Mutuelle activités du déchet (IDCC 2149) : pas de régime santé de branche, mais un contrat décès-invalidité à 1 % et un maintien de salaire jusqu'à 180 jours
La convention collective des activités du déchet (IDCC 2149) ne contient aucun accord de frais de santé : la mutuelle de l'entreprise relève du seul socle légal, avec 50 % à la charge de l'employeur. En revanche, elle impose trois choses que la loi n'exige pas : un contrat décès-invalidité financé par une cotisation d'au moins 1 %, dont les trois cinquièmes pour l'employeur, avec depuis le 1ᵉʳ mai 2026 une rente d'invalidité minimale de 20 ou 25 % du salaire ; un maintien de salaire nettement supérieur au minimum légal, versé dès le quatrième jour d'arrêt ; et un régime d'inaptitude à la conduite pour les conducteurs.
La branche en bref
IDCC 2149- Convention
- Convention collective nationale des activités du déchet du 11 mai 2000, étendue le 5 juillet 2001, intégralement réécrite par l'avenant n° 62 du 16 avril 2019, étendu par arrêté du 5 février 2021
- IDCC
- 2149 — collecte et acheminement des déchets de toutes natures, tri et déchetteries, valorisation, traitement, incinération et stockage, nettoiement de voirie et curage des égouts
- Régime santé
- Aucun accord de branche : le socle légal s'applique seul (panier de soins, 50 % employeur, dispenses de droit commun)
- Régime prévoyance
- Article 6.15 : contrat décès-invalidité obligatoire, cotisation d'au moins 1 %, réécrit par l'avenant n° 80 du 4 juin 2025, étendu le 18 mars 2026, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2026
- Maintien de salaire
- Articles 2.17 à 2.17.3 : après 1 an d'ancienneté, de 90 à 180 jours en maladie et 180 jours en accident du travail, barème propre aux cadres
- Organisme recommandé
- Aucun. Seule l'inaptitude à la conduite est rattachée à une institution, l'IPRIAC, par l'annexe III de 1986
- 1 %
- de cotisation minimale pour le contrat décès-invalidité, dont 3/5 pour l'entreprise et 2/5 pour le salarié : 20 € par mois sur 2 000 € brut, soit 12 € et 8 €
- 20 à 25 %
- du salaire brut en rente d'invalidité minimale depuis le 1ᵉʳ mai 2026 : 20 % en 2ᵉ catégorie, 25 % en 3ᵉ catégorie, en plus de la pension de la sécurité sociale
- 90 à 180 jours
- de maintien de salaire en maladie à 90 puis 80 % pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, dès le 4ᵉ jour d'arrêt
- 50 %
- de participation minimale de l'employeur à la mutuelle : c'est la règle légale, la branche n'ayant fixé ni garanties ni tarif en frais de santé
En santé, la branche ne dit rien : le socle légal s'applique
Aucun des 112 textes attachés à la convention ne porte sur les frais de santé. L'entreprise doit donc une mutuelle collective couvrant le panier de soins légal, financée au moins à moitié, avec les dispenses de droit commun. Elle choisit seule ses garanties, son tarif et son assureur.
Un contrat décès-invalidité obligatoire, avec un plancher depuis mai 2026
L'article 6.15 impose à toute entreprise de souscrire pour son personnel un contrat décès-invalidité financé par au moins 1 % de cotisation, 0,60 % pour l'employeur et 0,40 % pour le salarié. L'avenant n° 80 y ajoute une rente d'invalidité minimale de 20 % en 2ᵉ catégorie et de 25 % en 3ᵉ catégorie.
Un maintien de salaire bien au-dessus du minimum légal
Après un an d'ancienneté, le salarié non cadre est indemnisé dès le quatrième jour d'arrêt, à 90 puis 80 % de son salaire, pendant 90 à 180 jours selon son ancienneté, et pendant 180 jours dès le premier jour après un accident du travail. Le cadre perçoit 100 % pendant trois à six mois puis 50 %.
Vos obligations
Ce que la convention des activités du déchet (IDCC 2149) impose au-delà de la loi
La convention collective nationale des activités du déchet couvre la collecte et l'acheminement des déchets ménagers, industriels ou de soins, l'exploitation des déchetteries et des centres de tri, la valorisation, le compostage, l'incinération, le stockage, ainsi que le nettoiement de voirie et le curage des égouts. Signée le 11 mai 2000, elle a été entièrement réécrite « à droit constant » par l'avenant n° 62 du 16 avril 2019, étendu par arrêté du 5 février 2021 : c'est ce texte, et sa numérotation, qui s'appliquent aujourd'hui.
