Convention collectiveIDCC 3109

    Mutuelle industrie alimentaire (IDCC 3109) : pas de régime santé de branche, mais une prévoyance obligatoire pour les non-cadres comme pour les cadres, sans assureur imposé

    La convention des 5 branches industries alimentaires diverses (IDCC 3109) ne contient aucun accord sur les frais de santé : la mutuelle d'une biscuiterie ou d'une chocolaterie industrielle relève du seul socle légal. En revanche, elle impose une prévoyance complète à tous les salariés sans condition d'ancienneté : capital décès porté à 150 % du salaire au 1ᵉʳ janvier 2026 pour les non-cadres, 300 % pour les cadres, rentes éducation et handicap, incapacité à 70 ou 80 %, invalidité, et un maintien de salaire conventionnel distinct pour les ouvriers et employés, les agents de maîtrise et les cadres.

    La désignation d'ISICA Prévoyance et de l'OCIRP a cessé de produire ses effets, Légifrance le mentionne sous l'article 10.9 : l'entreprise choisit librement son organisme. Depuis 2018, le texte ne fixe plus de taux pour les non-cadres, seulement un partage à 50 / 50.

    La branche en bref

    IDCC 3109
    Convention
    Convention collective nationale des 5 branches industries alimentaires diverses du 21 mars 2012, étendue ; secrétariat paritaire assuré par l'Alliance 7
    IDCC
    3109 — fabrication industrielle de biscuits, biscottes, chocolat, confiserie, céréales, aliments de l'enfance et diététiques, entremets, condiments, thé, café, chicorée, glaces ; à ne pas confondre avec les détaillants de la chocolaterie-confiserie (IDCC 1286)
    Régime santé
    Aucun accord de branche sur les frais de santé : panier de soins légal, part patronale d'au moins 50 %, dispenses du code de la sécurité sociale
    Régime prévoyance
    Non-cadres : chapitre 10, refondu par l'avenant n° 27 du 15 novembre 2024 (étendu le 5 mars 2025) et l'avenant n° 30 du 5 novembre 2025 (étendu le 18 mars 2026). Cadres : chapitre 10 bis, créé par l'avenant n° 24 du 13 juin 2024 (étendu le 25 septembre 2024)
    Organisme recommandé
    Aucun : ISICA Prévoyance (groupe AG2R) et l'OCIRP sont les assureurs historiques du régime des non-cadres, sans recommandation au sens de l'article L. 912-1
    Organisme imposé
    Aucun : la désignation de l'article 10.9 a cessé de produire ses effets, et l'article 10.9 bis pose le libre choix pour les cadres
    50 %
    au minimum de la cotisation santé à la charge de l'employeur : seule règle applicable, la branche n'ayant ni tableau de garanties ni tarif conventionnel pour la mutuelle
    150 %
    du salaire annuel en capital décès pour un non-cadre depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, plus 30 % par personne à charge ; 300 % et 60 % pour un cadre
    1,60 % T1
    de cotisation minimale pour la prévoyance des cadres, soit 64,08 € par mois au plafond 2026 : 1,50 % pour l'employeur (60,08 €) et 0,10 % pour le salarié (4,01 €)
    70 ou 80 %
    du salaire de référence en incapacité de travail, non-cadres ou cadres, indemnités de la sécurité sociale déduites, en relais du maintien de salaire et jusqu'au 1 095ᵉ jour

    Pas de mutuelle de branche : le socle légal, rien de plus

    Aucun de la quarantaine de textes rattachés à la convention ne traite des frais de santé. L'entreprise applique donc la loi : un contrat responsable couvrant au moins le panier de soins, financé à 50 % au minimum, avec les dispenses prévues par le code de la sécurité sociale. Garanties, options et assureur restent entièrement à sa main.

    Une prévoyance obligatoire dès l'embauche, relevée en 2025 et 2026

    Tous les non-cadres sont couverts sans condition d'ancienneté. L'avenant n° 27 a porté l'incapacité de 60 à 70 % et l'invalidité de 36 et 60 % à 42 et 70 % ; l'avenant n° 30 fait passer le capital décès de 100 à 150 % du salaire au 1ᵉʳ janvier 2026. Le financement est partagé à 50 / 50, l'incapacité restant à la charge du salarié.

