Mutuelle bâtiment (IDCC 1596 et 1597) : pas de régime santé de branche mais une prévoyance ouvriers à 2,59 %
Les conventions du bâtiment (IDCC 1596 et 1597 pour les ouvriers, 2609 pour les ETAM, 2420 pour les cadres) n'imposent aucune complémentaire santé de branche : le socle légal s'applique, PRO BTP n'est qu'un assureur parmi d'autres. En revanche, le régime national de prévoyance des ouvriers, financé à 1,72 % au minimum par l'employeur, est l'un des plus complets de France.
La branche en bref
IDCC 1596 et 1597- Conventions
- Ouvriers du bâtiment du 8 octobre 1990 (IDCC 1596 jusqu'à 10 salariés, 1597 au-delà), ETAM du 12 juillet 2006 (IDCC 2609), cadres du 1ᵉʳ juin 2004 (IDCC 2420)
- Régime santé
- Aucun régime de branche : socle légal ANI et contrat responsable uniquement
- Prévoyance ouvriers
- Accord national du 31 juillet 1968, réécrit par l'avenant du 20 mars 2018, étendu le 6 novembre 2020
- Prévoyance ETAM
- Accord national du 13 décembre 1990, cotisation de 1,80 % depuis 2014 ; réécriture de 2018 non étendue
- Prévoyance cadres
- Régime de base des cadres BTP (annexe VII de la CCN 2420) et ANI de 1,50 %
- Organisme imposé
- Aucun : « institution de prévoyance, entreprise d'assurance ou mutuelle » au choix de l'employeur
- 50 % minimum
- participation employeur sur la mutuelle, seule règle applicable faute de régime de branche
- 2,59 %
- cotisation de référence de la prévoyance ouvriers, dont 1,72 % au minimum à la charge de l'employeur
- 3 500 SR
- capital décès d'un ouvrier en couple, soit 23 485 € au 1ᵉʳ juillet 2025, hors majorations
- 1,80 %
- cotisation prévoyance des ETAM, dont 1,20 % au minimum pour l'employeur
En santé, la branche n'impose rien
Aucune des conventions du bâtiment ne contient de régime frais de santé. Les contrats « frais médicaux collectifs » de PRO BTP sont une offre commerciale, pas une obligation conventionnelle : votre seule référence est le panier de soins légal et le contrat responsable.
La prévoyance ouvriers est un régime à part entière
Décès en points SR modulés par la famille, rente de conjoint, indemnités journalières après 90 jours, invalidité, forfaits parentalité, chambre particulière en chirurgie et une indemnité de fin de carrière : l'accord de 1968 réécrit en 2018 couvre tout, sans dispense possible.
Trois catégories, trois régimes, un seul assureur libre
Ouvriers, ETAM et cadres relèvent chacun d'un accord ou d'un règlement propre, avec des taux et des garanties différents. Tous laissent l'employeur choisir son organisme, et les ETAM des niveaux E à G peuvent être rattachés aux cadres depuis 2024.
Vos obligations
Ce que les conventions du bâtiment (IDCC 1596 et 1597) imposent au-delà de la loi
Toute entreprise du secteur privé doit financer à 50 % au minimum une complémentaire santé collective conforme au panier de soins ANI, pour tous ses salariés dès l'embauche. Dans le bâtiment, cette obligation légale est aussi la seule obligation en santé : ni les conventions des ouvriers, ni celles des ETAM et des cadres, ni les accords nationaux de prévoyance ne contiennent de régime frais de santé. La base officielle des conventions collectives n'en recense aucun.
La prévoyance, en revanche, est organisée au niveau national depuis 1968 pour les ouvriers et 1990 pour les ETAM, avec des accords qui s'appliquent à toutes les entreprises du bâtiment et des travaux publics. L'accord des ouvriers, entièrement réécrit par l'avenant du 20 mars 2018 et étendu le 6 novembre 2020, impose deux obligations « indépendantes mais complémentaires » : une cotisation minimale à la charge exclusive de l'employeur, et des garanties minimales que le contrat doit procurer, quel que soit l'assureur.