En matière de protection sociale, la branche se distingue par ce qu'elle n'a pas négocié. Nous avons parcouru la liste complète des textes rattachés à la convention : on n'y trouve aucun accord de frais de santé, aucun régime de prévoyance mutualisé, aucun tableau de garanties, aucun organisme recommandé. La mutuelle obligatoire relève donc uniquement de la loi : panier de soins ANI, participation de l'employeur d'au moins 50 %, dispenses de droit commun.
Trois obligations conventionnelles existent en revanche. La première est le contrat décès-invalidité de l'article 6.15 : toute entreprise doit l'avoir souscrit pour l'ensemble de son personnel, avec une cotisation globale d'au moins 1 %, répartie à raison de trois cinquièmes pour l'employeur et deux cinquièmes pour le salarié. L'avenant n° 80 du 4 juin 2025, étendu par arrêté du 18 mars 2026 et entré en vigueur le 1ᵉʳ mai 2026, a fixé pour la première fois un contenu minimal à ce contrat : une rente de 20 % du salaire en invalidité de 2ᵉ catégorie et de 25 % en 3ᵉ catégorie. La deuxième est le maintien de salaire des articles 2.17 à 2.17.3, plus généreux que le code du travail sur la carence, les taux et les durées. La troisième concerne les conducteurs : l'annexe III rattache la branche au régime d'inaptitude à la conduite créé dans le transport.
| Disposition | Ce que ça implique | Statut |
|---|---|---|
| Complémentaire santé | Aucun accord de branche : mutuelle collective au niveau du panier de soins légal, pour tous les salariés, sans garanties ni tarif conventionnels | Obligatoire (loi) |
| Financement santé | Employeur au moins 50 % de la cotisation du salarié ; aucune répartition ni cotisation plancher fixée par la convention | Obligatoire (loi) |
| Contrat décès-invalidité (art. 6.15) | Obligatoire pour tout le personnel, auprès d'un organisme de la loi Évin : institution de prévoyance, mutuelle ou société d'assurance | Imposé par la branche |
| Financement du contrat | Cotisation globale d'au moins 1 %, dont 3/5 employeur (0,60 %) et 2/5 salarié (0,40 %) | Imposé par la branche |
| Rente d'invalidité minimale | Depuis le 1ᵉʳ mai 2026 : 20 % du salaire brut en 2ᵉ catégorie, 25 % en 3ᵉ catégorie, en complément de la pension de la sécurité sociale | Imposé par la branche |
| Maintien de salaire (art. 2.17) | Après 1 an d'ancienneté : 90 à 180 jours en maladie dès le 4ᵉ jour, 180 jours en AT/MP dès le 1ᵉʳ jour ; cadres 100 % puis 50 % | Imposé par la branche |
| Choix de l'assureur | Aucun organisme recommandé ni imposé, en santé comme en prévoyance | Vous restez libre |
Régime santé
Mutuelle dans les activités du déchet (IDCC 2149) : le socle légal, faute d'accord de branche
Beaucoup de branches ont négocié, depuis 2016, un régime de frais de santé avec un tableau de garanties et une cotisation de référence. Ce n'est pas le cas des activités du déchet : la convention ne contient ni garanties, ni tarif, ni répartition, ni ancienneté, ni organisme en santé. Cela ne dispense de rien : l'article L. 911-7 du code de la sécurité sociale oblige toute entreprise, dès son premier salarié, à proposer une couverture collective à l'ensemble de son personnel, sans condition d'ancienneté.
Cette couverture doit atteindre au minimum le panier de soins légal : l'intégralité du ticket modérateur sur les consultations, les actes et la pharmacie remboursable, le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée, les soins dentaires prothétiques et l'orthodontie à 125 % de la base de remboursement, un forfait optique de 100, 150 ou 200 € selon la correction, et les paniers du 100 % santé sans reste à charge. Le contrat doit être « responsable » pour conserver les exonérations de cotisations sociales.