    Un régime propre aux cadres depuis le 1ᵉʳ janvier 2025

    Le chapitre 10 bis crée un standard de branche : 300 % du salaire en capital décès, rente éducation avec un minimum de 4 800 € par an, incapacité et invalidité à 80 %. La cotisation ne peut pas être inférieure à 1,60 % de la tranche 1, dont 1,50 % pour l'employeur. Le choix de l'organisme est libre.

    Vos obligations

    Ce que la convention des industries alimentaires diverses (IDCC 3109) impose au-delà de la loi

    La convention du 21 mars 2012 a réuni dans un texte unique plusieurs conventions de l'industrie agroalimentaire : biscotterie, biscuiterie et pâtisserie de conservation, chocolaterie et confiserie, céréales soufflées ou grillées, aliments adaptés à l'enfant et diététiques, préparations pour entremets et desserts, condiments et assaisonnements, transformation du thé et du café, chicorée, bouillons et potages, tapioca, fruits à coque pour l'apéritif. Les fabricants industriels de glaces l'ont rejointe par adhésion du 27 juillet 2016. Elle vise l'industrie : un chocolatier qui vend au détail relève de la convention des détaillants de la chocolaterie-confiserie (IDCC 1286), un artisan de la boulangerie-pâtisserie de l'IDCC 843.

    En matière de frais de santé, la branche n'a rien négocié : aucun accord, aucun tableau de garanties, aucune cotisation de référence. C'est la loi qui s'applique, avec le panier de soins minimal et une part patronale de 50 % au moins. En matière de prévoyance, c'est l'inverse. Le chapitre 10 impose un régime complet à tous les salariés non-cadres, et le chapitre 10 bis, créé par l'avenant n° 24 du 13 juin 2024, en fait autant pour les cadres depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Ces textes sont étendus : ils s'imposent à toute entreprise du champ, adhérente ou non à une organisation patronale.

    Le maintien de salaire figure au chapitre 9. Il comporte des dispositions communes et trois barèmes : ouvriers et employés (article 9.2), techniciens et agents de maîtrise (article 9.3), cadres (article 9.4). La prévoyance prend le relais lorsque ces droits sont épuisés.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santéAucun régime de branche : contrat collectif responsable couvrant au moins le panier de soins, pour tous les salariésObligatoire (loi)
    Financement santéEmployeur 50 % au minimum de la cotisation du salarié ; aucun tarif conventionnelObligatoire (loi)
    Maintien de salaire (chapitre 9)Ouvriers et employés : 90 % puis 75 % pendant 150 à 180 jours ; agents de maîtrise : 100 % puis 75 % ; cadres : 100 % puis 75 % de 30 + 30 jours à 180 + 180 joursImposé par la branche
    Prévoyance des non-cadres (chapitre 10)Sans condition d'ancienneté : décès 150 % + 30 % par personne à charge, obsèques, rente éducation 10 à 12 %, rente handicap 621 € par mois, incapacité 70 %, invalidité 42 ou 70 %Imposé par la branche
    Prévoyance des cadres (chapitre 10 bis)Décès 300 % + 60 % par personne à charge à partir de la deuxième, rente éducation 10 à 12 %, rente handicap 610,04 € par mois, incapacité 80 %, invalidité 48 ou 80 %Imposé par la branche
    Financement prévoyanceNon-cadres : 50 % employeur, 50 % salarié, sans taux fixé par le texte ; cadres : 1,60 % T1 au minimum, dont 1,50 % employeurImposé par la branche
    Choix de l'assureurLibre pour la santé comme pour la prévoyanceVous restez libre
    Attention
    La convention des pâtes alimentaires sèches et du couscous (IDCC 1987) a été fusionnée avec l'IDCC 3109 par un arrêté du 3 juin 2024. L'accord du 26 juin 2025, étendu par arrêté du 26 mars 2026, rend la prévoyance des cadres et des non-cadres applicable aux fabricants de pâtes à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, avec une anticipation possible par accord d'entreprise ou accord avec le CSE.

    Régime santé

    Mutuelle dans l'industrie alimentaire (IDCC 3109) : le socle légal, faute d'accord de branche

    Nous avons parcouru la liste complète des textes rattachés à la convention : accords de prévoyance, de classification, de salaires, de congés, de handicap, de fusion des champs. Aucun ne porte sur le remboursement des frais de santé. Le seul passage qui évoque le sujet est le préambule de l'accord du 4 juillet 2024, qui rappelle que les entreprises « peuvent instituer » des garanties de frais de santé, de prévoyance ou de retraite selon les modalités de l'article L. 911-1 du code de la sécurité sociale. C'est une faculté, pas un régime.