Pour les ETAM, l'accord de 1990 fixe une cotisation de 1,80 % dont 1,20 % au minimum pour l'employeur ; sa réécriture de 2018 n'a pas été étendue et ne lie que les entreprises adhérentes aux organisations signataires. Pour les cadres, la convention de 2004, elle-même non étendue, renvoie au régime de base des cadres BTP et impose à l'employeur de verser lui-même les prestations manquantes s'il n'a pas souscrit de contrat conforme. Depuis l'avenant du 17 octobre 2024, les ETAM des niveaux E à G peuvent être rattachés aux cadres pour ces garanties.
| Disposition | Ce que ça implique | Statut |
|---|---|---|
| Complémentaire santé pour tous les salariés | Socle légal ANI et contrat responsable, financés à 50 % au minimum, dès l'embauche et sans ancienneté | Obligatoire (loi) |
| Régime santé de branche | Inexistant dans les quatre conventions du bâtiment : les offres PRO BTP sont commerciales | Vous restez libre |
| Prévoyance ouvriers (accord du 31 juillet 1968) | Cotisation employeur minimale de 1,72 % sur 3 plafonds et garanties minimales, sans possibilité de dispense | Imposé par la branche |
| Prévoyance ETAM (accord du 13 décembre 1990) | Cotisation de 1,80 % dont 1,20 % employeur au minimum, décès, indemnités journalières, invalidité | Imposé par la branche |
| Prévoyance cadres | Régime de base des cadres BTP (annexe VII de la CCN 2420) et 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur (ANI) | Obligatoire (loi) |
| Indemnité de fin de carrière des ouvriers | Financée par 0,59 % de cotisation employeur, jusqu'à 1 400 SR après 30 ans d'affiliation | Imposé par la branche |
| Choix de l'organisme assureur | Institution de prévoyance, assureur ou mutuelle au choix de l'employeur, pour chaque catégorie | Vous restez libre |
Régime santé
Mutuelle dans le bâtiment : ce qui s'applique vraiment
Faute de régime conventionnel, votre couverture santé relève entièrement du droit commun. Le contrat doit être collectif, obligatoire et responsable, couvrir au minimum le panier de soins de l'article D. 911-1 du code de la sécurité sociale et respecter les planchers et plafonds du contrat responsable, dont le 100 % Santé. La participation de l'employeur ne peut être inférieure à 50 % de la cotisation du régime obligatoire.
Les métiers du bâtiment ont des besoins spécifiques que le panier légal couvre mal : sinistralité physique élevée, hospitalisations chirurgicales fréquentes, troubles musculo-squelettiques, ostéopathie, optique et audio pour les métiers exposés. L'accord de prévoyance des ouvriers prend d'ailleurs en charge la chambre particulière et le lit d'accompagnant en cas de chirurgie, ce qui est inhabituel pour un régime de prévoyance. Un contrat santé adapté renforce ces postes ; c'est un choix d'entreprise.
PRO BTP, groupe paritaire issu de BTP-Prévoyance, propose des « régimes standard de frais médicaux collectifs » avec plusieurs niveaux et des options régionales. Ces règlements sont adoptés par la commission paritaire de l'institution, pas par accord de branche étendu : ils ne s'imposent qu'aux entreprises qui y adhèrent. Leur intérêt est la connaissance du secteur et le guichet unique avec la prévoyance et la retraite ; leur tarif est un tarif commercial comme un autre.