Dans une branche où les ouvriers sont très majoritaires, équipiers de collecte, conducteurs, agents de tri, opérateurs d'unité de traitement, et où les accidents du travail et les troubles musculo-squelettiques pèsent lourd, beaucoup d'entreprises vont au-delà du socle : dépassements d'honoraires en chirurgie, kinésithérapie et ostéopathie, appareillage, optique renforcée. Les grands groupes du secteur ont en général un accord d'entreprise ou de groupe ; les PME passent le plus souvent par une décision unilatérale. Dans les deux cas, l'acte doit préciser les bénéficiaires, le niveau de garanties, la répartition et les dispenses. Celles-ci sont celles du droit commun : salariés en CDD ou en mission de moins de trois mois avec couverture individuelle responsable, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, salariés déjà couverts à titre obligatoire, y compris comme ayants droit, temps partiels dont la cotisation atteindrait 10 % du salaire brut, apprentis, contrat individuel jusqu'à son échéance.
| Point | Règle applicable | Statut |
|---|---|---|
| Accord de branche | Aucun : ni garanties, ni cotisation, ni organisme recommandé dans les textes de la convention | Vous restez libre |
| Bénéficiaires | Tous les salariés, dès l'embauche, sans condition d'ancienneté (article L. 911-7 du code de la sécurité sociale) | Obligatoire (loi) |
| Garanties minimales | Ticket modérateur intégral, forfait journalier hospitalier illimité, dentaire à 125 %, optique 100 / 150 / 200 €, paniers 100 % santé | Obligatoire (loi) |
| Contrat responsable | Planchers et plafonds de prise en charge à respecter pour conserver les exonérations sociales et fiscales | Obligatoire (loi) |
| Dispenses | Celles du droit commun, sur demande écrite et justificatif : CDD courts, complémentaire santé solidaire, couverture obligatoire par ailleurs, temps partiels, apprentis | Obligatoire (loi) |
| Ayants droit | Conjoint et enfants : couverture facultative ou obligatoire, au choix de l'entreprise | Vous restez libre |
| Niveau de garanties | Libre au-dessus du socle : renforts utiles en hospitalisation, kinésithérapie, appareillage et optique pour des métiers physiques | Vous restez libre |
Cotisations santé
Combien coûte la mutuelle d'une entreprise du déchet, et qui paie quoi
La convention ne fixant aucune cotisation de référence, il n'existe pas de « tarif de branche » pour la mutuelle des activités du déchet, ni en pourcentage du plafond de la sécurité sociale, ni en euros. Le prix dépend uniquement du contrat négocié par l'entreprise : niveau de garanties, âge moyen et composition familiale des salariés, région, part d'ouvriers, sinistralité lorsque l'effectif est important.
La seule règle de financement est légale : l'employeur prend à sa charge au moins 50 % de la cotisation correspondant à la couverture obligatoire du salarié. Rien n'interdit d'aller plus loin, sur la part du salarié comme sur celle de sa famille ; dans un secteur qui recrute difficilement des conducteurs et des équipiers de collecte, une participation de 60 % ou plus est un argument d'embauche. La part patronale est exonérée de cotisations sociales dans les limites prévues par le code de la sécurité sociale, soumise à la CSG et à la CRDS, et au forfait social de 8 % à partir de 11 salariés.
Faute de grille conventionnelle, la comparaison des offres se fait ligne à ligne : à cotisation égale, deux contrats peuvent différer fortement sur les dépassements d'honoraires, les prothèses dentaires hors panier sans reste à charge ou les médecines douces. Pensez aussi au coût de la portabilité, mutualisé dans la cotisation des actifs, et au maintien des garanties pendant les arrêts de travail indemnisés, fréquents dans la branche.
| Poste | Règle | Statut |
|---|---|---|
| Cotisation de référence | Aucune dans la convention : tarif librement négocié avec l'assureur | Vous restez libre |
| Part de l'employeur | Au moins 50 % de la cotisation obligatoire du salarié | Obligatoire (loi) |
| Part du salarié | Le solde, précompté sur le bulletin de paie | Obligatoire (loi) |
| Participation supérieure | Possible sans limite conventionnelle, sur le salarié ou ses ayants droit | Vous restez libre |
| Options et surcomplémentaire | Facultatives, à la charge du salarié sauf décision contraire de l'entreprise | Vous restez libre |
| Régime social | Part patronale exonérée dans les limites légales, CSG-CRDS due, forfait social de 8 % à partir de 11 salariés | Obligatoire (loi) |
Arrêt de travail
Maintien de salaire dans les activités du déchet (IDCC 2149) : barème par catégorie
L'article 2.17 ouvre le maintien de salaire à tout salarié ayant un an d'ancienneté dans l'entreprise, appréciée au premier jour d'absence, en cas de maladie, d'accident du travail ou de maladie professionnelle constaté par certificat médical. Le salarié doit justifier de son incapacité dans les 48 heures, être pris en charge par la sécurité sociale et être soigné en France ou dans l'Espace économique européen ; l'employeur peut faire procéder à une contre-visite.