    L'employeur doit donc respecter les trois règles légales. D'abord, couvrir tous les salariés, sans condition d'ancienneté, par un contrat collectif et obligatoire. Ensuite, garantir au moins le panier de soins : l'intégralité du ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier sans limite de durée, 125 % de la base de remboursement pour les prothèses dentaires et l'orthodontie, un forfait optique de 100 à 200 € selon la correction, dans le cadre d'un contrat responsable ouvrant le 100 % Santé. Enfin, financer au moins la moitié de la cotisation du salarié.

    Les dispenses sont celles du code de la sécurité sociale : salariés déjà présents lors d'une mise en place par décision unilatérale avec part salariale, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, salariés couverts par un contrat individuel jusqu'à son échéance, salariés déjà couverts à titre obligatoire, y compris comme ayants droit, CDD et contrats de mission de courte durée. D'autres cas, comme les salariés à temps très partiel ou les apprentis, ne jouent que si l'acte de mise en place les prévoit. Dans une industrie qui recourt beaucoup aux saisonniers pour les campagnes de Noël et de Pâques, ce point mérite d'être rédigé avec soin.

    Ce qui s'applique à la mutuelle d'une entreprise de l'IDCC 3109
    PosteRègle applicableStatut
    Accord de branche frais de santéAucun dans la convention ni dans ses avenantsVous restez libre
    Salariés couvertsTous, dès l'embauche, par un contrat collectif et obligatoireObligatoire (loi)
    Garanties minimalesPanier de soins : ticket modérateur, forfait journalier illimité, 125 % en prothèses dentaires et orthodontie, optique 100 à 200 €Obligatoire (loi)
    Contrat responsable et 100 % SantéConditions des exonérations sociales et du taux réduit de taxeObligatoire (loi)
    DispensesCas de plein droit du code de la sécurité sociale ; cas facultatifs seulement s'ils figurent dans la DUE ou l'accordObligatoire (loi)
    Niveaux de garanties, options, ayants droitAu choix de l'entreprise, selon sa politique sociale et la négociation avec l'assureurVous restez libre
    PortabilitéMaintien gratuit jusqu'à 12 mois pour les anciens salariés indemnisés par l'assurance chômageObligatoire (loi)
    Attention
    L'absence de régime de branche ne dispense pas de formaliser. Sans décision unilatérale, accord collectif ou référendum, les cotisations patronales perdent leurs exonérations sociales en cas de contrôle.

    Cotisations santé

    Combien coûte la mutuelle, et qui paie quoi en l'absence de tarif conventionnel

    Il n'existe aucune cotisation de référence dans la branche : ni pourcentage du plafond de la sécurité sociale, ni forfait en euros. Le prix dépend du contrat choisi, du niveau de garanties, de la structure de cotisation (salarié seul, famille, tarif unique) et de la démographie de l'entreprise. Nous ne publions donc pas de montant : tout chiffre présenté comme « le tarif de la convention 3109 » serait inexact.

    La seule contrainte chiffrée est légale : l'employeur finance au moins 50 % de la cotisation qui couvre le salarié, sur la totalité des garanties obligatoires et pas seulement sur le panier minimal. À titre de repère, d'autres branches industrielles ont fixé un plancher : dans les industries chimiques, la cotisation minimale est de 1,50 % du plafond mensuel, soit 60,08 € en 2026. Ce repère n'a aucune valeur obligatoire dans l'industrie alimentaire, mais il situe le niveau d'un contrat correct pour un salarié seul.

    En pratique, beaucoup d'industriels de la branche financent davantage que la moitié, ou rendent obligatoire la couverture des enfants, pour fidéliser des opérateurs de ligne et des conducteurs de machines difficiles à recruter. Ces choix relèvent de l'acte de mise en place : une décision unilatérale suffit, un accord d'entreprise étant préférable dès qu'il existe des délégués syndicaux.

