Mutuelle hospitalisation privée (IDCC 2264) : aucun régime santé de branche mais une prévoyance à 2,40 % financée à 60 %
La convention de l'hospitalisation privée (IDCC 2264) ne fixe ni tarif, ni garanties, ni organisme pour la complémentaire santé des cliniques et des EHPAD : seul le socle légal s'applique, financé à 50 % au minimum. Sa prévoyance, en revanche, est l'une des plus complètes du secteur : maintien de salaire, invalidité à 85 %, capital décès de 170 %, pour 2,40 % du salaire dont 60 % à la charge de l'employeur.
La branche en bref
IDCC 2264- Convention
- Hospitalisation privée du 18 avril 2002, étendue ; annexe EHPAD du 10 décembre 2002 ; champ du thermalisme fusionné en 2019
- IDCC
- 2264 — cliniques MCO, SSR et psychiatriques, EHPAD à statut commercial, maisons d'enfants à caractère sanitaire, établissements thermaux
- Régime santé
- Aucun pour les cliniques et les EHPAD ; régime de branche uniquement pour les établissements thermaux (accord du 15 décembre 2022)
- Régime prévoyance
- Titre VIII, articles 84 et 85 (cliniques) ; articles 84 bis et 85 bis de l'annexe EHPAD ; tous salariés sans ancienneté
- Organismes recommandés
- AG2R, Prémalliance, Vauban et Mutualité française (2002), OCIRP en EHPAD : recommandation non renouvelée depuis
- Organisme imposé
- Aucun : « si un taux supérieur était pratiqué par un autre organisme, ce supplément serait à la charge de l'employeur »
- 50 % minimum
- participation employeur sur la mutuelle, seule règle applicable faute de régime de branche
- 2,40 %
- de cotisation prévoyance des non-cadres en clinique sur les tranches A et B, 2,28 % en EHPAD, répartis 60/40
- 100 % du net
- maintenu pendant 90 jours d'arrêt par année civile, puis 80 % du brut tant que la sécurité sociale indemnise
- 170 %
- du salaire annuel brut en capital décès, majoré de 50 % par enfant en clinique, doublé si accidentel en EHPAD
En santé, la loi et rien d'autre
Aucun accord frais de santé n'a été signé pour les cliniques et les EHPAD en vingt-quatre ans de convention. Panier ANI, contrat responsable et participation de 50 % sont vos seules contraintes ; le tarif et les garanties se négocient librement.
Une prévoyance qui commence dès le 4ᵉ jour d'arrêt
Le titre VIII garantit 100 % du net dès le 4ᵉ jour d'arrêt pour les non-cadres, dès le 1ᵉʳ jour pour les cadres et les accidents du travail, pendant 90 jours, puis 80 % du brut. Suivent une rente d'invalidité de 85 % et un capital décès de 170 %.
Deux tarifs selon l'établissement
Clinique : 2,40 % des tranches A et B pour les non-cadres, 2,90 % et 5,16 % pour les cadres. EHPAD : 2,28 %, 2,76 % et 4,90 %, avec rente éducation et rente de conjoint OCIRP. Dans tous les cas, l'employeur paie 60 %.
Vos obligations
Ce que la convention de l'hospitalisation privée (IDCC 2264) impose au-delà de la loi
Tout employeur privé doit financer à 50 % au minimum une complémentaire santé collective conforme au panier de soins ANI, pour l'ensemble de ses salariés. Dans l'hospitalisation privée, cette obligation légale est aussi la seule en santé : la convention du 18 avril 2002 ne comporte aucun régime frais de santé, et sur les 193 textes attachés que recense la base officielle, un seul traite de complémentaire santé, réservé aux établissements thermaux. Une clinique ou un EHPAD n'a donc aucun tarif « de branche » à respecter.
La prévoyance est l'exact inverse. Le titre VIII de la convention institue depuis 2002 un régime collectif obligatoire couvrant l'incapacité, l'invalidité et le décès, pour tous les salariés cadres et non cadres, sans condition d'ancienneté. L'annexe du 10 décembre 2002 en donne une version adaptée aux EHPAD à statut commercial, avec des garanties décès plus riches et un tarif légèrement inférieur. Ces deux blocs sont étendus et s'imposent à tous les établissements.
