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Mutuelle pharmacie d'officine : ce que la branche impose au titulaire
La branche imposait déjà une complémentaire santé à tous les salariés d'officine bien avant la loi ANI : garanties supérieures au panier minimal, ayants droit couverts, cotisation forfaitaire partagée à parts égales. Voici vos obligations, point par point.
Le régime conventionnel s'impose à toutes les officines relevant de l'IDCC 1996, dès le premier salarié — même sans aucun accord signé dans l'entreprise.

La branche en bref
IDCC 1996
120 000
salariés dans la branche
20 500
officines en France
50 %
participation employeur sur le régime de base
2
assureurs référencés — sans obligation
Un régime de branche antérieur à l'ANI
La pharmacie d'officine impose une complémentaire santé à tous ses salariés depuis les accords de branche de 1997-2000, bien avant la généralisation de 2016. Les garanties du régime de base dépassent le panier de soins minimal.
Les ayants droit couverts par le régime obligatoire
Particularité forte de la branche : la garantie frais de santé couvre le salarié, ses enfants à charge et, sous conditions, son conjoint, concubin ou partenaire de PACS — sans cotisation familiale supplémentaire.
Référencé ne veut pas dire imposé
KLESIA et l'APGIS sont les organismes référencés par les partenaires sociaux, mais vous restez entièrement libre de choisir votre assureur, dès lors que le contrat respecte les garanties de branche.
Ce que la convention impose au-delà de la loi
Toute entreprise du privé doit proposer une mutuelle collective financée à 50 % minimum et respectant le panier de soins ANI. La branche pharmacie d'officine est allée beaucoup plus loin, et beaucoup plus tôt : ses régimes de prévoyance et de frais de soins de santé, organisés par les annexes IV de la convention collective (accord du 18 décembre 2000 pour les non-cadres, régime des cadres adossé à l'annexe IV.2), s'imposent à toutes les officines relevant de l'IDCC 1996.
La différence la plus structurante concerne les bénéficiaires : alors que la loi n'impose de couvrir que le salarié, le régime de branche couvre aussi ses ayants droit — enfants à charge (jusqu'à leur majorité, ou au-delà en cas de poursuite d'études) et conjoint, concubin ou partenaire de PACS lorsqu'il a la qualité d'ayant droit au sens de la sécurité sociale. Le tout est inclus dans la cotisation obligatoire, sans supplément familial.
Précision importante : ce régime concerne les salariés de l'officine — préparateurs, pharmaciens adjoints, rayonnistes, personnel administratif. Le pharmacien titulaire, travailleur non salarié, n'en relève pas : sa propre couverture passe par un contrat individuel dédié aux indépendants.
| Disposition | Statut |
|---|---|
| Mutuelle collective pour tous les salariésSocle légal ANI applicable à toute entreprise du privé depuis 2016 — en officine, l'obligation conventionnelle est bien antérieure | Obligatoire (loi) |
| Garanties au niveau du régime de brancheRégime professionnel obligatoire (RPO) supérieur au panier ANI, tableaux de garanties en annexe IV.3 de la convention | Imposé par la branche |
| Couverture des ayants droitEnfants à charge et, sous conditions, conjoint/concubin/pacsé — inclus dans la cotisation obligatoire | Imposé par la branche |
| Cotisation forfaitaire partagée à parts égalesForfait santé en euros réparti 50/50 entre l'officine et le salarié, non proratisé pour les temps partiels | Imposé par la branche |
| Participation employeur ≥ 50 %Plancher légal, repris tel quel par la branche sur la cotisation du régime de base | Obligatoire (loi) |
| Choix de l'organisme assureurKLESIA et APGIS sont référencés, mais aucun assureur ne peut être imposé depuis la censure des clauses de désignation | Vous restez libre |
Cotisations : ce qui a changé en 2025 et 2026
Deux avenants récents ont réorganisé le financement du régime frais de santé, dans un contexte de recherche d'équilibre des comptes de la branche.
Avenant du 18 novembre 2024 (en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025, étendu par arrêté du 26 mars 2025) — la cotisation santé du régime de base devient un forfait en euros : 40,72 € par mois hors Alsace-Moselle, partagé à parts égales (20,36 € employeur, 20,36 € salarié). Le régime supplémentaire facultatif est fixé à 23,20 € par mois (11,60 € / 11,60 €). Autre changement notable : la fin des cotisations dégressives pour les salariés travaillant dans plusieurs officines — chacun cotise désormais à taux plein chez chaque employeur.
Avenant du 28 avril 2025 (étendu par arrêté du 9 décembre 2025) — le forfait du régime de base est porté à 46,72 € par mois au 1ᵉʳ janvier 2026 hors Alsace-Moselle (23,36 € à votre charge), avec une trajectoire de hausses programmées jusqu'à 64,72 € en janvier 2029. En Alsace-Moselle, le forfait passe de 34,50 € à 52,50 € sur la même période. L'indexation sur le plafond de la sécurité sociale est supprimée au profit de ces montants fixes, et certaines garanties du régime de base sont ajustées.
Si votre contrat a été mis en place avant 2025, vérifiez qu'il intègre bien le passage au forfait et les montants applicables depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Les hausses étant programmées jusqu'en 2029, c'est aussi le bon moment pour remettre votre couverture en concurrence à garanties équivalentes.
Un forfait partagé moitié-moitié avec le salarié
Le régime de base est financé par une cotisation forfaitaire mensuelle en euros, répartie à parts égales entre l'officine et le salarié : 23,36 € chacun hors Alsace-Moselle depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. La branche reprend ainsi exactement le plancher légal de 50 % — rien ne vous empêche d'aller au-delà pour renforcer l'attractivité de votre officine.
Le forfait s'applique en totalité quelle que soit la durée du contrat : pas de proratisation pour les temps partiels ni pour les salariés multi-employeurs. Pour les petits contrats, la cotisation peut donc peser lourd en proportion du salaire — c'est précisément l'un des cas de dispense prévus par la loi (voir plus bas).
En contrepartie, votre part patronale bénéficie du régime de faveur des contrats collectifs obligatoires et responsables : exclusion de l'assiette des cotisations de sécurité sociale dans les limites légales, et déductibilité du résultat imposable de l'officine.

KLESIA, APGIS : référencés, pas imposés
Historiquement, le régime de la branche était géré par désignation au profit de KLESIA Prévoyance. Cette clause a été annulée par le Conseil d'État fin 2016, dans la lignée de la censure des clauses de désignation par le Conseil constitutionnel en 2013 : depuis, aucune branche ne peut imposer un organisme assureur. Les officines sont libres de leur choix depuis 2017.
Les partenaires sociaux ont depuis organisé des appels d'offres : l'APGIS a été retenue aux côtés de KLESIA, et les deux organismes font l'objet d'un double référencement pour la période 2023-2027. À noter : l'arrêté d'extension du 9 décembre 2025 relève que la précédente recommandation formelle, au sens du code de la sécurité sociale, n'a pas été renouvelée. En pratique, KLESIA et l'APGIS restent les opérateurs historiques du régime, mais vous pouvez souscrire auprès de l'assureur de votre choix, à une seule condition : que le contrat respecte au minimum les garanties des annexes IV de la convention.
L'offre des organismes référencés
- Conformité aux garanties de branche assurée, y compris à chaque évolution des annexes
- Mutualisation à l'échelle des 120 000 salariés de la branche : tarifs lissés pour les petites équipes
- Dispositif de solidarité de branche intégré (action sociale, accompagnement des situations difficiles)
Points de vigilance
- Hausses de cotisations programmées jusqu'en 2029, décidées au niveau de la branche
- Garanties standardisées : peu de marge pour adapter la couverture aux besoins réels de votre équipe
- Pas systématiquement l'offre la mieux placée : un contrat du marché à garanties équivalentes peut être plus compétitif
Quels salariés peuvent refuser la mutuelle ?
Les dispenses d'ordre public s'appliquent comme partout : salariés couverts par la complémentaire santé solidaire (C2S), bénéficiaires d'une autre couverture collective obligatoire (notamment en tant qu'ayant droit), CDD courts avec versement santé, et apprentis dans les conditions légales.
Un cas mérite une attention particulière en officine : le salarié à temps partiel dont la cotisation atteindrait au moins 10 % de sa rémunération brute peut demander à être dispensé. Avec un forfait plein non proratisé, ce seuil peut être atteint sur les petits contrats — fréquents dans la branche.
Pour les salariés travaillant dans plusieurs officines, la dispense ne peut être demandée qu'au moment de l'embauche et doit être justifiée chaque année ; elle n'a pas d'effet rétroactif. Dans tous les cas, chaque dispense doit être documentée par écrit : c'est l'employeur qui supporte la charge de la preuve en cas de contrôle URSSAF. Pour les modalités pratiques, consultez notre guide des cas de dispense.
Qui impose quoi : le récapitulatif
Trois niveaux à distinguer : ce que la loi impose à tous les employeurs, ce que la branche pharmacie d'officine ajoute, et ce qui relève de votre libre choix de titulaire.
La loi (ANI)
Applicable à toute entreprise du privé
- Mutuelle collective obligatoirePour tous les salariés, depuis 2016
- Panier de soins minimumTicket modérateur, forfait hospitalier, dentaire et optique de base
- Participation ≥ 50 %Financement employeur de la cotisation
La convention pharmacie
S'ajoute à la loi pour l'IDCC 1996
- Garanties renforcéesRégime de base (RPO) supérieur au panier ANI, annexes IV de la convention
- Ayants droit couvertsEnfants à charge et, sous conditions, conjoint — inclus dans la cotisation
- Cotisation forfaitaire encadréeForfait en euros partagé 50/50, montants fixés par avenant jusqu'en 2029
Votre choix
Là où vous gardez la main
- L'organisme assureurRéférencé ≠ imposé : tout assureur conforme aux garanties de branche convient
- Les options au-delà du socleRégime supplémentaire, surcomplémentaire, services
- Le niveau de participation50 % est un plancher, pas un plafond
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Le code IDCC 1996 figure sur les bulletins de paie. Il couvre les officines de pharmacie et l'ensemble de leur personnel salarié.
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Questions fréquentes — Pharmacie d'officine
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Sources
- Convention collective nationale de la pharmacie d'officine du 3 décembre 1997 (IDCC 1996), annexes IV.1 à IV.3 — régimes de prévoyance et de frais de soins de santé — Légifrance
- Avenant du 18 novembre 2024 relatif aux régimes de prévoyance et aux régimes de frais de soins de santé, étendu par arrêté du 26 mars 2025 — Légifrance
- Avenant du 28 avril 2025 relatif aux régimes de prévoyance et aux régimes de frais de soins de santé, étendu par arrêté du 9 décembre 2025 — Légifrance
- Le Quotidien du Pharmacien — référencement des organismes APGIS et KLESIA par les partenaires sociaux de la branche (période 2023-2027)
- FSPF / Le Moniteur des pharmacies — données de branche (effectifs salariés, nombre d'officines)