    Financement de la mutuelle dans l'IDCC 3109
    PosteRègleStatut
    Tarif conventionnelAucun : ni taux, ni forfait, ni grille par âgeVous restez libre
    Part de l'employeur50 % au minimum de la cotisation obligatoire du salariéObligatoire (loi)
    Part du salarié50 % au maximum, précomptée sur le bulletin de paieObligatoire (loi)
    Participation supérieure à 50 %Possible, à fixer dans la DUE ou l'accordVous restez libre
    Conjoint et enfantsCouverture facultative ou obligatoire au choix de l'entreprise ; aucune règle de brancheVous restez libre
    Saisonniers et CDD courtsDispense de plein droit et versement santé selon la durée du contrat et la couverture du salariéObligatoire (loi)

    Arrêt de travail

    Maintien de salaire dans les industries alimentaires diverses (IDCC 3109) : trois barèmes

    L'article 9.1 pose les règles communes. L'indemnité est un pourcentage du salaire brut que le salarié aurait perçu, sous déduction des indemnités journalières de la sécurité sociale et de la part des prestations de prévoyance financée par l'employeur. Elle est versée dès le jour de la prise en charge par la sécurité sociale en cas d'accident du travail, d'accident de trajet ou de maladie avec hospitalisation, et à compter du 8ᵉ jour en cas de maladie sans hospitalisation, le délai courant dès le début de l'absence. Le total perçu ne peut pas dépasser la rémunération nette d'activité. Une rechute reconnue par la sécurité sociale ne fait pas courir de nouvelle franchise. Les droits conventionnels ne peuvent jamais être inférieurs au maintien légal du code du travail, qu'il faut comparer à chaque arrêt.

    Pour les ouvriers et employés (article 9.2) : en accident du travail, 180 jours à 90 %, sans condition d'ancienneté s'il y a hospitalisation, après deux mois sinon. En accident de trajet, après six mois, 180 jours à 90 % avec hospitalisation, 150 jours sans. En maladie avec hospitalisation, après six mois, 45 jours à 90 % puis 135 jours à 75 %. En maladie sans hospitalisation, après un an, 45 jours à 90 % puis 105 jours à 75 %. Le tableau des dispositions communes allonge la période à 90 % avec l'ancienneté : 50 jours à partir de 13 ans, 60 jours à 18 ans, 70 jours à 23 ans, 80 jours à 28 ans et 90 jours à partir de 33 ans, avec un complément de 10 puis 30 jours aux deux tiers du salaire pour les arrêts sans hospitalisation au-delà de 28 et 33 ans.

    Les techniciens et agents de maîtrise (article 9.3) perçoivent 100 % de leurs appointements pendant 45 jours après un an de présence, puis 75 % pendant 105 jours, 135 en cas d'hospitalisation ; 60 jours puis 90 (120) après cinq ans ; 90 jours puis 90 après dix ans. Les cadres (article 9.4) bénéficient de 30 jours à 100 % et 30 jours à 75 % dès six mois de présence, 45 + 45 après un an, 60 + 60 après deux ans, 90 + 90 après trois ans, 120 + 120 après cinq ans, 150 + 150 après dix ans et 180 + 180 à partir de quinze ans. Avant ces seuils, les uns et les autres relèvent du barème des ouvriers et employés. Les durées s'apprécient par année civile.

    Barèmes du chapitre 9 (IJSS et part patronale de la prévoyance déduites)
    SituationDurée et tauxStatut
    Ouvrier ou employé, accident du travail180 jours à 90 %, dès le premier jour pris en charge ; sans ancienneté si hospitalisation, 2 mois sinonImposé par la branche
    Ouvrier ou employé, accident de trajetAprès 6 mois : 180 jours à 90 % avec hospitalisation, 150 jours sansImposé par la branche
    Ouvrier ou employé, maladie avec hospitalisationAprès 6 mois, sans franchise : 45 jours à 90 % puis 135 jours à 75 % ; jusqu'à 90 + 90 jours à partir de 33 ans d'anciennetéImposé par la branche
    Ouvrier ou employé, maladie sans hospitalisationAprès 1 an, à compter du 8ᵉ jour : 45 jours à 90 % puis 105 jours à 75 %Imposé par la branche
    Technicien ou agent de maîtriseAprès 1 an : 45 jours à 100 % puis 105 jours à 75 % (135 si hospitalisation) ; 60 + 90 (120) après 5 ans ; 90 + 90 après 10 ansImposé par la branche
    Cadre100 % puis 75 % : 30 + 30 jours après 6 mois, 45 + 45 après 1 an, 60 + 60 après 2 ans, 90 + 90 après 3 ans, 120 + 120 après 5 ans, 150 + 150 après 10 ans, 180 + 180 après 15 ansImposé par la branche
    Garantie d'emploi (art. 8.5.6)Maladie : 3 mois d'absence de 1 à 3 ans d'ancienneté, 6 mois de 3 à 10 ans, 9 mois au-delà ; accident du travail : 12 mois après 1 anImposé par la branche
    Attention
    L'article 9.1 autorise l'entreprise à assurer ce maintien de salaire par un contrat collectif, à la charge exclusive de l'employeur, qui lui rembourse les indemnités versées. L'employeur reste dans tous les cas le débiteur direct du salarié : le contrat protège sa trésorerie, il ne le décharge pas.