| Règle | Statut dans le bâtiment | Statut |
|---|---|---|
| Panier de soins ANI et contrat responsable | Seul minimum applicable, pour tous les salariés dès l'embauche, apprentis compris | Obligatoire (loi) |
| Participation employeur | 50 % de la cotisation du régime obligatoire au minimum, davantage par accord ou décision unilatérale | Obligatoire (loi) |
| Grille de garanties de branche | Aucune : ni tableau minimal, ni organisme, ni taux conventionnel | Vous restez libre |
| Régimes frais médicaux PRO BTP | Règlements de l'institution, adhésion facultative, niveaux et tarifs commerciaux | Vous restez libre |
| Chambre particulière en chirurgie et lit d'accompagnant | Pris en charge par la prévoyance ouvriers et ETAM, indépendamment de la mutuelle | Imposé par la branche |
| Portabilité santé | Maintien gratuit jusqu'à 12 mois pendant le chômage indemnisé, article L. 911-8 | Obligatoire (loi) |
Régime prévoyance
Prévoyance ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 et 1597) : ce que couvre l'accord de 1968
Le régime national de prévoyance des ouvriers bénéficie à tout ouvrier justifiant de trois mois d'ancienneté dans le BTP au cours des douze derniers mois, ou de cinq ans dans la profession, sans condition en cas d'accident du travail. Ses prestations sont calculées soit en points SR, revalorisés chaque 1ᵉʳ juillet et valant 6,71 € depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, soit en pourcentage du salaire de base SB de l'exercice précédent, plafonné à trois plafonds.
Le capital décès dépend de la famille : 3 500 SR pour un ouvrier en couple (23 485 €), 750 SR pour un célibataire (5 033 €), majorés de 1 000 SR pour un ou deux enfants et 2 000 SR à partir de trois. En cas d'accident du travail, un capital supplémentaire égal à une année de salaire s'y ajoute. Le conjoint survivant perçoit une rente lui assurant 12 % du salaire de base jusqu'à l'âge de la retraite, puis viagère ; chaque orphelin une rente d'éducation, et un capital de 250 SR s'il perd ses deux parents.
En arrêt de travail, l'accord relaie le maintien de salaire conventionnel de l'employeur à partir du 91ᵉ jour : 75 % du salaire de base, sécurité sociale comprise, en maladie ; SB/4 000 par jour en accident du travail. L'invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie ouvre droit à une rente de base de 10 % de SB, majorée de 5 % par enfant, en complément de la sécurité sociale, avec un barème spécifique pour les incapacités permanentes à partir de 26 %. Le tout est plafonné à 85 % du salaire de base pour que l'ouvrier ne gagne pas plus qu'en activité.
| Garantie | Niveau prévu par l'accord | Statut |
|---|---|---|
| Capital décès (art. 15) | 3 500 SR avec conjoint, 750 SR sans ; + 1 000 SR pour un ou deux enfants, + 2 000 SR à partir de trois ; + une année de salaire en accident du travail | Imposé par la branche |
| Rente au conjoint survivant (art. 16) | Ressource garantie de 12 % du salaire de base jusqu'à l'âge légal de la retraite, puis rente viagère de réversion | Imposé par la branche |
| Rente d'éducation et capital orphelin (art. 17 et 15.2) | Rente par enfant à charge en cas de décès non professionnel ; capital de 250 SR par enfant orphelin des deux parents | Imposé par la branche |
| Indemnités journalières (art. 18) | À partir du 91ᵉ jour ou de la fin du maintien de salaire : 75 % du salaire de base en maladie, SB/4 000 par jour en accident du travail | Imposé par la branche |
| Invalidité et incapacité permanente (art. 19) | Rente de 10 % du salaire de base + 5 % par enfant en 2ᵉ et 3ᵉ catégorie ; barème selon le taux d'incapacité à partir de 26 % en AT-MP | Imposé par la branche |
| Forfaits parentalité et accouchement (art. 20) | 8 % du PMSS par naissance ou adoption (320 € en 2026), plus 2,6 % du PASS pour la salariée qui accouche (1 250 €) | Imposé par la branche |
| Hospitalisation chirurgicale (art. 21) | Chambre particulière aux frais réels dans la limite de deux plafonds horaires par jour ; lit d'accompagnant pour un enfant de moins de 12 ans | Imposé par la branche |
| Indemnité de fin de carrière (art. 22) | Le plus favorable entre l'indemnité légale et 300 à 1 400 SR selon l'affiliation (9 394 € après 30 ans), financée par le fonds IFC | Imposé par la branche |
Budget
Combien coûtent la mutuelle et la prévoyance dans le bâtiment
En santé, aucun tarif conventionnel ne s'impose. Un contrat responsable au niveau du panier de soins se négocie entre 30 et 50 € par mois pour un salarié seul, soit 15 à 25 € à la charge de l'employeur, la sinistralité du secteur tirant les tarifs vers le haut. Les régimes collectifs de PRO BTP se situent dans la même fourchette au niveau de base, avec des niveaux renforcés nettement plus chers.
Pour les ouvriers, l'accord de 1968 fixe un taux de cotisation de référence de 2,59 % du salaire dans la limite de trois plafonds, dont 1,72 % au minimum à la charge exclusive de l'employeur : une base de 1,54 % (qui inclut 0,59 % pour l'indemnité de fin de carrière et 0,12 % pour le fonds d'action sociale) et une surbase de 0,18 %. Le solde, 0,87 % au plus, est précompté sur la paie. Pour un maçon rémunéré 2 300 € brut, cela représente 59,57 € par mois, dont 39,56 € au minimum pour l'employeur.
Pour les ETAM, l'accord de 1990 fixe la cotisation à 1,80 % dont 1,20 % au minimum pour l'employeur, soit 46,80 € par mois pour un conducteur de travaux à 2 600 €, dont 31,20 € patronaux. Pour les cadres, l'obligation ANI de 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur s'applique, le régime de base des cadres BTP la dépassant en pratique. Santé comprise, comptez entre 55 et 65 € par mois et par ouvrier à la charge de l'entreprise pour un dispositif au niveau minimal.
| Catégorie | Taux et part employeur | Statut |
|---|---|---|
| Ouvriers : base | 2,29 % de référence, dont 1,54 % employeur minimum (0,59 % IFC, 0,12 % action sociale, 0,01 % maintien de salaire sur deux exercices) | Imposé par la branche |
| Ouvriers : surbase | 0,30 % de référence, dont 0,18 % employeur minimum (capital décès AT-MP, incapacité permanente, complément d'indemnités journalières) | Imposé par la branche |
| Ouvriers : total | 2,59 % du salaire jusqu'à 3 plafonds, dont 1,72 % à la charge exclusive de l'employeur | Imposé par la branche |
| ETAM | 1,80 % du salaire jusqu'à 3 plafonds, dont 1,20 % employeur minimum (garanties décès 0,58 % intégralement patronales) | Imposé par la branche |
| Cadres | Au moins 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur (ANI), régime de base des cadres BTP en pratique | Obligatoire (loi) |
| Assiette | Salaire soumis à cotisations, indemnités de la caisse de congés intempéries incluses (ou majoration forfaitaire de 14 %), hors IFC | Imposé par la branche |
ETAM et cadres
Prévoyance des ETAM et des cadres du bâtiment (IDCC 2609 et 2420)
Les ETAM relèvent de l'accord national du 13 décembre 1990. Dans sa version étendue, il fixe la cotisation à 1,80 % dont 1,20 % employeur et renvoie à un règlement annexé pour les garanties. Sa réécriture du 20 mars 2018, non étendue, détaille des garanties modernisées que PRO BTP applique à ses adhérents : capital décès de 6 000 € porté à 200 % du salaire de base pour un ETAM en couple, + 50 % par enfant, doublé en accident du travail ; indemnités journalières à 84 % du salaire de base (85 % en accident du travail) dès la fin du maintien de salaire ; invalidité à 75 % en 2ᵉ catégorie, 85 % en 3ᵉ, 40 % en 1ʳᵉ.
