Convention collectiveIDCC 2941

    Mutuelle aide à domicile (IDCC 2941) : 58 % employeur et prévoyance à 5,18 %

    La convention de la branche de l'aide à domicile (IDCC 2941) impose aux associations et structures non lucratives une complémentaire santé « Base prime » financée à 58 % par l'employeur, et l'un des régimes de prévoyance les plus lourds du secteur associatif : 5,18 % du salaire, maintien de salaire à 90 %, capital décès de 200 %.

    Cette fiche concerne les structures à but non lucratif (ADMR, UNA, ADEDOM, Croix-Rouge…). Les entreprises privées de services à la personne relèvent d'une autre convention, l'IDCC 3127, avec un régime différent.

    La branche en bref

    IDCC 2941
    Convention
    Branche de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile (BAD), 21 mai 2010
    IDCC
    2941 (à ne pas confondre avec l'IDCC 3127 des entreprises de services à la personne)
    Régime santé
    Titre VII chapitre II, instauré en 2015, révisé en 2023 (garanties) et 2024 (cotisations, effet 1ᵉʳ avril 2025)
    Régime prévoyance
    Titre VII chapitre I, taux de 5,18 % depuis le 1ᵉʳ juin 2023
    Organismes historiques
    AG2R Prévoyance, Malakoff Humanis (ex-Aprionis), UNPMF/Harmonie, Macif-Mutualité, OCIRP
    Organisme imposé
    Aucun : la clause de désignation de 2010 a cessé ses effets le 22 mai 2015
    58 % / 42 %
    répartition de la cotisation santé Base prime, plus favorable que le 50 % légal
    1,314 % du PMSS
    cotisation Base prime pour le salarié seul, soit environ 52 € par mois en 2025
    5,18 %
    cotisation prévoyance sur le salaire brut, dont 3,61 % à la charge de l'employeur
    200 %
    du salaire annuel brut en capital décès, dès l'embauche et sans ancienneté

    Une participation employeur de 58 %, pas 50 %

    La branche a fixé la répartition de la Base prime à 58 % pour l'employeur et 42 % pour le salarié. Un contrat souscrit ailleurs doit respecter une part salariale au plus égale à 42 %, pas seulement le minimum légal de 50 %.

    Plus aucun organisme imposé depuis 2015

    Les articles 12 et 29 parlent encore d'organismes « désignés », mais la désignation de 2010 a cessé de produire effet le 22 mai 2015. Chaque structure choisit son assureur, après consultation du CSE.

    La prévoyance pèse quatre fois plus que la santé

    5,18 % du salaire brut, dont l'incapacité intégralement supportée par le salarié : maintien de salaire à 90 %, indemnités à 70 %, invalidité à 70 ou 75 %, capital décès de 200 %, rente éducation OCIRP et fonds social de branche.

    Vos obligations

    Ce que la convention IDCC 2941 impose au-delà de la loi

    Toute structure employeuse du secteur privé, association comprise, doit financer à 50 % au minimum une complémentaire santé collective conforme au panier de soins ANI. La convention de la branche de l'aide à domicile va plus loin sur les deux tableaux : son titre VII impose depuis 2015 un régime frais de santé « Base prime » financé à 58 % par l'employeur, et depuis 2010 un régime de maintien de salaire et de prévoyance qui couvre chaque salarié dès son premier jour.

    Le régime santé a été remis à plat deux fois récemment. L'avenant du 7 juillet 2023 a redéfini les trois niveaux de garanties (Base prime, Confort, Confort Plus) et l'avenant du 27 septembre 2024 a fixé les cotisations en vigueur, réécrit les cas de dispense et précisé les conditions dans lesquelles une structure peut conserver un contrat souscrit ailleurs. Ses dispositions tarifaires s'appliquent depuis le 1ᵉʳ avril 2025 aux adhérents de l'USB-Domicile, et depuis leur extension aux autres structures.