    Régime prévoyance

    Prévoyance des industries alimentaires diverses (IDCC 3109) : non-cadres et cadres

    Le chapitre 10 couvre tous les salariés non-cadres, c'est-à-dire ceux qui ne relèvent pas des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017, quelle que soit la nature de leur contrat et sans condition d'ancienneté. Les prestations se calculent sur le salaire brut des tranches A et B des quatre trimestres civils précédant l'événement. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le capital décès est de 150 % du salaire de référence quelle que soit la situation de famille, majoré de 30 % par personne à charge, et calculé sur le Smic lorsque le salaire est inférieur. Il était de 100 % jusqu'en 2025. Le même capital est versé par anticipation en cas d'invalidité permanente et totale, et le double effet verse un second capital aux enfants si le conjoint décède à son tour.

    S'y ajoutent une allocation obsèques de 150 % du plafond mensuel au décès du salarié, soit 6 007,50 € en 2026, et de 100 %, soit 4 005 €, au décès du conjoint ou d'une personne à charge, dans la limite des frais réels ; une rente éducation de 10 % du salaire jusqu'à 16 ans, avec un minimum de 2 400 € par an, puis de 12 % et 2 800 € jusqu'à 18 ans, 25 ans révolus en cas d'études ou 30 ans en apprentissage, doublée pour les orphelins des deux parents ; une rente viagère de 621 € par mois pour l'enfant handicapé, valeur au 3 septembre 2024. En incapacité, la prévoyance verse 70 % du salaire de référence, indemnités de la sécurité sociale déduites, à l'épuisement du maintien de salaire du chapitre 9, ou après 180 jours d'arrêt continu pour le salarié qui n'a pas l'ancienneté requise, et jusqu'au 1 095ᵉ jour. En invalidité, la rente est de 42 % en 1ʳᵉ catégorie ou pour une incapacité permanente de 33 à 66 %, de 70 % au-delà.

    Le chapitre 10 bis vise les cadres au sens de l'ANI de 2017 : dans la classification de branche, les cadres à partir du niveau VII échelon 1 et les techniciens et agents de maîtrise du niveau VI. Le capital décès est de 300 % du salaire de référence, avec ou sans une première personne à charge, plus 60 % par personne à charge supplémentaire ; l'assiette va jusqu'à quatre plafonds annuels. La rente éducation suit les mêmes taux de 10 et 12 % avec des minimums de 4 800 et 5 800 € par an, la rente handicap est de 610,04 € par mois (valeur au 1ᵉʳ janvier 2023), l'allocation obsèques identique à celle des non-cadres. L'incapacité est indemnisée à 80 %, après la première période de maintien de salaire ou après 160 jours continus, et l'invalidité à 48 % ou 80 %. L'entreprise peut, en le formalisant, rattacher à ce régime les techniciens et agents de maîtrise des niveaux IV et V, faculté agréée par l'APEC.

