) ; une indemnité de départ à la retraite d'un mois de salaire après cinq ans d'ancienneté, portée à trois mois et demi après trente ans, calculée sur la rémunération des trois dernières années (article 36). Les articles 33 et 34 intéressent directement la prévoyance : en cas de retrait du permis ou de la carte professionnelle pour inaptitude physique, l'employeur doit s'efforcer de reclasser le conducteur si le retrait est définitif, mais peut engager un licenciement à défaut de poste, ces alinéas ayant été étendus sous réserve des règles du code du travail sur l'inaptitude. Pour un conducteur, dont l'emploi dépend de son aptitude médicale à la conduite, une garantie d'incapacité et d'invalidité est donc le complément le plus utile, même si rien ne l'impose.

    Côté cotisations, le seul taux opposable est donc celui des cadres. Pour un cadre de l'échelon V rémunéré au minimum conventionnel de 16,49 € de l'heure, soit 2 501,04 € brut pour 151,67 heures, 1,50 % représente 37,52 € par mois ; pour un cadre payé au plafond de la sécurité sociale ou au-delà, l'obligation atteint au maximum 1,50 % de 4 005 €, soit 60,08 € par mois en 2026, entièrement à la charge de l'employeur. Pour les chauffeurs et les autres non-cadres, la convention ne fixe ni taux, ni répartition, ni assiette : si vous mettez en place une prévoyance, elle doit être collective et obligatoire pour ouvrir droit aux exonérations, et la part de cotisation qui finance votre propre obligation de maintien de salaire doit rester à votre charge. Pour que le chauffeur soit indemnisé sur son revenu réel, asseyez cotisations et prestations sur la rémunération brute totale, part variable comprise, et vérifiez que le contrat n'exclut pas la conduite professionnelle de véhicules de transport de personnes ni les accidents de la circulation survenus pendant le service, qui sont des accidents du travail.

    Prévoyance et cotisations 2026 : ce que prévoient la loi, la convention, et ce qui reste à décider (PMSS = 4 005 €)
    GarantieSituation dans la brancheStatut
    Décès des cadres (échelons V à VII)1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, en priorité sur le décès ; à défaut, capital de 3 PASS = 144 180 € dû par l'employeurObligatoire (loi)
    Décès des chauffeurs et des non-cadresAucune garantie conventionnelle : capital décès de la sécurité sociale seulVous restez libre
    Incapacité temporaireAucun relais conventionnel après le maintien légal de 60 à 180 jours ; rien avant 1 an d'anciennetéVous restez libre
    InvaliditéAucune rente conventionnelle ; pension de la sécurité sociale seuleVous restez libre
    Inaptitude physique à la conduite (art. 33 et 34)Recherche de reclassement en cas de retrait définitif, licenciement possible à défaut de poste, sous réserve du code du travailImposé par la branche
    Indemnité de départ à la retraite (art. 36)De 1 mois de salaire après 5 ans à 3,5 mois après 30 ans, sur la rémunération des 3 dernières annéesImposé par la branche
    Exemple : cadre échelon V au minimum conventionnel2 501,04 € brut × 1,50 % = 37,52 € par mois, entièrement employeur ; au plafond, 4 005 € × 1,50 % = 60,08 €Obligatoire (loi)
    Cotisation des non-cadresAucun taux conventionnel, aucun fonds de solidarité de branche : garanties, assiette et répartition à définir dans l'entrepriseVous restez libre

    Qui est concerné

    Chauffeur salarié, locataire-gérant, artisan : qui relève de la mutuelle d'entreprise

    La convention « règle les rapports entre les employeurs et les salariés » des entreprises de taxis. La mutuelle collective, le maintien de salaire et la prévoyance des cadres sont eux aussi des droits attachés au contrat de travail. Or le taxi est un métier où coexistent plusieurs statuts : l'artisan titulaire de son autorisation de stationnement, qui conduit son propre véhicule ; le locataire-gérant, qui exploite pour son compte le véhicule et l'autorisation d'un tiers contre une redevance ; le sociétaire d'une coopérative ; et le chauffeur salarié, lié par un contrat de travail écrit que l'article 17 de la convention rend obligatoire, avec mention de la fonction, de la qualification, de la durée du travail et de la rémunération.

    Seul le chauffeur salarié entre dans le champ de votre mutuelle d'entreprise, avec le personnel sédentaire : téléopérateurs, régulateurs, administratifs, techniciens, cadres. Il doit être affilié dès son embauche, y compris pendant la période d'essai de deux mois renouvelable une fois prévue par l'article 20, et figurer dans votre contrat collectif même s'il est votre unique salarié. L'artisan et le locataire-gérant, qui exploitent à leur compte, ne sont pas vos salariés : ils ne peuvent pas être affiliés à votre contrat collectif obligatoire, vous ne leur devez ni participation de 50 %, ni maintien de salaire, et ils se couvrent par un contrat individuel de complémentaire santé et de prévoyance, déductible dans le cadre fiscal prévu pour les travailleurs indépendants. Le dirigeant d'une société de taxis ne bénéficie du contrat collectif que s'il relève, par son mandat, de la catégorie de personnel visée par l'acte de mise en place.

    Cette frontière doit correspondre à la réalité. Lorsqu'un contrat de location place en fait le conducteur dans un état de subordination à l'égard du loueur, les juges peuvent le requalifier en contrat de travail, comme l'a fait la Cour de cassation dans son arrêt du 19 décembre 2000 à propos d'un locataire de taxi. Les conséquences sont alors rétroactives : salaires, cotisations, mais aussi absence de mutuelle et de maintien de salaire pendant toute la période. Un exploitant qui recourt aux deux formules a donc intérêt à tenir un état clair de ses conducteurs, statut par statut, et à n'affilier au contrat collectif que ceux qui ont un contrat de travail, mais tous ceux-là.

    Qui relève de quoi dans une entreprise de taxis
    StatutMutuelle et prévoyanceStatut
    Chauffeur salarié (contrat de travail écrit, art. 17)Mutuelle collective dès l'embauche, 50 % employeur au moins, maintien de salaire légal après 1 an, prévoyance si l'entreprise en a mis une en placeObligatoire (loi)
    Personnel non roulant, échelons I à IVMêmes droits que les chauffeurs salariés ; aucune prévoyance imposéeObligatoire (loi)
    Cadres, échelons V à VIIMutuelle collective et prévoyance à 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeurObligatoire (loi)
    Artisan taxiHors convention et hors mutuelle d'entreprise pour lui-même : contrat individuel de travailleur indépendant ; employeur à part entière dès qu'il embauche un chauffeurVous restez libre
    Locataire-gérantExploite pour son compte : n'est pas affilié au contrat collectif du loueur, se couvre individuellementVous restez libre
    Salarié de plusieurs exploitantsAffilié chez chacun, sauf dispense écrite au titre d'une couverture collective obligatoire par ailleursObligatoire (loi)
    Dirigeant de la sociétéCouvert seulement s'il appartient à la catégorie de personnel visée par l'acte de mise en placeVous restez libre
    Attention
    Un artisan qui embauche un seul chauffeur pour doubler son véhicule devient employeur au sens de la convention 2219 : contrat de travail écrit, salaire minimal conventionnel, mutuelle collective financée à moitié et maintien de salaire légal s'appliquent dès ce premier salarié.

    Choix de l'assureur

    Assureur libre : comment choisir et formaliser sans accord de branche

    La branche n'a ni désigné ni recommandé d'organisme. Il n'existe pas de contrat cadre négocié pour les taxis, pas de tarif mutualisé à l'échelle nationale, pas de fonds de solidarité auquel cotiser. Vous pouvez donc souscrire auprès de la mutuelle, de l'institution de prévoyance ou de la compagnie d'assurance de votre choix, et en changer à chaque échéance dans les conditions du contrat. La contrepartie est que personne n'a vérifié la conformité du contrat à votre place : c'est à vous de vous assurer qu'il couvre bien le panier de soins, qu'il est responsable et qu'il s'applique à l'ensemble des salariés.

    L'acte de mise en place est la pièce centrale. En l'absence d'accord de branche, c'est lui seul qui crée l'obligation d'adhérer et qui conditionne les exonérations de la part patronale. Dans une petite entreprise, il prend presque toujours la forme d'une décision unilatérale de l'employeur, remise à chaque salarié contre signature. Elle précise les bénéficiaires, le caractère obligatoire, le niveau de garanties, la répartition de la cotisation, les dispenses retenues et les conditions de révision. Si vous ajoutez une prévoyance, une seconde décision, ou un second volet, en fixe les garanties, la catégorie couverte et le financement.

    Pour comparer des offres, raisonnez sur trois points propres au métier. D'abord la stabilité du tarif : dans un effectif de quelques chauffeurs, l'âge moyen pèse fortement sur le prix, et un contrat à tarif unique par salarié est plus lisible qu'une grille par âge. Ensuite les postes utiles à des conducteurs, en particulier l'optique et les consultations de spécialistes, l'aptitude à la conduite étant contrôlée par visite médicale. Enfin la cohérence entre santé et prévoyance : un même interlocuteur simplifie la gestion des arrêts longs, la portabilité et la sortie des effectifs. Les fiches voisines du transport routier et du transport sanitaire montrent ce que prévoient des branches proches qui, elles, ont négocié des régimes obligatoires.

    Choisir votre contrat sans régime de branche : les points à vérifier
    CritèreCe qu'il faut vérifierStatut
    OrganismeLibre : aucune désignation ni recommandation dans la convention 2219Vous restez libre
    Conformité au panier de soinsTicket modérateur, forfait journalier illimité, dentaire 125 %, optique 100 / 150 / 200 €, contrat responsableObligatoire (loi)
    Acte de mise en placeDécision unilatérale remise contre signature, accord collectif ou référendum : condition des exonérationsObligatoire (loi)
    Information des salariésNotice d'information de l'assureur remise à chaque salarié, à l'adhésion et à chaque modificationObligatoire (loi)
    Niveau de garanties et optionsPanier de soins ou niveau supérieur, options facultatives, couverture de la familleVous restez libre
    Prévoyance des chauffeursFacultative : décès, incapacité, invalidité, assiette sur la rémunération totale, pas d'exclusion de la conduite professionnelleVous restez libre
    Prévoyance des cadresContrat distinct ou catégorie dédiée, 1,50 % de la tranche 1 au minimum, à la charge de l'employeurObligatoire (loi)

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    Dans les taxis, la convention étendue ne dit rien de la mutuelle, de la prévoyance ni du maintien de salaire : la loi fixe seule le minimum, et l'entreprise décide de tout le reste.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute entreprise de taxis qui emploie au moins un salarié

    • Mutuelle collective au niveau du panier de soinsTous les salariés dès l'embauche, contrat responsable
    • 50 % de la cotisation au moinsSur le niveau réellement rendu obligatoire
    • Maintien de salaire légal1 an d'ancienneté, 7 jours de carence, 90 % puis deux tiers, 60 à 180 jours
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % de la tranche 1Échelons V à VII, à la charge de l'employeur ; 144 180 € de risque à défaut
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Convention du 11 septembre 2001, étendue : rien sur la protection sociale complémentaire

    • Justification de l'absence (art. 35)Prévenir sans délai, justificatif sous 3 jours
    • Contrat de travail écrit (art. 17)Ce qui distingue le chauffeur salarié du locataire-gérant
    • Indemnité de départ à la retraite (art. 36)De 1 mois après 5 ans à 3,5 mois après 30 ans
    • Inaptitude physique à la conduite (art. 33 et 34)Recherche de reclassement avant toute rupture
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • L'assureurAucun organisme désigné ni recommandé
    • Le niveau de la mutuellePanier de soins ou mieux, options, famille
    • Une prévoyance pour les chauffeursDécès, incapacité, invalidité : facultative mais structurante
    • Une participation supérieure à 50 %Un argument de recrutement et de fidélisation

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC et vos statuts

      2219 si votre activité principale est le taxi (49.32Z) ; listez vos conducteurs salariés, locataires-gérants et artisans partenaires.

    2. Partez de la loi, pas d'un accord de branche

      Panier de soins, 50 % employeur, maintien légal, 1,50 % cadres : aucun texte conventionnel à reprendre.

    3. Choisissez l'assureur et le niveau

      Comparez librement ; vérifiez le contrat responsable, le tarif par salarié et les postes utiles à des conducteurs.

    4. Décidez d'une prévoyance

      Obligatoire pour les échelons V à VII ; facultative pour les chauffeurs, à asseoir sur la rémunération totale.

    5. Formalisez et informez

      Décision unilatérale remise contre signature, notices, dispenses écrites, rappel du délai de 48 heures pour les arrêts.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Taxis

    Oui, dès le premier salarié. La convention des taxis (IDCC 2219) ne contient aucun régime de santé, mais la loi impose à tout employeur une complémentaire santé collective couvrant au moins le panier de soins, financée à 50 % au minimum par l'entreprise. Elle concerne les chauffeurs salariés comme le personnel des centrales de réservation et des bureaux.

    Une mutuelle conforme à la loi pour vos chauffeurs salariés, et une prévoyance si vous le décidez

    Décrivez votre entreprise de taxis en 3 minutes : un conseiller vérifie qui doit être couvert, chiffre un contrat au niveau du panier de soins ou au-dessus, la prévoyance de vos cadres et, si vous le souhaitez, celle de vos chauffeurs, puis vous accompagne sur la décision unilatérale.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale des taxis du 11 septembre 2001, IDCC 2219, étendue par arrêté du 9 octobre 2003 (Légifrance, KALICONT000021125058, texte de base KALITEXT000021125063) : articles 17, 20, 24, 26, 27, 33 à 37 ; accord du 22 février 2018 relatif au champ d'application et à l'intitulé, étendu par arrêté du 27 mars 2019 · Accord du 7 décembre 2022 relatif à la classification des personnels non roulants, étendu par arrêté du 30 juin 2023 (cadres aux échelons V à VII) ; accord du 20 juin 2025 relatif aux rémunérations minimales, étendu, applicable au 1ᵉʳ juin 2025 ; accord du 5 février 2020 relatif à l'aménagement du temps de travail, étendu · Articles L. 911-7, L. 911-7-1, L. 911-8, D. 911-1 à D. 911-3 et R. 242-1-6 du code de la sécurité sociale (panier de soins, financement à 50 %, versement santé, portabilité, dispenses) ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 à D. 1226-8 du code du travail (maintien de salaire légal) · ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres (1,50 % de la tranche 1, capital de trois plafonds annuels à défaut) ; Cour de cassation, chambre sociale, 19 décembre 2000, n° 98-40.572 (requalification d'un contrat de location de taxi) ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)