    La prévoyance, elle, a été alourdie par étapes : 4,41 % du salaire en 2019, 4,60 % en 2021, puis 5,18 % depuis le 1ᵉʳ juin 2023, la branche justifiant cette progression par un risque invalidité « majeur, eu égard à l'âge moyen et à l'ancienneté des salariés ». En contrepartie, l'employeur porte l'essentiel de la cotisation invalidité et le salarié la totalité de l'incapacité.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santé pour tous les salariésSocle légal ANI applicable à toute structure employeuse depuis le 1ᵉʳ janvier 2016Obligatoire (loi)
    Régime santé « Base prime » (titre VII, chap. II)Garanties de branche pour tous les salariés dès l'embauche ; Confort ou Confort Plus si la structure le décideImposé par la branche
    Répartition 58 % employeur / 42 % salariéSur la Base prime ; un régime amélioré ne peut pas augmenter la part salariale au-delà de celle de la Base primeImposé par la branche
    Maintien de salaire à 90 % du brut (art. 1)Après 6 mois d'ancienneté, 3 jours de carence en maladie, 60 ou 90 jours par année mobile selon l'anciennetéImposé par la branche
    Prévoyance à 5,18 % du salaire brut (art. 11.1)Incapacité, invalidité, décès, rente éducation, portabilité et fonds social ; 3,61 % employeur, 1,57 % salariéImposé par la branche
    Fonds social de branche0,60 % des cotisations prévoyance, aides individuelles de 500 à 1 500 € (ALD, hospitalisation, handicap, aidant, véhicule)Imposé par la branche
    Choix de l'organisme assureurLibre depuis le 22 mai 2015, après consultation du CSE ; garanties au moins équivalentes acte par acteVous restez libre
    Attention
    Le champ est celui des structures privées à but non lucratif. Une entreprise de services à la personne à statut commercial relève de la convention des entreprises de services à la personne (IDCC 3127), dont le régime santé et les taux sont différents. Vérifiez l'IDCC sur vos bulletins avant d'appliquer cette fiche.

    Régime santé

    Base prime, Confort, Confort Plus : les trois niveaux de l'IDCC 2941

    Le régime comprend trois formules. La Base prime est le régime conventionnel obligatoire ; les formules Confort et Confort Plus sont des améliorations que la structure peut adopter à titre collectif obligatoire pour tout son personnel, ou que chaque salarié peut souscrire individuellement, à ses frais, en complément du niveau retenu par son employeur.

    Les garanties, exprimées sécurité sociale incluse, figurent dans les grilles annexées à l'avenant du 7 juillet 2023, publiées au Bulletin officiel des conventions collectives (n° 2023/46). Elles respectent le cahier des charges du contrat responsable et le 100 % Santé en optique, dentaire et audiologie, et sont revues sans délai en cas de changement de la réglementation. Le régime tient compte du régime local d'Alsace-Moselle avec une cotisation réduite.

    Le conjoint et les enfants à charge peuvent être couverts par une extension facultative souscrite par le salarié, au même niveau de garanties que le sien. Sa cotisation est à la charge exclusive du salarié et réglée directement à l'organisme, avec la gratuité à partir du troisième enfant. Rien n'oblige l'employeur à participer, mais il peut le décider dans l'acte de mise en place.

    L'architecture du régime santé
    NiveauCe que prévoit la conventionStatut
    Base primeRégime conventionnel obligatoire pour tous les salariés dès l'embauche ; grille annexée à l'avenant du 7 juillet 2023Imposé par la branche
    Confort et Confort Plus en collectifLa structure peut les retenir à la place de la Base prime pour tout le personnel, sans augmenter la part salariale au-delà de 42 %Vous restez libre
    Confort et Confort Plus en individuelChaque salarié peut monter d'un niveau à ses frais, effet le premier jour du mois suivant la demandeVous restez libre
    Conjoint et enfantsExtension facultative au même niveau que le salarié, à sa charge exclusive, gratuite à partir du 3ᵉ enfantVous restez libre
    Contrat responsable et 100 % SantéLes trois formules répondent aux critères de contrat solidaire et responsableObligatoire (loi)
    Suspension du contrat de travailGaranties maintenues tant que le salarié perçoit un maintien de salaire, des indemnités journalières ou une rente ; l'employeur continue de payer la Base primeImposé par la branche
    PortabilitéMaintien gratuit jusqu'à 12 mois après la rupture, financé par une cotisation dédiée de 0,31 % en prévoyanceObligatoire (loi)
    Attention
    Les tableaux de garanties ne sont pas reproduits dans le texte consolidé de la convention : ils sont consultables au BOCC 2023/46 et dans la brochure « Ma santé » diffusée par la branche. Demandez à votre assureur la grille acte par acte, c'est elle qui sert de référence pour prouver l'équivalence.

