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Mutuelle métallurgie : ce que la nouvelle convention impose aux employeurs
La convention unique du 7 février 2022 a créé ce qui n'existait pas dans la branche : un régime frais de santé obligatoire, avec un socle de garanties supérieur au panier ANI. Toutes les entreprises de la métallurgie sont concernées depuis le 1ᵉʳ janvier 2023.
Le socle de protection sociale s'impose à toutes les entreprises relevant de l'IDCC 3248, y compris celles qui appliquaient auparavant une convention territoriale sans régime santé.

La branche en bref
IDCC 3248
1,5 M
salariés dans la branche
42 000
entreprises concernées
76
conventions remplacées par un texte unique
50 %
participation employeur minimum
Un régime santé de branche créé de toutes pièces
Avant la convention unique, la métallurgie n'avait aucun régime frais de santé conventionnel. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, un socle minimal s'impose à toutes les entreprises de l'IDCC 3248.
Des garanties supérieures au panier ANI
L'annexe 9 fixe des minima au-dessus du socle légal : honoraires à 150 % pour les médecins OPTAM, orthodontie à 225 %, forfaits optique renforcés. Un contrat « panier ANI » simple n'est pas conforme.
Labellisé ne veut pas dire imposé
La branche a labellisé l'offre Cœur Industrie (Aésio, Apicil, Harmonie Mutuelle, Malakoff Humanis), mais vous restez entièrement libre de choisir votre assureur.
Ce que la convention impose au-delà de la loi
Toute entreprise du privé doit proposer une mutuelle collective financée à 50 % minimum et respectant le panier de soins ANI. La nouvelle convention de la métallurgie va plus loin : l'accord du 7 février 2022 relatif à la protection sociale complémentaire institue un socle minimal de garanties frais de santé et prévoyance, détaillé en annexe 9, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2023 à toutes les entreprises de la branche — fonderie, mécanique, automobile, construction navale, équipements électriques et électroniques, armement…
C'est un changement majeur : la plupart des anciennes conventions territoriales ne prévoyaient aucun régime santé de branche. Les entreprises qui s'étaient contentées d'un contrat au panier ANI doivent vérifier que leurs garanties atteignent désormais les minima conventionnels : hospitalisation avec honoraires à 150 % de la base de remboursement pour les médecins OPTAM, soins dentaires à 125 %, orthodontie à 225 %, forfaits optique de classe B renforcés, aides auditives prises en charge au-delà du 100 % santé.
La couverture obligatoire porte sur le salarié seul. L'entreprise peut étendre le régime aux ayants droit (conjoint, enfants), à titre facultatif ou obligatoire : l'annexe 9 prévoit cinq structures de cotisation possibles, du « salarié seul » à la couverture famille obligatoire.
S'y ajoute un volet prévoyance obligatoire — incapacité, invalidité, décès avec rente éducation pour les enfants — financé par des cotisations minimales à la charge de l'employeur, distinctes de la mutuelle.
| Disposition | Statut |
|---|---|
| Mutuelle collective pour tous les salariésSocle légal ANI applicable à toute entreprise du privé depuis 2016 | Obligatoire (loi) |
| Garanties au niveau du socle de brancheMinima de l'annexe 9, supérieurs au panier ANI, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2023 | Imposé par la branche |
| Participation employeur ≥ 50 %Sur la cotisation de la couverture santé instituée à titre obligatoire | Obligatoire (loi) |
| Régime de prévoyance de brancheIncapacité, invalidité, décès et rente éducation — cotisations minimales à la charge de l'employeur | Imposé par la branche |
| Couverture des ayants droitFacultative ou obligatoire selon la structure de cotisation choisie par l'entreprise | Vous restez libre |
| Choix de l'organisme assureurL'offre labellisée Cœur Industrie n'est pas contraignante : tout assureur conforme convient | Vous restez libre |
Une convention unique qui remplace 76 textes
Signée le 7 février 2022 par l'UIMM et trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, FO), puis étendue par arrêté du 14 décembre 2022, la nouvelle convention collective nationale de la métallurgie est la plus grande refonte conventionnelle de l'histoire sociale récente : elle remplace 76 conventions et accords — les conventions territoriales et la convention nationale des ingénieurs et cadres de 1972 — par un texte unique couvrant environ 1,5 million de salariés et 42 000 entreprises.
Le calendrier s'est déroulé en deux temps : la protection sociale complémentaire est entrée en vigueur dès le 1ᵉʳ janvier 2023, un an avant le reste de la convention (classifications, rémunérations, temps de travail), applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2024.
Pour la complémentaire santé, le nouveau régime repose sur quatre principes affichés par les partenaires sociaux : universel (tous les salariés couverts), social (un socle santé et prévoyance commun), solidaire (rente éducation, fonds de solidarité alimenté par 2 % des cotisations pour la prévention et la couverture des alternants) et paritaire (un régime piloté au niveau de la branche).
Si votre entreprise appliquait une ancienne convention territoriale, votre contrat santé n'a probablement jamais été calibré sur un socle de branche — il n'en existait pas. Faites vérifier la conformité de vos garanties à l'annexe 9 : un contrat resté au panier ANI vous expose en cas de litige prud'homal ou de contrôle URSSAF.
Participation employeur : 50 % minimum
Pour la couverture santé instituée à titre obligatoire, la convention reprend le plancher légal : l'employeur finance au moins 50 % de la cotisation, le salarié au plus 50 %. Mais ce plancher s'applique à une cotisation calibrée sur le socle de l'annexe 9, plus riche que le panier ANI — le budget réel est donc supérieur à celui d'un contrat minimal.
Si l'entreprise choisit de rendre obligatoire l'extension aux ayants droit, sa participation de 50 % minimum porte alors sur la cotisation globale (salarié + ayants droit). Lorsque la couverture des ayants droit reste facultative, la part éventuellement financée par l'employeur est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales.
La part patronale du régime obligatoire bénéficie du cadre social et fiscal de faveur des contrats collectifs et responsables : exclusion de l'assiette des cotisations de sécurité sociale dans les limites légales, et déductibilité du résultat imposable. Les cotisations du volet prévoyance, elles, sont fixées par la convention avec des minima à la charge de l'employeur, différenciés entre cadres et non-cadres.

Cœur Industrie : une offre labellisée, pas imposée
Plutôt qu'une recommandation classique, les partenaires sociaux de la métallurgie ont mis en place un dispositif de labellisation : l'offre « Cœur Industrie », portée par Aésio, Apicil, Harmonie Mutuelle et Malakoff Humanis (avec l'OCIRP pour le volet décès de la prévoyance). Elle propose des contrats santé et prévoyance pré-calibrés sur les obligations conventionnelles, avec un tarif mutualisé piloté par la branche et des services de prévention.
Point essentiel : un label de branche n'est pas une obligation. Depuis la censure des clauses de désignation par le Conseil constitutionnel en 2013, aucune convention collective ne peut imposer un organisme assureur. Vous pouvez souscrire auprès de l'assureur de votre choix, à une seule condition : que le contrat respecte les garanties minimales de l'annexe 9 et les règles de financement de la convention.
L'offre labellisée Cœur Industrie
- Conformité au socle de branche garantie, y compris en cas d'évolution du régime
- Tarif mutualisé au niveau de la branche : intéressant pour les petits effectifs
- Mise en place simple pour une PME, garanties déjà calibrées sur l'annexe 9
Points de vigilance
- Pas systématiquement la mieux placée en tarif, notamment au-delà de 10 salariés
- Garanties standardisées : peu de latitude pour ajuster aux besoins réels de vos équipes
- Comparer reste indispensable : tout assureur du marché peut proposer un contrat conforme
Quels salariés peuvent refuser la mutuelle ?
Les dispenses d'ordre public s'appliquent comme dans toute entreprise : salariés couverts par la complémentaire santé solidaire (C2S) — la dispense vaut jusqu'à la fin de leur droit —, bénéficiaires d'une autre couverture collective obligatoire (notamment en tant qu'ayant droit), CDD courts et temps très partiels avec versement santé lorsque la cotisation atteindrait 10 % de leur rémunération brute.
Si l'entreprise a rendu obligatoire la couverture des ayants droit, les dispenses propres à cette extension doivent être prévues et justifiées (couverture du conjoint par ailleurs, notamment).
Chaque dispense doit être documentée par écrit : c'est l'employeur qui supporte la charge de la preuve en cas de contrôle URSSAF. Pour les modalités pratiques, consultez notre guide des cas de dispense.
Qui impose quoi : le récapitulatif
Trois niveaux à distinguer : ce que la loi impose à tous, ce que la nouvelle convention de la métallurgie ajoute, et ce qui relève de votre libre choix d'employeur.
La loi (ANI)
Applicable à toute entreprise du privé
- Mutuelle collective obligatoirePour tous les salariés, depuis 2016
- Panier de soins minimumTicket modérateur, forfait hospitalier, dentaire et optique de base
- Participation ≥ 50 %Financement employeur de la cotisation
La convention métallurgie
S'ajoute à la loi pour l'IDCC 3248
- Socle santé renforcéGaranties minimales de l'annexe 9, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2023
- Prévoyance obligatoireIncapacité, invalidité, décès et rente éducation, cotisations minimales employeur
- Solidarité de branche2 % des cotisations affectés à la prévention et à la couverture des alternants
Votre choix
Là où vous gardez la main
- L'organisme assureurLabellisé ≠ imposé : tout assureur conforme au socle convient
- La couverture des ayants droitFacultative ou obligatoire, selon la structure de cotisation retenue
- Le niveau de participation50 % est un plancher, pas un plafond
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Le code IDCC 3248 figure sur les bulletins de paie. Il couvre l'ensemble des activités métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques.
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Questions fréquentes — Métallurgie
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Obligations de l'employeur
Le socle légal commun à toutes les entreprises du privé.
Sources
- Convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (IDCC 3248), étendue par arrêté du 14 décembre 2022 — Légifrance
- Accord du 7 février 2022 relatif à la gouvernance et aux garanties du régime de protection sociale complémentaire, et son annexe 9 (garanties minimales santé et prévoyance) — Légifrance
- UIMM — La Fabrique de l'Avenir, dispositif labellisé Cœur Industrie (santé et prévoyance métallurgie)
- Éditions Tissot, « Mutuelle et prévoyance dans la métallurgie : les nouvelles dispositions entrées en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2023 »