Le délai de carence dépend de la catégorie et du motif. L'indemnisation est due dès le premier jour après un accident du travail ou une maladie professionnelle, ou lorsque le salarié est hospitalisé pour maladie pendant au moins trois jours. Dans les autres cas, elle démarre au quatrième jour d'absence pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, c'est-à-dire les niveaux I à IV-2 de la classification, et au premier jour pour les cadres, à partir du niveau V. La loi, elle, ne prévoit le complément de l'employeur qu'à partir du huitième jour.
Pour les non-cadres, le barème en maladie va de 30 jours à 90 % suivis de 60 jours à 80 % entre un et six ans d'ancienneté, jusqu'à 180 jours à 90 % à partir de 25 ans. Après un accident du travail ou une maladie professionnelle, la durée est toujours de 180 jours, et le taux monte à 100 % pour les 120 premiers jours à partir de 15 ans d'ancienneté, puis pour toute la période à partir de 25 ans. Les cadres perçoivent 100 % de leur rémunération pendant trois mois puis 50 % pendant les trois mois suivants, chacune de ces périodes étant allongée d'un mois par tranche de cinq années de présence, dans la limite de six mois chacune.
L'article 2.17.3 précise l'assiette : le salaire de base et les primes que le salarié aurait perçus en travaillant, selon l'horaire collectif, à l'exclusion des primes de rendement, d'assiduité, des primes non mensuelles, des primes non proratisées en cas d'absence et des éléments non soumis à cotisations. Les indemnités journalières de la sécurité sociale et les prestations des régimes de prévoyance souscrits par l'employeur sont déduites, et le total perçu ne peut jamais dépasser le salaire net d'activité. Si la sécurité sociale réduit ses indemnités, pour hospitalisation ou à titre de sanction, elles sont réputées versées intégralement. Les durées s'apprécient sur les douze mois antérieurs, séparément pour la maladie et pour l'accident du travail.
| Ancienneté | Maladie · accident du travail et maladie professionnelle | Statut |
|---|---|---|
| 1 an à moins de 3 ans | Maladie : 30 jours à 90 % puis 60 jours à 80 % · AT/MP : 30 jours à 90 % puis 150 jours à 80 % | Imposé par la branche |
| 3 ans à moins de 6 ans | Maladie : 30 jours à 90 % puis 60 jours à 80 % · AT/MP : 60 jours à 90 % puis 120 jours à 80 % | Imposé par la branche |
| 6 ans à moins de 8 ans | Maladie : 40 jours à 90 % puis 50 jours à 80 % · AT/MP : 60 jours à 90 % puis 120 jours à 80 % | Imposé par la branche |
| 8 ans à moins de 15 ans | Maladie : 90 jours à 90 % puis 30 jours à 80 % · AT/MP : 120 jours à 90 % puis 60 jours à 80 % | Imposé par la branche |
| 15 ans à moins de 25 ans | Maladie : 90 jours à 90 % puis 60 jours à 80 % · AT/MP : 120 jours à 100 % puis 60 jours à 80 % | Imposé par la branche |
| 25 ans et plus | Maladie : 180 jours à 90 % · AT/MP : 180 jours à 100 % | Imposé par la branche |
| Cadres (à partir du niveau V) | 100 % pendant 3 mois puis 50 % pendant 3 mois, sans carence ; + 1 mois par période tous les 5 ans de présence, maximum 6 mois + 6 mois | Imposé par la branche |
Régime prévoyance
Prévoyance des activités du déchet (IDCC 2149) : décès, invalidité, inaptitude à la conduite et accident du travail
La branche n'a pas bâti de régime de prévoyance mutualisé, avec une grille de capitaux, de rentes et d'indemnités journalières, comme l'ont fait la propreté ou les transports. Elle s'en tient à une obligation de s'assurer. L'article 6.15, dans sa rédaction issue de l'avenant n° 80 du 4 juin 2025, impose aux entreprises de souscrire au profit de leurs personnels, donc toutes catégories confondues et sans condition d'ancienneté, un contrat couvrant les risques décès et invalidité auprès d'un organisme visé à l'article 1ᵉʳ de la loi du 31 décembre 1989 : institution de prévoyance, mutuelle ou société d'assurance. Les signataires ont précisé que l'avenant s'applique quelle que soit la taille de l'entreprise, sans aménagement pour les moins de 50 salariés.
Jusqu'au 30 avril 2026, la convention ne fixait que le prix de ce contrat, pas son contenu. Depuis le 1ᵉʳ mai 2026, la garantie d'invalidité a un plancher : une rente de 20 % du salaire brut servant au calcul des prestations de la sécurité sociale en cas de classement en 2ᵉ catégorie, et de 25 % en 3ᵉ catégorie, versée en complément de la pension de la sécurité sociale. Pour un salarié en 2ᵉ catégorie, dont la pension est de 50 % du salaire annuel moyen, le revenu de remplacement atteint ainsi 70 % ; pour un salaire de référence de 2 400 € par mois, la rente conventionnelle représente 480 €, et 600 € en 3ᵉ catégorie. L'invalidité de 1ʳᵉ catégorie n'est pas visée par le plancher. Le montant du capital décès, lui, reste libre : il résulte du contrat souscrit, dans la limite de ce que finance la cotisation.
Pour les cadres et assimilés relevant des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017, l'article 6.15 rappelle l'obligation nationale : une cotisation exclusivement patronale d'au moins 1,50 % de la tranche de salaire inférieure au plafond de la sécurité sociale, affectée en priorité au décès. Dans la classification de la branche, les cadres se situent à partir du niveau V.
Deux dispositifs complètent ce socle. Pour le personnel de conduite, l'annexe III, issue du protocole du 21 juillet 1986 et en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 1987, a fait adhérer la branche au régime de prévoyance de l'inaptitude permanente à la conduite reconnue médicalement, créé dans le transport par le protocole du 24 septembre 1980 et géré par l'institution paritaire IPRIAC. Le taux et les prestations relèvent du règlement de cette institution, non de la convention. Pour les victimes d'accident du travail ou de maladie professionnelle, l'article 2.15.2 interdit la rupture du contrat quelle que soit la durée de l'arrêt avant consolidation, et l'article 2.16 maintient dans leur emploi les salariés titulaires d'une rente, avec obligation de proposer un reclassement compatible avec leur état en cas d'inaptitude au poste. En maladie simple, l'absence n'est pas une cause de rupture pendant six mois ; au-delà, un licenciement n'est possible que si le remplacement définitif s'impose, et le salarié garde pendant cinq ans une priorité de réembauchage.
| Garantie | Niveau imposé | Statut |
|---|---|---|
| Bénéficiaires | L'ensemble du personnel, cadres et non-cadres, sans condition d'ancienneté, quelle que soit la taille de l'entreprise | Imposé par la branche |
| Décès | Garantie obligatoire ; montant du capital non fixé par la convention, déterminé par le contrat | Imposé par la branche |
| Invalidité de 2ᵉ catégorie | Rente d'au moins 20 % du salaire brut de référence de la sécurité sociale, en plus de la pension (soit 70 % au total) | Imposé par la branche |
| Invalidité de 3ᵉ catégorie | Rente d'au moins 25 % du salaire brut de référence, en plus de la pension et de la majoration pour tierce personne | Imposé par la branche |
| Incapacité temporaire | Aucune garantie assurée imposée : le maintien de salaire de l'article 2.17 est à la charge directe de l'employeur | Vous restez libre |
| Inaptitude à la conduite | Conducteurs : régime de l'annexe III (protocole du 21 juillet 1986), géré par l'IPRIAC | Imposé par la branche |
| Accident du travail, maladie professionnelle | Pas de rupture avant consolidation, maintien dans l'emploi des titulaires de rente, reclassement obligatoire en cas d'inaptitude | Imposé par la branche |
Cotisations prévoyance
Cotisation décès-invalidité : 1 % au minimum, trois cinquièmes pour l'employeur
L'article 6.15 fixe un taux global d'au moins 1 %, réparti à raison de trois cinquièmes à la charge de l'entreprise, soit 0,60 %, et de deux cinquièmes à la charge du salarié, soit 0,40 %. C'est un plancher de financement et non un tarif : si le contrat coûte davantage, parce qu'il comprend des garanties supplémentaires ou parce que la population assurée est âgée, la même clé de répartition s'applique à la cotisation affectée au décès et à l'invalidité. Le texte ne précise pas l'assiette ; en pratique, les contrats retiennent le salaire brut soumis à cotisations, tranches 1 et 2.