    Garanties de prévoyance en vigueur en 2026 (en % du salaire de référence)
    GarantieNon-cadres (chap. 10) · cadres (chap. 10 bis)Statut
    Décès ou invalidité permanente et totale150 % · 300 %, quelle que soit la situation de familleImposé par la branche
    Majoration par personne à charge+ 30 % par personne · + 60 % par personne au-delà de la premièreImposé par la branche
    Double effetSecond capital égal au premier, hors majorations, versé aux enfants restant à chargeImposé par la branche
    Allocation obsèquesSalarié : 150 % du PMSS = 6 007,50 € ; conjoint ou personne à charge : 100 % = 4 005 € ; frais réels (enfant de plus de 12 ans chez les non-cadres)Imposé par la branche
    Rente éducation10 % jusqu'à 16 ans, 12 % ensuite ; minimums annuels 2 400 et 2 800 € · 4 800 et 5 800 € ; doublée pour l'orphelin des deux parentsImposé par la branche
    Rente viagère handicap621 € par mois (valeur septembre 2024) · 610,04 € par mois (valeur janvier 2023)Imposé par la branche
    Incapacité et invaliditéIncapacité 70 % · 80 % jusqu'au 1 095ᵉ jour ; invalidité 1ʳᵉ catégorie 42 % · 48 % ; 2ᵉ et 3ᵉ catégories 70 % · 80 %Imposé par la branche
    Attention
    L'avenant n° 30 s'applique depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 aux adhérents des syndicats signataires et, pour les autres entreprises, au plus tard le premier jour du mois suivant son arrêté d'extension du 18 mars 2026, publié le 2 avril. Un contrat resté à 100 % de capital décès n'est plus conforme : demandez l'avenant à votre assureur.

    Cotisations prévoyance

    Taux de prévoyance 2026 et répartition employeur-salarié

    Pour les non-cadres, l'article 10.8 de la convention, dans sa rédaction issue de l'avenant n° 8 du 31 janvier 2018, ne contient plus aucun taux. Il fixe l'assiette, le salaire brut des tranches A et B, et la règle de partage : les cotisations globales sont réparties à hauteur de 50 % pour l'employeur et 50 % pour le salarié, et, à l'intérieur de ce partage, la cotisation affectée à l'incapacité de travail est supportée à 100 % par le salarié. Ce montage n'est pas anodin : des indemnités journalières financées par le seul salarié n'entrent pas dans l'assiette des cotisations de sécurité sociale lorsqu'elles sont versées.

    Le dernier barème chiffré est celui de l'avenant n° 7 du 6 juillet 2016, applicable en 2017 : 0,64 % des tranches A et B, soit 0,32 % pour chaque partie, dont 0,16 % pour le décès, 0,04 % pour les obsèques, 0,10 % pour la rente éducation, 0,02 % pour la rente handicap, 0,10 % pour l'incapacité et 0,22 % pour l'invalidité. Pour un salaire de 2 000 € brut, cela représentait 12,80 € par mois, 6,40 € de chaque côté. Ce taux ne vaut plus que comme repère historique : les garanties ont été relevées en 2019, en 2025 et en 2026 sans que les avenants ne fixent de nouvelle cotisation. Le taux applicable est aujourd'hui celui du contrat souscrit par l'entreprise.

    Pour les cadres, l'article 10.8 bis est précis : la cotisation ne peut pas être inférieure à 1,60 % de la tranche 1, sauf si l'entreprise assure des garanties au moins équivalentes. L'employeur en supporte au moins 1,50 %, ce qui correspond à l'obligation issue de l'ANI du 17 novembre 2017, et le salarié au moins 0,10 %. Au plafond 2026, cela donne 64,08 € par mois, dont 60,08 € pour l'employeur et 4,01 € pour le cadre. Tout ce qui dépasse 1,60 % sur la tranche 1, ainsi que la cotisation sur la tranche 2, jusqu'à quatre plafonds, est partagé à 50 / 50.

    Financement de la prévoyance en 2026 (PMSS 4 005 €)
    CatégorieTaux et répartitionStatut
    Non-cadres, tauxNon fixé par la convention depuis le 1ᵉʳ janvier 2018 : taux du contrat d'assuranceVous restez libre
    Non-cadres, répartition50 % employeur, 50 % salarié sur la cotisation globale ; la part incapacité est imputée à 100 % sur le salariéImposé par la branche
    Repère historique (avenant n° 7, 2017)0,64 % TA-TB : 0,32 % + 0,32 % ; 12,80 € pour 2 000 € brut, avant les améliorations de 2019, 2025 et 2026Vous restez libre
    Cadres, tranche 11,60 % au minimum : employeur 1,50 % (60,08 € au plafond), salarié 0,10 % (4,01 €)Imposé par la branche
    Cadres, 1,50 % patronalObligation de l'ANI du 17 novembre 2017, affectée par priorité au décèsObligatoire (loi)
    Cadres, au-delà de 1,60 % T1 et tranche 250 % employeur, 50 % salarié, assiette limitée à 4 plafonds annuelsImposé par la branche
    Exemple cadre à 3 500 € brut56,00 € par mois au taux minimal : 52,50 € employeur et 3,50 € salariéImposé par la branche
    Attention
    Faute de taux conventionnel pour les non-cadres, deux entreprises voisines peuvent payer des cotisations différentes pour les mêmes garanties. Vérifiez sur vos bulletins que le partage global est bien de moitié et que la ligne incapacité est entièrement salariale : c'est la seule règle de financement que la convention impose.