    Budget

    Combien coûtent la mutuelle et la prévoyance dans l'aide à domicile

    La cotisation santé est exprimée en pourcentage du plafond mensuel de la sécurité sociale, taxe de solidarité additionnelle comprise, et se revalorise chaque 1ᵉʳ janvier. Pour la Base prime, elle est fixée à 1,314 % du PMSS pour le salarié seul (0,852 % en Alsace-Moselle). Avec un PMSS de 3 925 € en 2025, cela représente 51,57 € par mois, dont 29,91 € pour l'employeur (58 %) et 21,66 € pour le salarié.

    Si la structure retient une formule améliorée à titre obligatoire, la cotisation passe à 1,719 % du PMSS en Confort et 1,968 % en Confort Plus, soit environ 67 € et 77 € par mois. La convention exige alors que la part salariale reste inférieure ou égale à celle de la Base prime : concrètement, c'est l'employeur qui absorbe la différence.

    La prévoyance est autrement plus lourde : 5,18 % du salaire brut sur les tranches 1 et 2, dans la limite de quatre plafonds. Pour une aide à domicile rémunérée 1 900 € brut par mois, elle représente 98,42 €, dont 68,59 € pour l'employeur et 29,83 € pour le salarié. Au total, entre santé et prévoyance, comptez près de 100 € par mois et par salarié à temps plein à la charge de la structure.

    Répartition de la cotisation prévoyance de 5,18 % (art. 11.1, depuis le 1ᵉʳ juin 2023)
    GarantieEmployeur / salariéStatut
    Maintien de revenu1,51 % employeur, y compris le remboursement forfaitaire de 8 % de charges patronalesImposé par la branche
    Incapacité temporaire1,12 % intégralement à la charge du salariéImposé par la branche
    Invalidité1,82 % dont 1,47 % employeur et 0,35 % salariéImposé par la branche
    Décès et maintien de la garantie décès0,29 % + 0,02 % employeurImposé par la branche
    Rente éducation0,08 % employeur, garantie assurée par l'OCIRPImposé par la branche
    Mutualisation du passif0,03 % employeurImposé par la branche
    Portabilité0,31 % dont 0,21 % employeur et 0,10 % salariéImposé par la branche
    Total5,18 % du salaire brut : 3,61 % employeur, 1,57 % salariéImposé par la branche
    Attention
    Les frais de gestion de l'assureur sont plafonnés par la convention à 10,50 % des cotisations brutes (art. 11.3.1), et 0,60 % des cotisations doivent alimenter le fonds social de branche. Un assureur hors mutualisation est tenu aux mêmes obligations de comptes de résultat et de transmission annuelle aux élus.

    Régime prévoyance

    Maintien de salaire et prévoyance aide à domicile (IDCC 2941)

    Le chapitre I du titre VII organise une couverture en quatre étages : le maintien de salaire à la charge de l'employeur, l'incapacité qui prend le relais, l'invalidité et le décès. Les trois derniers bénéficient à tout salarié quel que soit son nombre d'heures et, pour le décès et la rente éducation, sans aucune condition d'ancienneté.

    Spécificité précieuse dans une branche où les temps partiels sont majoritaires : les prestations sont calculées indemnités de la sécurité sociale reconstituées pour les salariés qui n'ouvrent pas droit aux indemnités journalières faute d'heures suffisantes. Un intervenant à 60 heures par mois est donc indemnisé comme s'il avait ses droits.

    L'invalidité est la garantie que la branche considère comme son risque majeur : 70 % du salaire brut de référence en 2ᵉ catégorie, 75 % en 3ᵉ catégorie ou en accident du travail à plus de 66 %, sécurité sociale comprise, jusqu'à la liquidation de la retraite. C'est elle qui explique le poids de la cotisation employeur.

    Les garanties du chapitre I du titre VII
    GarantieNiveau prévu par la conventionStatut
    Maintien de salaire (art. 1)90 % du brut, sécurité sociale comprise, après 6 mois d'ancienneté ; carence 3 jours (0 en AT-MP) ; 60 jours par année mobile, 90 jours après 20 ans d'anciennetéImposé par la branche
    Incapacité temporaire (art. 2)70 % du brut à l'issue du maintien de salaire, ou dès le 31ᵉ jour sans 6 mois d'ancienneté, jusqu'au 1 095ᵉ jour ; financée par le seul salariéImposé par la branche
    Invalidité et IPP (art. 3)70 % du brut en 2ᵉ catégorie, 75 % en 3ᵉ catégorie ou IPP ≥ 66 %, 3/5 de la rente en 1ʳᵉ catégorie ; après 6 mois d'anciennetéImposé par la branche
    Capital décès ou PTIA (art. 5)200 % du salaire annuel brut de référence, tranches A et B, sans condition d'ancienneté ni d'heuresImposé par la branche
    Rente éducation (art. 6)10 % du salaire de référence par enfant jusqu'à 17 ans révolus, 15 % de 18 à 25 ans, à vie en cas d'invalidité ; assurée par l'OCIRPImposé par la branche
    Salaire de référenceSalaire brut moyen des 12 derniers mois, tranches A et B, reconstitué si la période est incomplète ; revalorisation annuelle des rentesImposé par la branche
    Fonds social de branche (art. 14.1)Aides jusqu'à 1 000 € en cas d'affection de longue durée, 500 à 700 € pour une hospitalisation de 3 jours, 1 500 € pour un handicap reconnu ou un véhicule professionnelImposé par la branche
    Prévoyance des cadresLe régime de branche couvre cadres et non-cadres aux mêmes taux ; l'obligation ANI de 1,50 % de la tranche A est absorbée par la cotisation employeur de 3,61 %Obligatoire (loi)
    Attention
    Le maintien de salaire est dû par l'employeur et remboursé par l'assureur : la convention impose de verser les indemnités chaque mois, à condition que le salarié transmette ses relevés de la sécurité sociale dans les trois mois. Un assureur qui règle le salarié directement, sans passer par la paie, ne respecte pas le mécanisme conventionnel.

    Cas de dispense

    Quels salariés peuvent refuser d'adhérer

    L'affiliation à la Base prime est obligatoire dès l'embauche. L'article 17.2, réécrit en 2024, énumère six cas de dispense, tous à l'initiative du salarié, qui doit formuler une demande écrite « traduisant un consentement libre et éclairé » et mentionnant les garanties auxquelles il renonce, dans les 30 jours suivant la proposition d'affiliation. La convention précise qu'aucune autre dispense ne peut être accordée.

    Les six cas de dispense de l'article 17.2
    Situation du salariéCondition à respecterStatut
    A. CDD et apprentisSans condition pour un contrat de moins de 12 mois ; justificatif écrit d'une couverture individuelle pour 12 mois et plusImposé par la branche
    B. Temps partiel et apprentisSi l'ensemble des cotisations de protection sociale complémentaire atteint 10 % de la rémunération bruteImposé par la branche
    C. Complémentaire santé solidaireJusqu'à la date à laquelle le salarié perd le bénéfice de cette couvertureObligatoire (loi)
    D. Contrat individuel en coursÀ la mise en place du régime ou à l'embauche, jusqu'à l'échéance annuelle du contratImposé par la branche
    E. Couvert par ailleurs, y compris comme ayant droitPar un régime collectif obligatoire ; justificatif à fournir chaque annéeImposé par la branche
    F. Couverture au titre d'un autre emploiRégime local d'Alsace-Moselle, IEG, fonction publique territoriale, contrat MadelinImposé par la branche
    Attention
    Le cas B est fréquent dans la branche : la cotisation salariale de 21,66 € en santé s'ajoute à 1,57 % de prévoyance, et le seuil de 10 % s'apprécie sur l'ensemble. Une intervenante à 40 heures par mois peut le franchir. Notre modèle de lettre de dispense reprend les mentions attendues.

    Choix de l'assureur

    AG2R, Malakoff Humanis, Harmonie… que vaut la « désignation » de l'IDCC 2941

    C'est le point le plus trompeur de cette convention. Les articles 12 et 29 du titre VII « désignent » encore AG2R Prévoyance, Aprionis (devenu Malakoff Humanis), l'UNPMF (aujourd'hui Harmonie Mutuelle) et Macif-Mutualité, l'OCIRP pour la rente éducation et CNP comme réassureur. Une lecture rapide laisse croire que l'adhésion y est obligatoire.

    Elle ne l'est plus. Le Conseil constitutionnel a jugé les clauses de désignation contraires à la Constitution le 13 juin 2013, et la note officielle publiée sous l'article 29.1 le dit expressément : la désignation issue de l'accord du 21 mai 2010 « a cessé de produire ses effets le 22 mai 2015. Depuis cette date les entreprises de la branche sont libres de recourir à l'organisme complémentaire de leur choix ». L'avenant de 2024 a d'ailleurs réécrit l'article 28.2 en parlant simplement d'« un organisme assureur », après consultation du CSE.

    Cette liberté a un cadre précis. Une structure qui conserve ou souscrit un contrat hors mutualisation de branche doit garantir des prestations au moins équivalentes, acte par acte, à la Base prime, avec une part salariale au plus égale à 42 %, et fournir chaque année aux représentants du personnel une copie du contrat et une attestation de l'assureur. Le réseau ADMR reste pour sa part contractuellement rattaché à AG2R pour la prévoyance, par un accord propre à l'union nationale.

    Ce qui est vérifiable

    • La clause de désignation de 2010 a cessé ses effets le 22 mai 2015, nota officiel sous l'article 29.1
    • L'article 28.2 réécrit en 2024 impose seulement « un organisme assureur », choisi après consultation du CSE
    • L'équivalence se juge acte par acte sur la Base prime, avec une part salariale plafonnée à 42 %
    • Les organismes historiques restent gestionnaires du fonds social et de la mutualisation de branche

    Ce qu'il faut vérifier avant de signer ailleurs

    • Le contrat santé reprend-il la grille Base prime du BOCC 2023/46 ligne à ligne ?
    • La prévoyance reconstitue-t-elle les droits sécurité sociale des salariés à faible temps de travail ?
    • Le maintien de salaire rembourse-t-il l'employeur, charges patronales forfaitaires de 8 % comprises ?
    • L'assureur accepte-t-il de transmettre chaque année comptes de résultat et statistiques, comme l'exige l'article 12.1 ?

    Formalisation

    Mettre le régime en place dans les règles

    La convention impose d'abord la consultation du CSE sur le choix de l'organisme lorsqu'il existe. Ensuite, comme dans toute structure, un acte fondateur écrit est indispensable pour sécuriser l'exonération de votre participation : accord collectif, référendum ou décision unilatérale de l'employeur. Il doit indiquer le niveau retenu (Base prime, Confort ou Confort Plus), la répartition 58/42 ou plus favorable, les cas de dispense et l'organisme.

    L'article 28.2 ajoute des formalités propres à la branche : bulletin d'adhésion signé, affiliation de l'ensemble du personnel, remise contre accusé de réception de la notice d'information à chaque salarié et à chaque mise à jour, état récapitulatif du personnel avec la situation de famille. Les cotisations sont appelées trimestriellement à terme échu.

    Enfin, lorsqu'une structure rejoint un régime alors que des salariés sont déjà en arrêt de travail, elle doit les déclarer à l'assureur sur une liste des risques en cours (art. 8). C'est ce qui garantit la reprise des indemnisations et des revalorisations, et évite un vide de couverture au moment du changement d'assureur.

    Cotisations santé et prévoyance de la convention de l'aide à domicile : Base prime à 58 % employeur et prévoyance à 5,18 %

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    Trois niveaux de règles se superposent pour une structure de l'aide à domicile. Les distinguer évite autant la non-conformité que le sur-équipement inutile.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute structure employeuse

    • Complémentaire santé collectiveDepuis le 1ᵉʳ janvier 2016, associations comprises
    • Contrat responsable et 100 % SantéCondition des exonérations sociales et fiscales
    • Portabilité jusqu'à 12 moisSanté et prévoyance, article L. 911-8 du code de la sécurité sociale
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % de la tranche AAbsorbée par la cotisation employeur de branche
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Titre VII de la CCN du 21 mai 2010

    • Base prime financée à 58 % par l'employeur1,314 % du PMSS, part salariale plafonnée à 42 %
    • Maintien de salaire à 90 %Après 6 mois d'ancienneté, 60 à 90 jours par an
    • Prévoyance à 5,18 % du salaireCapital décès 200 %, invalidité 70/75 %, rente éducation OCIRP
    • Fonds social et frais plafonnés0,60 % des cotisations au fonds social, frais de gestion ≤ 10,50 %
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • Le choix de l'organisme assureurDésignation caduque depuis le 22 mai 2015
    • Le niveau collectif : Base prime, Confort ou Confort PlusSans alourdir la part salariale
    • La couverture des ayants droitFacultative, à la charge du salarié sauf décision contraire
    • Une participation supérieure à 58 %Levier d'attractivité dans un secteur en tension

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC

      2941 pour les structures non lucratives de la BAD, 3127 pour les entreprises de services à la personne : les deux régimes n'ont rien en commun.

    2. Consultez le CSE

      La convention impose une consultation préalable sur le choix de l'organisme assureur lorsqu'un CSE existe.

    3. Auditez votre contrat actuel

      Comparez-le acte par acte à la Base prime et vérifiez que la prévoyance couvre maintien de salaire, incapacité, invalidité, décès et rente éducation.

    4. Comparez à garanties conformes

      Mutualisation de branche ou autre assureur, exigez une confirmation écrite d'équivalence et une part salariale au plus égale à 42 %.

    5. Formalisez et informez

      Acte fondateur, bulletin d'adhésion, notice remise contre accusé de réception, liste des risques en cours, demandes de dispense sous 30 jours.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Aide à domicile

    Oui, à double titre. La loi l'impose à tout employeur privé depuis 2016, et le titre VII de la convention de la branche de l'aide à domicile (IDCC 2941) ajoute un régime de branche, la « Base prime », que l'employeur finance à 58 % et auquel tous les salariés sont affiliés dès leur embauche, sauf dispense écrite dans les cas prévus.

    Un contrat conforme à la convention de l'aide à domicile

    Décrivez votre structure en 3 minutes : un conseiller vérifie la conformité de votre couverture santé et prévoyance à l'IDCC 2941, mutualisation de branche ou non, et vous propose une offre adaptée à vos temps partiels et à votre pyramide des âges.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale de la branche de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile du 21 mai 2010, IDCC 2941, titre VII (Légifrance, KALICONT000025805800) · Avenant du 21 janvier 2021 relatif au régime de prévoyance : maintien de salaire, invalidité et cotisations (Légifrance, KALITEXT000043941329) · Avenant du 7 juillet 2023 relatif au régime de complémentaire santé, grilles Base prime, Confort et Confort Plus (Légifrance, KALITEXT000049067660 ; BOCC 2023/46) · Avenant du 27 septembre 2024 relatif au régime complémentaire de santé : cotisations, répartition 58/42 et dispenses (Légifrance, KALITEXT000051315026) · Article 11.1 du titre VII, taux de cotisation prévoyance de 5,18 % en vigueur au 1ᵉʳ juin 2023 (Légifrance, arrêté d'extension du 26 juillet 2023) · Fiche « Cotisations 2025 » de la branche de l'aide à domicile, PMSS 3 925 € (aideadomicile-labranche.fr) · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, R. 871-2, D. 911-2 et D. 911-3 du code de la sécurité sociale ; décision n° 2013-672 DC du Conseil constitutionnel du 13 juin 2013