Sur un salaire brut de 2 000 €, le minimum conventionnel représente 20 € par mois, dont 12 € pour l'employeur et 8 € pour le salarié. Sur un salaire égal au plafond mensuel de la sécurité sociale, 4 005 € en 2026, il atteint 40,05 €, dont 24,03 € et 16,02 €. Pour un cadre, l'employeur doit en outre respecter le 1,50 % de la tranche 1 exclusivement à sa charge, soit jusqu'à 60,08 € par mois en 2026 : la part patronale du contrat de branche, 0,60 %, s'impute sur cette obligation si elle finance bien des garanties de prévoyance, et il reste alors 0,90 % à couvrir, en priorité en décès.
Le maintien de salaire, lui, ne fait l'objet d'aucune cotisation conventionnelle : l'employeur le supporte seul. Beaucoup d'entreprises ajoutent donc au contrat une garantie d'incapacité temporaire en relais, et une assurance des charges de mensualisation, dont la prime est entièrement patronale. La cotisation du régime d'inaptitude à la conduite est appelée par l'institution gestionnaire selon son propre règlement ; la convention ne la chiffre pas.
| Poste | Taux et répartition | Statut |
|---|---|---|
| Cotisation globale minimale | 1 % : employeur 0,60 % (3/5), salarié 0,40 % (2/5), toutes catégories | Imposé par la branche |
| Exemple à 2 000 € brut | 20 € par mois, dont 12 € employeur et 8 € salarié | Imposé par la branche |
| Exemple au plafond (4 005 €) | 40,05 € par mois, dont 24,03 € employeur et 16,02 € salarié | Imposé par la branche |
| Cadres et assimilés | En plus : 1,50 % de la tranche 1 à la charge exclusive de l'employeur, soit 60,08 € au maximum en 2026, en priorité sur le décès | Obligatoire (loi) |
| Incapacité temporaire, mensualisation | Aucune cotisation conventionnelle ; garantie facultative, à financer librement | Vous restez libre |
| Inaptitude à la conduite | Cotisation fixée par le règlement de l'institution gestionnaire, non par la convention | Imposé par la branche |
Choix de l'assureur
Aucun organisme recommandé : comment choisir sa mutuelle et sa prévoyance
Aucun texte de la branche ne recommande, et encore moins n'impose, un assureur pour la santé ou pour le contrat décès-invalidité. L'article 6.15 exige seulement que le contrat soit souscrit auprès d'un organisme habilité : institution de prévoyance, mutuelle ou société d'assurance. La seule institution nommée dans la convention est l'IPRIAC, pour l'inaptitude à la conduite, par un protocole de 1986 que l'arrêté d'extension du 5 juillet 2001 n'a étendu que sous réserve des règles de réexamen de la mutualisation prévues par l'article L. 912-1 du code de la sécurité sociale.
Cette liberté a un revers : il n'existe ni tarif mutualisé à l'échelle de la branche, ni fonds de solidarité, ni garantie d'acceptation. Une PME de collecte dont les salariés sont âgés ou souvent arrêtés est tarifée sur son propre risque. Il est donc utile de mettre plusieurs offres en concurrence et de regrouper santé et prévoyance lorsque cela améliore le prix, en vérifiant quatre points : le plancher d'invalidité de 20 et 25 %, la répartition trois cinquièmes et deux cinquièmes, le 1,50 % des cadres, et la reprise des arrêts et des invalidités en cours en cas de changement d'assureur.
Le secteur connaît une particularité : le transfert des contrats de travail lors d'un changement de titulaire de marché public, organisé par un accord de branche régulièrement révisé. Les salariés repris arrivent avec une ancienneté qui ouvre immédiatement droit au maintien de salaire, et parfois avec des arrêts en cours. Prévoyez-le dans le contrat, et formalisez les régimes par une décision unilatérale ou un accord d'entreprise à jour. Pour situer vos obligations par rapport à des branches voisines, vous pouvez comparer avec la propreté ou le transport routier, qui ont, elles, des régimes complets.
| Critère | Ce qu'il faut exiger | Statut |
|---|---|---|
| Organisme | Institution de prévoyance, mutuelle ou société d'assurance, au libre choix de l'entreprise | Vous restez libre |
| Conformité à l'article 6.15 | Décès et invalidité couverts, rentes d'au moins 20 % et 25 %, attestation écrite de l'assureur | Imposé par la branche |
| Répartition | 3/5 employeur et 2/5 salarié sur la cotisation décès-invalidité ; 50 % au minimum en santé | Imposé par la branche |
| Cadres | 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, majoritairement en décès | Obligatoire (loi) |
| Incapacité et mensualisation | À ajouter si l'entreprise ne veut pas porter seule 90 à 180 jours de maintien de salaire | Vous restez libre |
| Reprise des sinistres en cours | Arrêts et invalidités en cours, salariés transférés lors d'un changement de marché : à négocier dans le contrat | Vous restez libre |
| Formalisme | Décision unilatérale ou accord, notices d'information remises aux salariés, dispenses écrites | Obligatoire (loi) |
Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert
Dans les activités du déchet, la loi fixe seule le cadre de la mutuelle ; la convention ajoute un contrat décès-invalidité à 1 %, une rente d'invalidité minimale depuis mai 2026 et un maintien de salaire étendu, et laisse à l'entreprise le choix de l'assureur et du niveau de garanties.
Imposé par la loi
S'applique à toute entreprise employeur
- Mutuelle collective pour tous les salariésPanier de soins légal, contrat responsable
- Participation de l'employeur d'au moins 50 %Seule règle de financement en santé dans la branche
- Prévoyance des cadres à 1,50 % de la tranche 1À la charge exclusive de l'employeur, en priorité sur le décès
- Portabilité et acte de mise en placeJusqu'à 12 mois ; décision unilatérale ou accord
Imposé par la convention
Avenant n° 62 du 16 avril 2019 et avenant n° 80 du 4 juin 2025
- Contrat décès-invalidité pour tout le personnelArticle 6.15, sans condition d'ancienneté
- Cotisation d'au moins 1 %0,60 % employeur, 0,40 % salarié
- Rente d'invalidité de 20 ou 25 %2ᵉ et 3ᵉ catégories, depuis le 1ᵉʳ mai 2026
- Maintien de salaire des articles 2.17 à 2.17.390 à 180 jours, carence de 3 jours, aucune en AT/MP
Vous restez libre
Rien ne vous est imposé sur ces points
- L'assureurAucun organisme recommandé en santé ni en prévoyance
- Le niveau de la mutuelleGaranties, options et ayants droit au-dessus du socle
- Le montant du capital décèsNon fixé par la convention
- Une garantie d'incapacité temporairePour assurer le maintien de salaire et son relais
Mettre votre entreprise en règle, étape par étape
Vérifiez votre IDCC
2149 pour la collecte, le tri, le traitement, la valorisation des déchets et le nettoiement urbain ; certaines activités de déchets industriels spéciaux peuvent relever de la chimie.
Contrôlez votre contrat de prévoyance
Décès et invalidité couverts, rentes de 20 % et 25 %, cotisation d'au moins 1 % répartie 3/5 et 2/5, 1,50 % de la tranche 1 pour les cadres.
Choisissez le niveau de la mutuelle
Au minimum le panier de soins légal, 50 % employeur ; renforts adaptés à des métiers physiques.
Décidez d'assurer ou non le maintien de salaire
Barème de l'article 2.17.2 par ancienneté, 180 jours en accident du travail : chiffrez le risque avant de le porter seul.
Formalisez et informez
Décision unilatérale ou accord pour chaque régime, notices, dispenses écrites, paramétrage de la paie et de la subrogation.
Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.
Questions fréquentes, Activités du déchet
Non. La convention collective des activités du déchet (IDCC 2149) ne contient aucun accord de frais de santé : ni tableau de garanties, ni cotisation, ni organisme recommandé. La mutuelle reste obligatoire en vertu de la loi, pour tous les salariés dès l'embauche, au niveau du panier de soins légal, avec une participation de l'employeur d'au moins 50 %.
L'article 6.15 de la convention impose de souscrire, pour l'ensemble du personnel, un contrat couvrant le décès et l'invalidité auprès d'une institution de prévoyance, d'une mutuelle ou d'une société d'assurance. La cotisation globale ne peut pas être inférieure à 1 %, dont trois cinquièmes à la charge de l'entreprise et deux cinquièmes à la charge du salarié. Pour les cadres s'ajoute l'obligation nationale de 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur.
Il a réécrit l'article 6.15 pour fixer un contenu minimal à la garantie d'invalidité : une rente de 20 % du salaire brut servant au calcul des prestations de la sécurité sociale en 2ᵉ catégorie et de 25 % en 3ᵉ catégorie, en complément de la pension. Étendu par arrêté du 18 mars 2026, publié au Journal officiel du 2 avril 2026, il est en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2026 ; les entreprises dont le contrat était moins protecteur disposaient de six mois après l'extension pour s'aligner.
Au minimum 1 % du salaire : 0,60 % pour l'employeur et 0,40 % pour le salarié. Sur 2 000 € brut, cela représente 20 € par mois, dont 12 € pour l'entreprise et 8 € pour le salarié ; sur 4 005 €, le plafond mensuel de la sécurité sociale en 2026, 40,05 €, dont 24,03 € et 16,02 €. Il s'agit d'un plancher : un contrat plus complet coûte davantage, avec la même répartition sur la part décès et invalidité.
Après un an d'ancienneté, l'employeur complète les indemnités journalières à partir du quatrième jour d'absence, ou dès le premier jour en cas d'hospitalisation d'au moins trois jours. Entre un et six ans d'ancienneté, il garantit 90 % de la rémunération pendant 30 jours puis 80 % pendant 60 jours ; la durée passe à 120 jours à partir de huit ans, 150 jours à partir de quinze ans et 180 jours à 90 % à partir de vingt-cinq ans. Les durées s'apprécient sur douze mois glissants.
L'indemnisation démarre au premier jour d'absence et dure toujours 180 jours : 30 jours à 90 % puis 150 jours à 80 % entre un et trois ans d'ancienneté, 60 jours à 90 % puis 120 jours à 80 % entre trois et huit ans, 120 jours à 90 % puis 60 jours à 80 % entre huit et quinze ans, 120 jours à 100 % puis 60 jours à 80 % entre quinze et vingt-cinq ans, 180 jours à 100 % au-delà. Le contrat ne peut pas être rompu avant la consolidation, et le salarié titulaire d'une rente est maintenu dans son emploi ou reclassé.
Oui, pour le maintien de salaire : les cadres, classés à partir du niveau V, sont indemnisés dès le premier jour à 100 % pendant trois mois puis à 50 % pendant trois mois, chaque période étant augmentée d'un mois par tranche de cinq ans de présence, dans la limite de six mois chacune. En prévoyance, ils bénéficient du contrat décès-invalidité de l'article 6.15 comme les autres salariés, et l'employeur doit en plus consacrer 1,50 % de la tranche 1 de leur salaire à leur prévoyance, en priorité au décès.
Non, ni en santé ni pour le décès-invalidité : l'entreprise choisit librement son organisme. Seul le régime d'inaptitude à la conduite des conducteurs est rattaché à une institution, l'IPRIAC, par l'annexe III issue d'un protocole du 21 juillet 1986. En l'absence de tarif de branche, il est utile de comparer plusieurs offres et de faire attester par écrit la conformité du contrat à l'article 6.15.
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Sources : Convention collective nationale des activités du déchet du 11 mai 2000, IDCC 2149, étendue par arrêté du 5 juillet 2001, réécrite par l'avenant n° 62 du 16 avril 2019 (KALITEXT000039179294), étendu par arrêté du 5 février 2021 ; articles 2.15.1, 2.15.2, 2.16 et 2.17 à 2.17.3 (Légifrance, KALICONT000005635782) · Article 6.15 « Assurance décès - Invalidité » de la convention, modifié par l'avenant n° 80 du 4 juin 2025 relatif à la prise en charge de l'invalidité (KALITEXT000053576793, BOCC 2025-52), étendu par arrêté du 18 mars 2026, JORF du 2 avril 2026, en vigueur depuis le 1ᵉʳ mai 2026 · Accord du 16 juin 2010 relatif à l'indemnisation des absences pour maladie et accident (KALITEXT000023375093, étendu par arrêté du 18 juillet 2011), rendu permanent par l'avenant du 26 novembre 2014 (étendu par arrêté du 27 avril 2015) ; annexe III, protocole du 21 juillet 1986 sur le régime de prévoyance d'inaptitude à la conduite (KALITEXT000005687685) · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, D. 911-1, D. 911-2 et R. 242-1-6 du code de la sécurité sociale ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)