    Choix de l'assureur

    Aucun organisme recommandé : assureur historique ou mise en concurrence

    L'article 10.9 désigne toujours, dans sa lettre, ISICA Prévoyance, institution de prévoyance des industries et commerces alimentaires aujourd'hui intégrée au groupe AG2R, pour le décès, l'incapacité et l'invalidité, et l'OCIRP pour la rente éducation. Mais Légifrance l'accompagne d'une note sans équivoque : après la décision du Conseil constitutionnel du 13 juin 2013, et la durée maximale de cinq ans des contrats en cours étant écoulée, cette désignation « a cessé de produire ses effets » et les entreprises « sont désormais libres de recourir à l'organisme complémentaire de leur choix ». L'arrêté du 5 mars 2025 a d'ailleurs exclu de l'extension l'article 10.6 et la clause de revalorisation de la rente handicap, qui supposaient un assureur unique.

    Pour les cadres, la question ne se pose pas : l'article 10.9 bis écrit que les entreprises ont le libre choix de l'organisme, société d'assurance, mutuelle ou institution de prévoyance. La branche n'a conclu aucune recommandation au sens de l'article L. 912-1 du code de la sécurité sociale, ni pour la prévoyance, ni, à plus forte raison, pour la santé.

    Rester chez l'assureur historique présente un intérêt : son contrat suit chaque avenant, et les rentes éducation et handicap de l'OCIRP y sont intégrées. Comparer est tout aussi légitime, à condition que le nouveau contrat reprenne chaque garantie au niveau conventionnel, rentes comprises, ce que beaucoup de contrats standards ne font pas, et respecte le partage à 50 / 50. En cas de changement, l'article 10.10 bis rappelle que les prestations en cours restent servies par l'assureur quitté et que leur revalorisation incombe au nouveau. Regrouper santé et prévoyance chez un même organisme simplifie la gestion d'un site de production ; l'acte de mise en place, par exemple une décision unilatérale, doit viser les chapitres 10 et 10 bis.

    Assureur historique ou assureur libre : ce qui change
    CritèreAG2R (ex-ISICA) et OCIRP · autre assureurStatut
    StatutAssureurs historiques du régime non-cadres, désignation sans effet · choix libreVous restez libre
    Garanties prévoyanceAlignées sur les avenants n° 27 et n° 30 · au moins le niveau conventionnel, garantie par garantieImposé par la branche
    Rentes éducation et handicapPortées par l'OCIRP · à exiger expressément, avec les minimums annuelsImposé par la branche
    Taux non-cadresTaux du contrat historique · taux négocié ; partage 50 / 50 dans les deux casImposé par la branche
    MutuelleAucun contrat de branche · offre libre, panier de soins au minimumVous restez libre
    FormalismeContrat d'adhésion et notice · DUE ou accord, attestation de conformité aux chapitres 10 et 10 bisObligatoire (loi)

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    Dans les industries alimentaires diverses, la loi gouverne seule la mutuelle, la convention gouverne la prévoyance et le maintien de salaire, et l'entreprise garde la main sur l'assureur et sur le niveau de sa couverture santé.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute entreprise employeur

    • Mutuelle collective pour tousPanier de soins, contrat responsable, 50 % employeur au moins
    • Dispenses de plein droitCelles du code de la sécurité sociale, la branche n'en ajoutant aucune
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % T1Reprise par l'article 10.8 bis, qui y ajoute 0,10 % salarial
    • Portabilité et acte de mise en place12 mois au plus ; DUE, accord ou référendum
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Chapitres 9, 10 et 10 bis, avenants n° 24, 27 et 30