Deux textes récents complètent le dispositif sans le bouleverser. L'accord du 17 décembre 2024, étendu le 30 juin 2025, définit les catégories objectives de salariés : les cadres au sens de la prévoyance sont ceux de la position III et les emplois désignés (médecins, pharmaciens), les entreprises pouvant assimiler certains agents de maîtrise. Et la version 2024 de l'article 84, non étendue, ne change que l'indice de revalorisation des rentes, désormais calé sur la rémunération minimale du niveau 2.
| Disposition | Ce que ça implique | Statut |
|---|---|---|
| Complémentaire santé pour tous les salariés | Socle légal ANI et contrat responsable, financés à 50 % au minimum, dès l'embauche et sans ancienneté | Obligatoire (loi) |
| Régime santé de branche | Inexistant pour les cliniques et les EHPAD ; régime dédié aux seuls établissements thermaux depuis 2023 | Vous restez libre |
| Prévoyance de tous les salariés (titre VIII) | Incapacité, invalidité, décès et rente éducation, cadres et non-cadres, sans condition d'ancienneté | Imposé par la branche |
| Cotisation prévoyance en clinique | Non-cadres 2,40 % des tranches A et B ; cadres 2,90 % TA et 5,16 % TB ; 60 % employeur, 40 % salarié | Imposé par la branche |
| Cotisation prévoyance en EHPAD | Non-cadres 2,28 % dont 0,15 % pour les rentes OCIRP ; cadres 2,76 % TA et 4,90 % TB ; 60 % employeur | Imposé par la branche |
| Catégories objectives (accord du 17 décembre 2024) | Cadres = position III et emplois de médecins et pharmaciens ; assimilation possible des positions I-2-B à II-3-B | Imposé par la branche |
| Choix de l'organisme assureur | Libre en santé comme en prévoyance ; la recommandation de 2002 n'a jamais été renouvelée | Vous restez libre |
Régime santé
Mutuelle en clinique et en EHPAD (IDCC 2264) : ce qui s'applique vraiment
Faute de régime conventionnel, votre couverture santé relève du droit commun. Le contrat doit être collectif, obligatoire et responsable, couvrir au minimum le panier de soins de l'article D. 911-1 du code de la sécurité sociale et respecter les planchers et plafonds du contrat responsable, dont le 100 % Santé. La participation de l'employeur ne peut être inférieure à 50 % de la cotisation du régime obligatoire, et l'acte de mise en place doit lister les cas de dispense que vous acceptez.
Le secteur a pourtant des besoins marqués, que le socle légal couvre mal : travail de nuit et postes en 12 heures qui pèsent sur le sommeil et la santé mentale, troubles musculo-squelettiques des aides-soignantes et des agents de service, forte proportion de temps partiels et de CDD de remplacement. L'accord du 4 février 2025 sur les métiers exposés aux risques ergonomiques en témoigne. Beaucoup d'établissements financent à 55 ou 60 % une formule enrichie sur l'optique, le dentaire et les médecines douces, dans la limite des plafonds d'exonération.
Les établissements thermaux, rattachés à la convention depuis la fusion des champs de 2019, font exception : l'accord du 15 décembre 2022, étendu le 10 juillet 2023, leur impose un socle conventionnel à 34,66 € par mois financé 50/50, avec APICIL, MUTAMI et Solimut recommandés et un fonds de solidarité de 2 %. Il ne concerne ni les cliniques ni les EHPAD.
| Règle | Statut dans la branche | Statut |
|---|---|---|
| Panier de soins ANI et contrat responsable | Seul minimum applicable en clinique et en EHPAD, pour tous les salariés dès l'embauche | Obligatoire (loi) |
| Participation employeur | 50 % au minimum de la cotisation du régime obligatoire ; aucun taux de branche | Obligatoire (loi) |
| Tarif et garanties | Librement négociés : ni cotisation en pourcentage du plafond, ni tableau de garanties conventionnel | Vous restez libre |
| Dispenses d'affiliation | Cas légaux de l'article D. 911-2 (CDD courts, C2S, multi-employeurs) et cas conventionnels de l'article R. 242-1-6 si prévus dans l'acte | Obligatoire (loi) |
| Établissements thermaux | Socle conventionnel 34,66 €/mois 50/50, Duo 69,34 €, Famille 90,49 €, APICIL / MUTAMI / Solimut recommandés | Imposé par la branche |
| Portabilité | 12 mois maximum après la rupture, santé et prévoyance, article L. 911-8 | Obligatoire (loi) |
Régime prévoyance
Prévoyance hospitalisation privée (IDCC 2264) : les garanties du titre VIII
L'article 84 couvre tous les salariés, cadres et non cadres, dès leur embauche. En cas d'arrêt maladie ou d'accident non professionnel, l'établissement complète les indemnités journalières pour maintenir 100 % de la rémunération nette pendant 90 jours, consécutifs ou non, par année civile, après une carence de 3 jours pour les non-cadres et sans carence pour les cadres. Au-delà, le salarié perçoit 80 % de sa rémunération brute moyenne des six derniers mois, en net, tant que la sécurité sociale l'indemnise. Les accidents du travail et maladies professionnelles sont indemnisés dès le premier jour pour tous.
L'invalidité ouvre droit à une rente de 85 % du salaire brut des douze derniers mois en 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, ou pour une incapacité professionnelle d'au moins 66 %, et de 50 % en 1ʳᵉ catégorie ou entre 33 et 65 %, sans jamais dépasser 100 % du net. Elle est versée jusqu'à la liquidation de la pension de retraite et revalorisée chaque 1ᵉʳ janvier.
Au décès ou en invalidité absolue et définitive, les ayants droit choisissent en clinique entre un capital de 170 % du salaire annuel brut majoré de 50 % par enfant à charge, et un capital de 85 % assorti d'une rente éducation de 5, 10 ou 15 % par enfant selon son âge. L'annexe EHPAD est plus généreuse : capital de 170 % quelle que soit la famille, doublé en cas de décès accidentel, double effet au profit des enfants, rente éducation de 10, 15 ou 20 % et, à défaut d'enfant, rente temporaire de conjoint de 10 % jusqu'à 55 ans.
| Garantie | Clinique · EHPAD | Statut |
|---|---|---|
| Accès au régime | Tous les salariés cadres et non cadres, sans condition d'ancienneté, dès l'embauche | Imposé par la branche |
| Carence en maladie | 3 jours pour les non-cadres, aucune pour les cadres, aucune pour tous en accident du travail ou maladie professionnelle | Imposé par la branche |
| Incapacité, 90 premiers jours par année civile | 100 % de la rémunération nette, indemnités journalières de la sécurité sociale déduites | Imposé par la branche |
| Incapacité au-delà de 90 jours | 80 % de la rémunération brute moyenne des 6 derniers mois, en net, tant que la sécurité sociale indemnise | Imposé par la branche |
| Invalidité 2ᵉ / 3ᵉ catégorie ou IPP ≥ 66 % | 85 % du salaire brut des 12 derniers mois, plafond 100 % du net, jusqu'à la retraite | Imposé par la branche |
| Invalidité 1ʳᵉ catégorie ou IPP 33 à 65 % | 50 % du salaire brut, plafond 100 % du net toutes ressources comprises | Imposé par la branche |
| Décès ou IAD en clinique | Au choix : 170 % du salaire annuel brut + 50 % par enfant, ou 85 % + rente éducation 5 % / 10 % / 15 % par enfant | Imposé par la branche |
| Décès ou IAD en EHPAD | 170 % du salaire annuel brut, doublé si accidentel, double effet, rente éducation 10 % / 15 % / 20 %, rente de conjoint 10 % jusqu'à 55 ans | Imposé par la branche |
- Maintien intégral du net dès le 4ᵉ jour d'arrêt, sans condition d'ancienneté : rare dans les branches de services
- Rente d'invalidité à 85 % du brut, parmi les plus élevées des conventions étendues
- En EHPAD, capital doublé en cas d'accident et rente de conjoint : une couverture familiale complète
- En clinique, rente éducation et capital enfant sont alternatifs, pas cumulés
- Cotisation salariale non négligeable : 0,96 % du salaire pour un non-cadre, 2,06 % sur la tranche B d'un cadre
- Revalorisation des rentes indexée sur le point conventionnel, puis sur la RMAN : à vérifier dans le contrat
Cotisations prévoyance
Taux de prévoyance en clinique et en EHPAD : 2,40 % ou 2,28 % répartis 60/40
L'article 85 fixe pour les cliniques une cotisation de 2,40 % des tranches A et B pour les non-cadres, répartie 60 % employeur et 40 % salarié, la part salariale ne pouvant dépasser 0,96 %. Pour les cadres, 2,90 % sur la tranche A et 5,16 % sur la tranche B, avec des parts salariales plafonnées à 1,16 % et 2,06 %. Sur la tranche A des cadres, la répartition doit respecter le 1,50 % patronal de la convention de 1947, ce que les 1,74 % employeur assurent.
L'annexe EHPAD retient des taux un peu inférieurs, atteints par paliers entre 2003 et 2005 : 2,28 % pour les non-cadres, dont 0,15 % dédiés aux rentes éducation et de conjoint de l'OCIRP, part salariale plafonnée à 0,912 % ; 2,76 % sur la tranche A et 4,90 % sur la tranche B pour les cadres, parts salariales plafonnées à 1,104 % et 1,96 %.
Ces taux financent à la fois le maintien de salaire des 90 premiers jours et les garanties longues. Un établissement qui s'assure ailleurs qu'auprès d'un organisme recommandé reste tenu par eux à une nuance près, prévue par l'article 85.1 : si l'assureur choisi pratique un taux supérieur, le supplément est intégralement à la charge de l'employeur. La cotisation salariale est donc plafonnée quoi qu'il arrive.
| Catégorie | Clinique · EHPAD | Statut |
|---|---|---|
| Non-cadres, tranches A et B | 2,40 % (employeur 1,44 %, salarié ≤ 0,96 %) · EHPAD 2,28 % (employeur 1,368 %, salarié ≤ 0,912 %) | Imposé par la branche |
| Cadres, tranche A | 2,90 % (employeur 1,74 %, salarié ≤ 1,16 %) · EHPAD 2,76 % (employeur 1,656 %, salarié ≤ 1,104 %) | Imposé par la branche |
| Cadres, tranche B | 5,16 % (employeur 3,10 %, salarié ≤ 2,06 %) · EHPAD 4,90 % (employeur 2,94 %, salarié ≤ 1,96 %) | Imposé par la branche |
| Exemple aide-soignante à 2 000 € brut | Clinique 48,00 €/mois (28,80 € employeur, 19,20 € salarié) · EHPAD 45,60 €/mois (27,36 € / 18,24 €) | Imposé par la branche |
| Exemple cadre de santé à 4 000 € brut | Clinique 116,00 €/mois (69,60 € / 46,40 €) · EHPAD 110,40 €/mois (66,24 € / 44,16 €) | Imposé par la branche |
| Établissements thermaux | 2 % des tranches A et B depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, répartis 60/40, après constitution de l'ancienneté | Imposé par la branche |
| Surcoût d'un assureur non recommandé | Intégralement à la charge de l'employeur : la part salariale reste plafonnée | Imposé par la branche |
Organismes
Organismes recommandés : une liste de 2002 qui ne vous engage plus
L'article 85.1 « entend recommander » quatre organismes pour les cliniques : AG2R, Prémalliance, Vauban et la Mutualité française ; l'annexe EHPAD cite Prémalliance, Vauban, l'UNPMF et l'OCIRP pour les rentes. Cette liste n'a jamais été mise à jour. Prémalliance a rejoint AG2R La Mondiale, Vauban Humanis est devenu Malakoff Humanis, et la loi impose depuis 2013 qu'une recommandation résulte d'un appel d'offres réexaminé tous les cinq ans. Aucune procédure de ce type n'apparaît dans les textes de la branche.
Concrètement, la recommandation n'a plus de portée juridique : aucun établissement n'est tenu d'adhérer à l'un de ces organismes, et aucun fonds de solidarité de branche n'y est attaché. En revanche, le niveau des garanties du titre VIII, lui, s'impose à tout contrat. Votre assureur doit reproduire au minimum le maintien à 100 % du net, les 80 % au-delà de 90 jours, l'invalidité à 85 % et les capitaux décès, et prendre en charge les sinistres en cours lors d'un changement d'organisme, comme le prévoit l'article 84.5.
Le point à négocier en priorité est la sinistralité en arrêt de travail, structurellement élevée dans les cliniques et les EHPAD. Un assureur qui découvre votre historique d'absentéisme après coup majorera la cotisation : mieux vaut fournir trois ans de données dès l'appel d'offres et obtenir un engagement de taux sur deux ou trois exercices.
| Point | Ce qui s'impose | Statut |
|---|---|---|
| Garanties | Au moins celles des articles 84 et 84 bis : incapacité, invalidité, décès, rente éducation ou capital enfant | Imposé par la branche |
| Bénéficiaires | Tous les salariés dès l'embauche ; catégories cadres / non-cadres définies par l'accord du 17 décembre 2024 | Imposé par la branche |
| Financement | 60 % employeur au minimum, part salariale plafonnée aux taux de l'article 85 | Imposé par la branche |
| Reprise des sinistres | Revalorisation des rentes en cours par le nouvel assureur, maintien du décès par l'ancien (loi Évin) | Obligatoire (loi) |
| Adhésion à AG2R ou Malakoff Humanis | Non exigée : recommandation de 2002 caduque, aucun fonds de branche associé | Vous restez libre |
Mise en place
Mettre votre établissement en conformité
Commencez par l'acte juridique. En santé, faute de régime de branche, tout repose sur votre décision unilatérale ou votre accord d'entreprise : garanties, répartition, dispenses. En prévoyance, le titre VIII s'applique de plein droit, mais l'accord du 17 décembre 2024 exige que les éventuelles assimilations de non-cadres à la catégorie cadres soient formalisées dans cet acte, sous peine de perdre les exonérations sociales.
Contrôlez ensuite le contrat de prévoyance ligne à ligne : carence de 3 jours et non de 7, 90 jours à 100 % du net par année civile et non par arrêt, 80 % du brut ensuite, 85 % en invalidité, capital décès conforme au bloc clinique ou au bloc EHPAD selon votre code NAF. Les contrats standard du marché appliquent souvent des franchises de 30 ou 90 jours incompatibles avec la convention.
Enfin, gérez les entrées et sorties : affiliation dès le premier jour, remise de la notice, information sur la portabilité, et transmission à l'assureur de l'état des arrêts en cours à chaque changement de contrat. Dans un secteur où un salarié sur dix est absent à un instant donné, c'est l'oubli qui coûte le plus cher.
| Étape | Point de contrôle | Statut |
|---|---|---|
| Identifier votre bloc | Clinique (titre VIII), EHPAD commercial (annexe du 10 décembre 2002), maison d'enfants (annexe II) ou thermalisme | Imposé par la branche |
| Rédiger ou mettre à jour la DUE santé | Panier ANI au minimum, participation ≥ 50 %, dispenses, versement santé éventuel | Obligatoire (loi) |
| Auditer le contrat de prévoyance | Carence, durées, taux d'indemnisation, capitaux et rentes, salaire de référence sur 12 mois | Imposé par la branche |
| Formaliser les catégories | Position III et médecins / pharmaciens = cadres ; assimilations I-2-B à II-3-B inscrites dans l'acte | Imposé par la branche |
| Informer et archiver | Notice, demandes de dispense écrites, état des sinistres en cours à chaque changement d'assureur | Obligatoire (loi) |
Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert
Dans l'hospitalisation privée, la santé est entièrement à construire et la prévoyance entièrement dictée. Les confondre conduit soit à payer un « tarif de branche » qui n'existe pas, soit à sous-assurer des arrêts de travail que la convention garantit.
Imposé par la loi
S'applique à tout établissement privé
- Complémentaire santé dès l'embauchePanier de soins ANI, contrat responsable, 100 % Santé
- Participation employeur d'au moins 50 %Seule règle de financement applicable en santé
- Portabilité jusqu'à 12 moisSanté et prévoyance, article L. 911-8
- Acte de mise en placeDUE ou accord, condition des exonérations sociales
Imposé par la convention
Titre VIII et annexe EHPAD, étendus
- Prévoyance de tous les salariés sans anciennetéIncapacité dès le 4ᵉ jour, invalidité 85 %, décès 170 %
- Cotisation 2,40 % (clinique) ou 2,28 % (EHPAD)60 % employeur, part salariale plafonnée
- Cadres 2,90 % / 5,16 % ou 2,76 % / 4,90 %Tranche A et tranche B, 60/40
- Catégories objectivesAccord du 17 décembre 2024, étendu le 30 juin 2025
- Santé des établissements thermauxSocle à 34,66 € par mois financé 50/50
Vous restez libre
Rien ne vous est imposé sur ces points
- Le niveau de garanties santéAu-delà du panier légal, selon les métiers et les horaires
- L'assureur, en santé comme en prévoyanceRecommandation de 2002 caduque, aucun fonds de branche
- Une participation santé supérieure à 50 %Levier d'attractivité dans un secteur en tension
- La subrogation et la suppression de la carenceÀ négocier chaque année, comme le prévoit l'article 84.1
Mettre votre entreprise en règle, étape par étape
Vérifiez votre IDCC et votre bloc
2264 pour les cliniques, EHPAD commerciaux, maisons d'enfants et thermes. Les EHPAD associatifs relèvent de la CCN 51 ou de la CCN 66, aux régimes très différents.
Ne cherchez pas de tarif santé de branche
Il n'existe pas, sauf pour le thermalisme. Bâtissez votre mutuelle sur le panier ANI et vos métiers : nuit, TMS, temps partiels.
Mettez la prévoyance au niveau du titre VIII
Carence 3 jours, 100 % du net 90 jours, 80 % ensuite, invalidité 85 %, décès 170 %, 2,40 % ou 2,28 % répartis 60/40.
Comparez à garanties conformes
AG2R, Malakoff Humanis, mutuelles ou assureurs : exigez une confirmation écrite de conformité et un engagement de taux pluriannuel.
Formalisez et informez
DUE santé, catégories cadres inscrites dans l'acte, notice à chaque salarié, état des arrêts en cours à l'assureur.
Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.
Questions fréquentes, Hospitalisation privée
Oui, en vertu de la loi : tout employeur privé doit proposer une complémentaire santé collective, responsable, couvrant le panier de soins ANI et financée à 50 % au minimum. La convention de l'hospitalisation privée (IDCC 2264) n'ajoute aucune obligation : elle ne contient aucun régime frais de santé pour les cliniques et les EHPAD.
Il n'y en a pas. Aucun accord de branche ne fixe de taux, de garanties ni d'organisme en santé pour les cliniques et les EHPAD. Seuls les établissements thermaux ont un socle conventionnel, à 34,66 € par mois financé 50/50. Partout ailleurs, le prix est librement négocié, avec une participation employeur d'au moins 50 %.
2,40 % du salaire brut, tranches A et B, pour les non-cadres des cliniques, et 2,28 % en EHPAD, répartis 60 % employeur et 40 % salarié. Pour les cadres : 2,90 % sur la tranche A et 5,16 % sur la tranche B en clinique, 2,76 % et 4,90 % en EHPAD. La part salariale est plafonnée à ces 40 %, tout surcoût d'assureur restant à la charge de l'employeur.
3 jours calendaires pour les non-cadres en maladie ou accident non professionnel, aucun pour les cadres, et aucun pour tous les salariés en accident du travail ou maladie professionnelle. L'indemnisation atteint ensuite 100 % du net pendant 90 jours par année civile, puis 80 % du brut moyen des six derniers mois tant que la sécurité sociale verse des indemnités.
En clinique, les ayants droit choisissent entre 170 % du salaire annuel brut majoré de 50 % par enfant à charge, et 85 % assorti d'une rente éducation de 5 à 15 % par enfant. En EHPAD, le capital est de 170 %, doublé en cas de décès accidentel, avec double effet, une rente éducation de 10 à 20 % et, sans enfant, une rente de conjoint de 10 % jusqu'à 55 ans.
Non. L'article 85.1 recommandait en 2002 AG2R, Prémalliance, Vauban et la Mutualité française, mais cette liste n'a jamais été renouvelée par appel d'offres comme l'exige la loi depuis 2013. Tout assureur peut être retenu, à condition de reproduire les garanties du titre VIII. Si son taux est supérieur, le supplément est à la charge de l'employeur.
Pas tout à fait. L'annexe du 10 décembre 2002 remplace pour les EHPAD commerciaux les articles 84.1, 84.3, 85.1, 85.2 et 85.3 : mêmes règles d'incapacité, mais capital décès doublé en cas d'accident, rente éducation plus élevée, rente de conjoint OCIRP, et cotisations de 2,28 % pour les non-cadres et 2,76 % / 4,90 % pour les cadres.
Depuis l'accord du 17 décembre 2024, étendu le 30 juin 2025 : les salariés de la position III et les emplois désignés de pharmacien, médecin généraliste, spécialiste, coordonnateur ou responsable de service. L'établissement peut en outre assimiler aux cadres tout ou partie des agents de maîtrise, techniciens et employés classés entre la position I niveau 2 groupe B et la position II niveau 3 groupe B, à condition de l'écrire dans son acte de mise en place.
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Sources : Convention collective nationale de l'hospitalisation privée du 18 avril 2002, IDCC 2264, titre VIII « Prévoyance », articles 83 à 85 (Légifrance, KALICONT000005635813) · Annexe du 10 décembre 2002 concernant les établissements privés accueillant des personnes âgées, articles 84.1 bis, 84.3 bis, 85.1 bis à 85.3 bis ; accord du 17 décembre 2024 relatif aux catégories objectives, étendu par arrêté du 30 juin 2025 · Accord du 15 décembre 2022 relatif à la complémentaire santé des établissements thermaux, étendu par arrêté du 10 juillet 2023 ; avenant du 7 décembre 2021 relatif au régime de prévoyance des établissements thermaux · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, R. 242-1-1, R. 242-1-6, D. 911-1 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale ; décision n° 2013-672 DC du Conseil constitutionnel ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres