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Mutuelle transport routier : ce que la branche impose à l'employeur
La branche des transports routiers a rendu la mutuelle obligatoire dès 2013, trois ans avant la loi. Socle de garanties, cotisation minimale en pourcentage du PMSS, place de Carcept Prev : voici vos obligations, point par point.
Le socle conventionnel varie selon votre secteur d'activité : marchandises, voyageurs, transport sanitaire, déménagement ou transport de fonds. Vérifiez l'accord dont vous relevez.

La branche en bref
IDCC 16
700 000+
salariés dans la branche
2013
mutuelle obligatoire dans la branche, avant la loi
1,40 %
du PMSS : cotisation minimale du régime TRM
50 %
participation employeur minimum
Une branche pionnière
Les accords de branche ont généralisé la complémentaire santé dès 2012-2013, avant la loi ANI de 2016. L'obligation n'est donc pas nouvelle : aucune entreprise du secteur ne peut y échapper.
Un socle par secteur d'activité
Marchandises, voyageurs, transport sanitaire, déménagement, transport de fonds : chaque secteur a son propre accord santé. Identifiez le vôtre avant de souscrire ou de renégocier.
Carcept Prev présent, pas imposé
Carcept Prev (groupe Klesia) est l'opérateur paritaire historique de la branche. Mais aucun texte en vigueur n'impose d'y adhérer : vous restez libre de choisir votre assureur.
Ce que la branche impose au-delà de la loi
Toute entreprise du privé doit proposer une mutuelle collective financée à 50 % minimum et couvrant au moins le panier de soins ANI. Dans les transports routiers (IDCC 16), cette obligation est antérieure à la loi : pour le transport routier de marchandises et les activités auxiliaires, l'accord du 1ᵉʳ octobre 2012, étendu par arrêté du 21 décembre 2012, a rendu la complémentaire santé obligatoire dans toutes les entreprises du secteur dès le 1ᵉʳ janvier 2013. Le transport routier de voyageurs avait ouvert la voie avec l'accord du 24 mai 2011, étendu en juin 2012.
L'obligation conventionnelle prend la forme d'un socle minimal de « protection santé » : un niveau de garanties que tout contrat couvrant vos salariés doit au moins égaler. Pour le TRM, ce socle a été nettement relevé par l'avenant n° 3 du 3 février 2022 (étendu le 20 juin 2022, applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2022) : meilleurs remboursements en hospitalisation, dentaire et optique, accès à un réseau de soins, téléconsultation et second avis médical.
Particularité de la branche : l'accord fixe aussi un budget minimal. La cotisation du régime conventionnel TRM ne peut être inférieure à 1,40 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) par salarié, répartie à parts égales entre employeur et salarié. Un contrat moins-disant en garanties comme en financement n'est pas conforme.
Le socle conventionnel couvre le salarié seul : la branche n'impose pas l'affiliation des ayants droit. L'extension au conjoint et aux enfants reste un choix de l'entreprise ou du salarié, via les options facultatives que l'organisme assureur est tenu de proposer.
| Disposition | Statut |
|---|---|
| Mutuelle collective pour tous les salariésObligatoire dans la branche depuis le 1ᵉʳ janvier 2013, avant même le socle légal ANI de 2016 | Obligatoire (loi) |
| Garanties au niveau du socle de brancheSocle « protection santé » relevé par l'avenant n° 3, supérieur au panier ANI (hospitalisation, dentaire, optique, réseau de soins, téléconsultation) | Imposé par la branche |
| Cotisation minimale de 1,40 % du PMSSPlancher de financement du régime TRM (1,0 % en Alsace-Moselle), garanties facultatives en sus | Imposé par la branche |
| Participation employeur ≥ 50 %Soit au moins 0,70 % du PMSS par salarié et par mois sur le régime TRM | Obligatoire (loi) |
| Couverture du conjoint et des enfantsNon imposée par la branche — extensions facultatives à proposer aux salariés | Vous restez libre |
| Choix de l'organisme assureurAucune désignation ni recommandation en vigueur : Carcept Prev ou tout assureur respectant le socle | Vous restez libre |
Avenant n° 4 : le socle mis à jour au standard 100 % santé
Le 13 avril 2026, les partenaires sociaux ont signé une série d'avenants santé couvrant les différents secteurs de la branche : avenant n° 4 à l'accord du 1ᵉʳ octobre 2012 pour le transport de marchandises, et des avenants parallèles pour le déménagement, le transport sanitaire et le transport de fonds.
Objectif : aligner le socle conventionnel sur les dernières évolutions du « 100 % santé », notamment l'accès sans reste à charge à certains fauteuils roulants (pris en charge depuis le 1ᵉʳ décembre 2025) et à certaines perruques pour les patients en traitement (depuis le 1ᵉʳ janvier 2026). Les avenants réaffirment aussi l'application uniforme du régime à toutes les entreprises, y compris celles de moins de 50 salariés.
L'avis d'extension de ces avenants a été publié au Journal officiel le 5 juin 2026 ; l'arrêté d'extension n'est pas encore paru. D'ici là, ils engagent les entreprises adhérentes des organisations signataires (FNTR, OTRE, et les autres organisations patronales de la branche).
Même sans extension, ne tardez pas : les nouvelles prises en charge 100 % santé (fauteuils roulants, perruques) s'imposent déjà à tout contrat responsable via la réglementation. Vérifiez auprès de votre assureur que votre contrat a bien été mis à jour — un contrat non responsable fait perdre les exonérations sociales sur votre part employeur.
Cotisation plancher et participation employeur
Le régime conventionnel TRM est financé par une cotisation exprimée en pourcentage du plafond mensuel de la sécurité sociale : 1,40 % du PMSS minimum par salarié et par mois, dont au moins 0,70 % à la charge de l'employeur et au plus 0,70 % à la charge du salarié. Pour les salariés relevant du régime local d'Alsace-Moselle, qui rembourse déjà davantage, le plancher est ramené à 1,0 % du PMSS, réparti 0,5 % / 0,5 %.
La branche respecte donc le partage légal 50/50, mais le fait porter sur un budget minimal défini : vous ne pouvez pas réduire la cotisation en dessous du plancher pour alléger votre part. Rien ne vous interdit en revanche de financer au-delà de 50 %, ou de souscrire des garanties supérieures au socle.
Comme pour tout régime collectif obligatoire et responsable, votre participation est exonérée de cotisations de sécurité sociale dans les limites légales et déductible du résultat imposable — à condition de formaliser correctement la mise en place (DUE, accord ou référendum) et de respecter le cahier des charges du contrat responsable.

Carcept Prev : opérateur historique, pas un passage obligé
L'accord de 2012 avait désigné Carcept Prévoyance — l'institution paritaire de la branche, aujourd'hui au sein du groupe Klesia — comme assureur du régime, pour cinq ans. Mais le Conseil constitutionnel a censuré les clauses de désignation en juin 2013 : les désignations en cours sont allées à leur terme sans pouvoir être renouvelées, et aucun texte ne peut plus imposer un assureur. L'avenant n° 3 de 2022 ne comporte d'ailleurs ni clause de désignation ni clause de recommandation.
Carcept Prev conserve néanmoins un rôle institutionnel réel : les partenaires sociaux lui ont confié la gestion du fonds de haut degré de solidarité créé par l'accord-cadre du 20 avril 2016, qui finance notamment le programme de prévention santé « Transportez-vous bien » destiné aux salariés du transport. C'est aussi, de loin, l'assureur le plus présent dans les entreprises de la branche.
Concrètement : vous pouvez souscrire le contrat conventionnel auprès de Carcept Prev, ou auprès de tout autre assureur, à une condition non négociable — que les garanties atteignent au moins le socle de branche applicable à votre secteur, pour une cotisation au moins égale au plancher conventionnel.
L'offre Carcept Prev (Klesia)
- Garanties calibrées sur les accords de branche et mises à jour à chaque avenant
- Mutualisation à l'échelle de la branche : utile pour les petits effectifs et les métiers à sinistralité élevée
- Ancrage paritaire : action sociale et programme de prévention dédiés aux métiers du transport
Points de vigilance
- Pas systématiquement la mieux placée en tarif, notamment au-delà d'une dizaine de salariés
- Garanties standardisées : peu de latitude pour ajuster aux besoins réels de vos équipes (sédentaires vs roulants)
- Présence historique ne vaut pas obligation : comparer reste votre droit — et souvent votre intérêt
Quels salariés peuvent refuser la mutuelle ?
Les dispenses d'ordre public s'appliquent comme dans toute entreprise : salariés couverts par la complémentaire santé solidaire (C2S) jusqu'à la fin de leur droit, bénéficiaires d'une autre couverture collective obligatoire (notamment en tant qu'ayant droit), salariés en CDD court avec versement santé, apprentis et temps très partiels dans les conditions légales.
L'accord de branche prévoit lui aussi des cas de dispense, notamment pour les contrats courts et les salariés déjà couverts à l'embauche par un contrat individuel, jusqu'à son échéance. Le détail figure dans l'accord applicable à votre secteur et doit être repris dans votre acte de mise en place.
Dans un secteur à fort turnover et aux nombreux CDD, le point de vigilance est documentaire : chaque dispense doit être demandée par écrit par le salarié et justifiée, car c'est l'employeur qui supporte la charge de la preuve en cas de contrôle URSSAF. Pour les modalités pratiques, consultez notre guide des cas de dispense.
Qui impose quoi : le récapitulatif
Trois niveaux à distinguer : ce que la loi impose à tous, ce que la branche des transports routiers ajoute, et ce qui relève de votre libre choix d'employeur.
La loi (ANI)
Applicable à toute entreprise du privé
- Mutuelle collective obligatoirePour tous les salariés — dans cette branche, dès 2013
- Panier de soins minimumTicket modérateur, forfait hospitalier, dentaire et optique de base
- Participation ≥ 50 %Financement employeur de la cotisation
La convention des transports
S'ajoute à la loi pour l'IDCC 16
- Socle de garanties par secteurTRM, voyageurs, sanitaire, déménagement, fonds : chacun son accord
- Cotisation plancher1,40 % du PMSS en TRM (1,0 % en Alsace-Moselle), répartie 50/50
- Mise à jour 100 % santéAvenants du 13 avril 2026, extension en cours
Votre choix
Là où vous gardez la main
- L'organisme assureurCarcept Prev ou tout assureur respectant le socle de branche
- La couverture des ayants droitConjoint et enfants : extensions facultatives, pas d'obligation
- Le niveau de financement50 % est un plancher, pas un plafond — surcomplémentaire possible
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Le code IDCC 16 figure sur les bulletins de paie. Identifiez ensuite votre secteur : marchandises, voyageurs, sanitaire, déménagement ou fonds — chacun a son accord santé.
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Comparez vos garanties au socle de votre secteur (avenant n° 3 pour le TRM) et vérifiez la mise à jour 100 % santé : fauteuils roulants, perruques.
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Questions fréquentes — Transports routiers
Le socle est imposé, l'assureur ne l'est pas
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Sources
- Accord du 1ᵉʳ octobre 2012 relatif à la protection santé (CCN des transports routiers et activités auxiliaires, IDCC 16), étendu par arrêté du 21 décembre 2012 — Légifrance
- Avenant n° 3 du 3 février 2022 à l'accord du 1ᵉʳ octobre 2012 (socle minimal de protection santé), étendu par arrêté du 20 juin 2022 — Légifrance
- Avenants santé du 13 avril 2026 (mise en conformité 100 % santé : TRM, déménagement, transport sanitaire, transport de fonds), avis d'extension publié au JO le 5 juin 2026 — Journal officiel / OTRE
- Accord du 24 mai 2011 relatif à la complémentaire santé dans le transport routier de voyageurs, étendu par arrêté du 18 juin 2012 — Légifrance / Carcept Prev
- Accord-cadre du 20 avril 2016 instituant un haut degré de solidarité de branche, géré par Carcept Prévoyance (programme « Transportez-vous bien »)
- OPCO Mobilités / Observatoire OPTL — effectifs de la branche des transports routiers et activités auxiliaires