    • Prévoyance des non-cadres dès l'embaucheDécès 150 %, incapacité 70 %, invalidité 42 ou 70 %, rentes éducation et handicap
    • Prévoyance des cadresDécès 300 %, incapacité et invalidité 80 %, cotisation minimale 1,60 % T1
    • Partage à 50 / 50 pour les non-cadresIncapacité imputée en totalité sur la part salariale
    • Maintien de salaire du chapitre 9Trois barèmes : 90 %, puis 75 % ; 100 %, puis 75 % pour la maîtrise et les cadres
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • L'assureurDésignation d'ISICA Prévoyance et de l'OCIRP sans effet, aucune recommandation
    • Le niveau de la mutuelleGaranties, options, ayants droit, participation au-delà de 50 %
    • Le taux de prévoyance des non-cadresNon fixé par le texte depuis 2018 : à négocier
    • Assimiler la maîtrise des niveaux IV et V aux cadresFaculté agréée par l'APEC, à formaliser

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC

      3109 pour la fabrication industrielle ; 1286 pour les chocolatiers et confiseurs détaillants ; 1987 pour les pâtes alimentaires, en cours de fusion.

    2. Classez vos salariés

      Non-cadres, cadres à partir du niveau VII, maîtrise du niveau VI ; décidez du sort des niveaux IV et V.

    3. Mettez la prévoyance à niveau

      Capital décès à 150 % depuis 2026, incapacité à 70 %, invalidité à 42 et 70 %, régime cadres du chapitre 10 bis.

    4. Choisissez mutuelle et assureur

      Aucun tarif ni tableau de branche : comparez les contrats, panier de soins au minimum, 50 % employeur.

    5. Formalisez et informez

      DUE ou accord, notices, dispenses écrites, partage à 50 / 50 et ligne incapacité salariale en paie.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Industries alimentaires diverses (5 branches)

    Non. La convention des 5 branches industries alimentaires diverses (IDCC 3109) ne comporte aucun accord sur les frais de santé : ni tableau de garanties, ni cotisation, ni organisme recommandé. L'entreprise applique le socle légal, c'est-à-dire un contrat collectif responsable couvrant au moins le panier de soins pour tous les salariés, financé à 50 % au minimum par l'employeur.

    Une mutuelle à votre mesure et une prévoyance conforme aux avenants de 2025 et 2026

    Décrivez votre site de production en 3 minutes : un conseiller vérifie que votre prévoyance reprend le capital décès à 150 %, l'incapacité à 70 % et le régime des cadres, compare les contrats santé du marché et vous accompagne sur la DUE.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale des 5 branches industries alimentaires diverses du 21 mars 2012, IDCC 3109, étendue : article 1.1 (champ d'application), article 8.5.6 (garantie d'emploi), chapitre 9 « Indemnisation maladie - accident », articles 9.1 à 9.8 (Légifrance, KALICONT000027040696, texte de base KALITEXT000027035745) · Chapitre 10 « Prévoyance des salariés non-cadres » : avenant n° 1 du 6 février 2013 (étendu 2 juin 2014), avenant n° 7 du 6 juillet 2016 (cotisation de 0,64 %, étendu 25 juillet 2017), avenant n° 8 du 31 janvier 2018 (article 10.8, étendu 27 mars 2019), avenant n° 13 du 22 mai 2019, avenants n° 18 du 9 juin 2023 et n° 21 du 8 décembre 2023 (bénéficiaires), avenant n° 27 du 15 novembre 2024 (étendu par arrêté du 5 mars 2025), avenant n° 30 du 5 novembre 2025 (capital décès, étendu par arrêté du 18 mars 2026, JORF 2 avril 2026) · Chapitre 10 bis « Régime de prévoyance pour les salariés cadres » : avenant n° 24 du 13 juin 2024, étendu par arrêté du 25 septembre 2024 (JORF 8 octobre 2024), effet 1ᵉʳ janvier 2025 ; avenant n° 29 du 1ᵉʳ avril 2025 ; accord du 4 juillet 2024 sur l'intégration facultative de certains salariés à la catégorie des cadres ; accord du 26 juin 2025 relatif aux entreprises relevant du SIFPAF (IDCC 1987), étendu par arrêté du 26 mars 2026 · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, R. 242-1-1 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail ; décision n° 2013-672 DC du Conseil constitutionnel du 13 juin 2013 ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)