Les cadres relèvent de la convention du 1ᵉʳ juin 2004, non étendue, dont l'article 5.2 impose l'affiliation à un régime de prévoyance garantissant « les prestations de base » définies dans les règlements des cadres BTP (annexe VII). L'article 5.3 organise le maintien de salaire : l'employeur verse l'intégralité des appointements pendant 90 jours, puis un régime de prévoyance prend le relais à partir du 91ᵉ jour. À défaut de contrat conforme, l'employeur paie lui-même les prestations manquantes. L'obligation ANI de 1,50 % de la tranche 1 s'ajoute à ces exigences.
Depuis l'avenant du 17 octobre 2024 à la convention des ETAM, les techniciens et agents de maîtrise de niveau H sont assimilés cadres et relèvent du régime de base des cadres ; ceux des niveaux E à G peuvent y être rattachés par décision de l'entreprise, avec l'agrément de la commission paritaire de l'APEC. Ce rattachement ne vaut que pour la protection sociale complémentaire.
| Population | Régime applicable | Statut |
|---|---|---|
| ETAM : capital décès | 6 000 € de base ; 200 % du salaire de base avec conjoint, + 100 % par enfant sans conjoint, + 50 % par enfant avec conjoint ; + 200 % en AT-MP | Imposé par la branche |
| ETAM : indemnités journalières | 84 % de SB/365 par jour (85 % en AT-MP), sécurité sociale déduite, dès la fin du maintien de salaire ou après 90 jours | Imposé par la branche |
| ETAM : invalidité | 75 % de SB en 2ᵉ catégorie + 6 % par enfant, 85 % en 3ᵉ catégorie, 40 % en 1ʳᵉ catégorie, sécurité sociale comprise | Imposé par la branche |
| ETAM de niveau H | Assimilés cadres (ANI art. 2.2) : prestations de base du régime des cadres BTP | Imposé par la branche |
| ETAM des niveaux E à G | Rattachables aux cadres pour la prévoyance sur décision de l'entreprise (avenant du 17 octobre 2024) | Vous restez libre |
| Cadres : maintien de salaire et prévoyance | 100 % du salaire par l'employeur pendant 90 jours, puis prévoyance de base des cadres BTP ; 1,50 % de la tranche 1 minimum | Obligatoire (loi) |
Cas de dispense
Quels salariés peuvent refuser la mutuelle
En santé, seules les dispenses de droit commun s'appliquent, celles des articles L. 911-7 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale, à condition d'être prévues dans l'acte de mise en place ou d'être de plein droit. En prévoyance, la réponse est simple : aucune dispense n'est possible, les accords ouvriers et ETAM l'excluent expressément.
| Situation du salarié | Condition à respecter | Statut |
|---|---|---|
| CDD ou contrat de mission de moins de 12 mois | Sans condition, si l'acte de mise en place le prévoit ; de plein droit pour les CDD de moins de 3 mois couverts par ailleurs | Obligatoire (loi) |
| CDD ou contrat de mission d'au moins 12 mois | Sur justificatif d'une couverture individuelle, si l'acte de mise en place le prévoit | Obligatoire (loi) |
| Apprenti ou temps partiel | Si la cotisation représenterait au moins 10 % de la rémunération brute, cas fréquent pour les apprentis de première année | Obligatoire (loi) |
| Couvert par ailleurs, y compris comme ayant droit | Régime collectif obligatoire d'un autre employeur ou du conjoint, justificatif annuel | Obligatoire (loi) |
| Complémentaire santé solidaire ou contrat individuel | Jusqu'à la fin des droits ou l'échéance du contrat individuel | Obligatoire (loi) |
| Prévoyance ouvriers et ETAM | Aucune dispense possible, y compris pour les CDD de chantier et les apprentis | Imposé par la branche |
Choix de l'assureur
PRO BTP ou un autre assureur : que disent les conventions du bâtiment
PRO BTP est le groupe paritaire de protection sociale du bâtiment et des travaux publics, issu de la fusion des caisses historiques dans BTP-Prévoyance en 2001. Il gère la retraite complémentaire, la prévoyance, la santé et l'action sociale du secteur, et ses règlements sont adoptés par une commission paritaire. Sa position est dominante, mais elle n'est pas juridique : les accords de prévoyance de 1968 et 1990 laissent l'employeur libre de mettre en œuvre la couverture auprès « d'une institution de prévoyance, d'une entreprise d'assurance ou d'une mutuelle ».
En santé, la liberté est totale : aucun organisme n'est désigné, recommandé ni même labellisé. Les « régimes standard de frais médicaux collectifs » de PRO BTP sont des contrats d'assurance, révisés chaque année par la commission paritaire de l'institution, dont les annexes tarifaires ne sont d'ailleurs pas publiées.
Le vrai critère est la conformité de la prévoyance : capital décès en points SR avec ses majorations, rente de conjoint à 12 %, indemnités journalières à 75 % dès le 91ᵉ jour, invalidité, forfaits parentalité, chambre particulière et surtout l'indemnité de fin de carrière, que peu d'assureurs généralistes savent provisionner. Un contrat qui n'assure pas l'IFC laisse l'entreprise débitrice de l'indemnité conventionnelle envers ses ouvriers.
Ce qui est vérifiable
- L'article 3 des accords ouvriers et ETAM ouvre le choix à toute institution, assureur ou mutuelle
- Aucun accord frais de santé n'existe dans les conteneurs des quatre conventions du bâtiment
- Le taux employeur minimum de 1,72 % (ouvriers) et 1,20 % (ETAM) est opposable quel que soit l'assureur
- Les garanties minimales sont fixées par les accords, pas par les règlements de PRO BTP
Ce qu'il faut vérifier avant de signer ailleurs
- Le contrat prévoyance couvre-t-il l'indemnité de fin de carrière et son fonds dédié ?
- Les capitaux décès sont-ils exprimés en points SR revalorisés chaque 1ᵉʳ juillet, majorations familiales comprises ?
- L'assiette intègre-t-elle les indemnités de la caisse de congés intempéries ?
- Le maintien de salaire à cheval sur deux exercices (art. 18.1 b) est-il repris ?
Formalisation
Mettre le régime en place dans les règles
Sans régime santé de branche, l'acte de mise en place est la pierre angulaire de votre mutuelle : c'est lui qui fonde le caractère collectif et obligatoire et qui ouvre les dispenses facultatives. Accord d'entreprise, référendum ou décision unilatérale de l'employeur doit fixer le niveau de garanties, la répartition de la cotisation, les catégories couvertes et les cas de dispense. Sans lui, la participation patronale est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales.
Pour la prévoyance, l'accord des ouvriers impose de remettre contre décharge à chaque bénéficiaire la notice d'information de l'assureur, y compris en cas de changement d'organisme, et d'informer par écrit les salariés de toute réduction des garanties. L'acte de mise en place doit distinguer les trois catégories, ouvriers, ETAM et cadres, avec leurs régimes respectifs, et préciser le sort des ETAM des niveaux E à G.
Enfin, le secteur est marqué par les CDD de chantier, l'intérim et les transferts entre entreprises. L'ancienneté de la prévoyance ouvriers s'apprécie sur l'ensemble du BTP, si bien qu'un ouvrier mobile conserve ses droits ; la mutuelle, elle, change avec l'employeur. Prévoyez la remise de la notice santé et l'information sur les dispenses dès le premier jour de chaque contrat.

Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert
Dans le bâtiment, la loi fait tout en santé et les accords nationaux presque tout en prévoyance. Les distinguer évite autant la non-conformité que les tarifs « de branche » injustifiés.
Imposé par la loi
S'applique à toute entreprise du secteur privé
- Complémentaire santé dès l'embauchePanier de soins ANI, contrat responsable, 100 % Santé
- Participation employeur d'au moins 50 %Seule règle de financement applicable en santé
- Portabilité jusqu'à 12 moisSanté et prévoyance, article L. 911-8
- Prévoyance des cadres à 1,50 % de la tranche 1En plus du régime de base des cadres BTP
Imposé par les accords nationaux
Accords du 31 juillet 1968 et du 13 décembre 1990
- Prévoyance ouvriers : 1,72 % employeur minimumSur un taux de référence de 2,59 %, sans dispense
- Prévoyance ETAM : 1,20 % employeur minimumSur 1,80 %, garanties décès intégralement patronales
- Garanties minimales ouvriersDécès en SR, IJ 75 % dès le 91ᵉ jour, invalidité, parentalité, chirurgie, IFC
- Notice contre déchargeY compris à chaque changement d'assureur
Vous restez libre
Rien ne vous est imposé sur ces points
- Le niveau de garanties santéAu-delà du panier légal, selon les risques des métiers
- L'assureur, en santé comme en prévoyancePRO BTP n'est pas imposé
- Le rattachement des ETAM E à G aux cadresOption de l'entreprise depuis 2024
- Une participation supérieure à 50 %Levier de fidélisation dans un secteur en tension
Mettre votre entreprise en règle, étape par étape
Vérifiez vos IDCC
1596 ou 1597 pour vos ouvriers selon l'effectif, 2609 pour vos ETAM, 2420 pour vos cadres ; les travaux publics relèvent des IDCC 1702, 2614 et 3212 avec les mêmes accords de prévoyance.
Ne cherchez pas de régime santé de branche
Il n'existe pas. Bâtissez votre mutuelle sur le panier ANI et le contrat responsable, en formalisant les dispenses.
Auditez votre prévoyance ouvriers
Cotisation employeur ≥ 1,72 %, assiette avec congés intempéries, garanties en SR, IFC provisionnée.
Traitez ETAM et cadres séparément
1,80 % dont 1,20 % employeur pour les ETAM, régime de base des cadres et 1,50 % ANI, décision sur les niveaux E à G.
Formalisez et informez
Décision unilatérale ou accord par catégorie, notice contre décharge, procédure pour les CDD de chantier.
Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.
Questions fréquentes, Bâtiment
Non. Aucune convention du bâtiment (IDCC 1596, 1597, 2609 ou 2420) ni aucun accord national ne contient de régime frais de santé : seule la loi s'applique, avec le panier de soins ANI, le contrat responsable et une participation employeur d'au moins 50 %. Les régimes frais médicaux collectifs de PRO BTP sont des contrats d'assurance à adhésion facultative.
L'accord national du 31 juillet 1968, réécrit en 2018 et étendu en 2020, fixe un taux de référence de 2,59 % du salaire dans la limite de trois plafonds, dont 1,72 % au minimum à la charge exclusive de l'employeur : une base de 1,54 % (incluant 0,59 % pour l'indemnité de fin de carrière et 0,12 % pour l'action sociale) et une surbase de 0,18 %. Le solde est précompté sur la paie des ouvriers.
Un capital décès de 3 500 SR avec conjoint ou 750 SR sans (le SR vaut 6,71 € depuis le 1ᵉʳ juillet 2025), majoré de 1 000 à 2 000 SR selon les enfants et d'une année de salaire en accident du travail ; une rente de conjoint à 12 % du salaire ; des indemnités journalières à 75 % du salaire de base dès le 91ᵉ jour ; une rente d'invalidité ; des forfaits parentalité et accouchement ; la chambre particulière en chirurgie ; et une indemnité de fin de carrière jusqu'à 1 400 SR.
Une indemnité versée par le régime de prévoyance lors du départ à la retraite d'un ouvrier, égale au plus favorable entre l'indemnité légale et un barème conventionnel : 300 SR après 10 ans d'affiliation continue, 700 SR entre 20 et 25 ans, 1 050 SR entre 25 et 30 ans, 1 400 SR au-delà de 30 ans, soit 9 394 € au 1ᵉʳ juillet 2025. Elle est financée par une cotisation employeur de 0,59 % et un fonds dédié géré par l'assureur.
1,80 % du salaire dans la limite de trois plafonds, dont 1,20 % au minimum à la charge de l'employeur, selon l'accord national du 13 décembre 1990 dans sa version étendue de 2014. Les garanties décès (0,58 %) sont intégralement patronales, les indemnités journalières et l'invalidité partagées. La réécriture de 2018, non étendue, détaille des garanties modernisées appliquées par PRO BTP à ses adhérents.
Non. Les accords ouvriers et ETAM imposent la couverture « sans possibilité de dispense d'affiliation ». Un ouvrier est couvert dès qu'il justifie de trois mois d'ancienneté dans le BTP au cours des douze derniers mois, tous employeurs confondus, ou de cinq ans dans la profession, et sans condition en cas d'accident du travail. Seule la mutuelle peut faire l'objet d'une dispense, dans les cas du droit commun.
Cela dépend de leur niveau. Les ETAM de niveau H sont assimilés cadres et relèvent du régime de base des cadres BTP. Depuis l'avenant du 17 octobre 2024, l'entreprise peut aussi y rattacher les ETAM des niveaux E à G pour la seule protection sociale complémentaire, avec l'agrément de l'APEC. Les autres ETAM relèvent de l'accord national de 1990, à 1,80 %.
La convention des cadres du 1ᵉʳ juin 2004 et la réécriture de l'accord ETAM du 20 mars 2018 n'ont pas fait l'objet d'un arrêté d'extension : elles ne s'imposent qu'aux entreprises adhérentes des organisations patronales signataires, comme la FFB. Les autres entreprises restent tenues par l'accord ETAM de 1990 étendu, par l'ANI de 2017 pour les cadres et par l'accord ouvriers de 1968 étendu en 2020.
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- Banque
- Prestataires de services
- Commerces non alimentaires
- Restauration collective
- CCN 51 (FEHAP)
- Organismes de formation
- Enseignement privé hors contrat
- Commerce alimentaire non spécialisé
- Entreprises d'architecture
- Optique-lunetterie
- Courtage d'assurances
- Bricolage
- Travaux publics
- Gardiens et concierges d'immeubles
- Fleuristes et animaleries
- Laboratoires de biologie médicale
- Esthétique-cosmétique et parfumerie
- Hôtellerie de plein air
- Industrie pharmaceutique
- Industries chimiques
- Jardineries et graineteries
- Matériels agricoles, TP et manutention (SDLM)
- Négoce de l'ameublement
- Pompes funèbres
- Agences générales d'assurances
- Commerce des articles de sport
- Plasturgie
- Répartition pharmaceutique
- Télécommunications
- Détaillants en chaussures
Sources : Accord collectif national du 31 juillet 1968 instituant le régime national de prévoyance des ouvriers du bâtiment et des travaux publics, réécrit par l'avenant n° 59 du 20 mars 2018, étendu par arrêté du 6 novembre 2020 (Légifrance, KALITEXT000037482425) · Accord du 18 juin 2025 fixant la valeur du salaire de référence (SR) à 6,71 € au 1ᵉʳ juillet 2025 (Légifrance, KALITEXT000052283927) · Accord collectif national du 13 décembre 1990 instituant le régime national de prévoyance des ETAM, article 6 modifié au 1ᵉʳ juillet 2014 (Légifrance, KALITEXT000005643295) ; réécriture du 20 mars 2018 non étendue (KALITEXT000037482365) · Convention collective nationale des ouvriers du bâtiment du 8 octobre 1990, IDCC 1596 et 1597, titre VI (Légifrance, KALICONT000005635221 et KALICONT000005635220) · Convention collective nationale des ETAM du bâtiment du 12 juillet 2006, IDCC 2609, article 6.2 modifié par l'avenant du 17 octobre 2024 (Légifrance, KALICONT000018773893) · Convention collective nationale des cadres du bâtiment du 1ᵉʳ juin 2004, IDCC 2420, non étendue, articles 5.2 et 5.3 (Légifrance, KALICONT000017941839) · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, R. 242-1-1, R. 871-2, D. 911-1 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres