Convention collectiveIDCC 675

    Mutuelle enseigne d'habillement (IDCC 675) : aucun régime de branche, le socle légal à 50 %, et un maintien de salaire à 100 % de un à six mois

    La convention des maisons à succursales de vente au détail d'habillement (IDCC 675) ne contient ni régime frais de santé, ni régime de prévoyance chiffré : aucun tableau de garanties, aucun taux, aucun organisme recommandé. La mutuelle des enseignes relève donc du seul cadre légal, panier de soins et 50 % employeur, et la prévoyance de l'obligation nationale de 1,50 % de la tranche 1 pour les cadres. Ce que la branche impose réellement, c'est un maintien de salaire à 100 % dès le quatrième jour pour les employés, de un à cinq mois selon l'ancienneté, porté à six mois pour les cadres, et depuis 2024 la faculté de rattacher les agents de maîtrise de niveau 2 au régime des cadres.

    L'avenant du 10 avril 2024 intitulé « protection sociale complémentaire » ne crée aucun régime : il ouvre seulement aux entreprises la possibilité d'intégrer les agents de maîtrise de niveau 2 au régime des cadres, sous réserve de l'agrément de la commission paritaire de l'APEC.

    La branche en bref

    IDCC 675
    Convention
    Convention collective nationale des maisons à succursales de vente au détail d'habillement du 30 juin 1972, étendue par arrêté du 8 décembre 1972, avec ses avenants « Maîtrise » et « Cadres » du même jour
    IDCC
    675 — entreprises ou groupes d'établissements sous direction centrale commune exploitant au moins cinq fonds de commerce de vente au détail d'habillement et d'articles textiles, magasins et sièges
    Régime santé
    Aucun régime de branche : socle légal (article L. 911-7 du code de la sécurité sociale, panier de soins ANI, 50 % employeur)
    Régime prévoyance
    Aucun régime de branche chiffré : seule s'applique l'obligation nationale de 1,50 % de la tranche 1 pour les cadres (ANI du 17 novembre 2017) ; avenant du 10 avril 2024 sur le rattachement des agents de maîtrise de niveau 2
    Maintien de salaire
    Article 48 de la convention (employés), article 13 de l'avenant « Maîtrise », article 18 de l'avenant « Cadres » : de 1 à 6 mois à 100 % selon le statut et l'ancienneté
    Organisme recommandé
    Aucun, ni en santé ni en prévoyance : l'entreprise choisit librement son assureur
    5 magasins
    au moins, sous une direction centrale commune et les mêmes méthodes de gestion : c'est le seuil qui fait basculer une enseigne de la convention 1483 vers la convention 675
    50 %
    de la cotisation santé au minimum à la charge de l'employeur, sur un contrat responsable au moins égal au panier de soins, faute de tarif et de tableau de branche
    1 à 6 mois
    de maintien de salaire à 100 % après un an de présence : de 1 à 5 mois pour les employés et les agents de maîtrise, de 2 à 6 mois pour les cadres
    1,50 %
    de la tranche 1 à la charge de l'employeur pour la prévoyance des cadres, soit 60,08 € par mois pour un salaire au plafond en 2026, seule cotisation de prévoyance obligatoire dans la branche

    Ni mutuelle de branche, ni prévoyance de branche

    Le conteneur de la convention 675 ne renferme aucun accord frais de santé et aucun accord de prévoyance. L'enseigne doit un contrat responsable couvrant au moins le panier de soins, financé à 50 %, avec les dispenses réglementaires, et le 1,50 % de la tranche 1 pour ses cadres. Le niveau, les options et l'assureur sont libres.

    Un maintien de salaire à 100 %, différent pour chaque statut

    Après un an de présence, l'employé perçoit 100 % de son salaire à partir du quatrième jour d'arrêt pendant un à cinq mois selon l'ancienneté ; l'agent de maîtrise suit le même barème ; le cadre bénéficie de deux mois à 100 % et un mois à 75 %, jusqu'à six mois à 100 % après vingt ans. En accident du travail, l'ancienneté n'est pas exigée et l'indemnité court dès le deuxième jour.

    L'avenant de 2024 ne porte que sur les agents de maîtrise de niveau 2

    Étendu le 3 juillet 2024, il permet aux entreprises de la branche d'intégrer ces salariés au régime de protection sociale complémentaire des cadres, comme l'autorise le décret du 30 juillet 2021, sous réserve de l'agrément de la commission paritaire de l'APEC. Il ne fixe ni garantie, ni taux, ni répartition.

    Vos obligations

    Ce que la convention des maisons à succursales de l'habillement (IDCC 675) impose au-delà de la loi

    La loi impose à tout employeur une complémentaire santé collective couvrant au moins le panier de soins ANI, financée à 50 %. Beaucoup de branches du commerce y ont ajouté un tableau de garanties, un tarif et un organisme recommandé. La branche des enseignes d'habillement ne l'a pas fait : la liste complète des textes attachés à la convention du 30 juin 1972 ne comprend aucun accord frais de santé et aucun accord de prévoyance. Les négociations récentes ont porté sur les classifications (2016), les périodes d'essai, le temps partiel, l'égalité professionnelle, la formation et les salaires.

    Le seul texte intitulé « protection sociale complémentaire » est l'avenant du 10 avril 2024, étendu par arrêté du 3 juillet 2024. Son contenu est bref : il remplace l'ancien article 15 de l'avenant « Maîtrise », consacré aux retraites, par un article qui donne aux entreprises la faculté d'intégrer les agents de maîtrise de niveau 2 au régime de protection sociale complémentaire des cadres, sous réserve de l'agrément de la commission paritaire rattachée à l'APEC. Il ne crée ni régime santé, ni régime de prévoyance, et ne fixe aucun taux.

    En revanche, la convention et ses deux avenants catégoriels organisent un maintien de salaire nettement plus protecteur que le minimum légal : 100 % du salaire dès le quatrième jour d'arrêt pour les employés, pendant un à cinq mois selon l'ancienneté, et jusqu'à six mois pour les cadres. C'est ce poste, entièrement à la charge de l'employeur, qui constitue la véritable obligation de branche, et qu'un contrat de prévoyance permet de financer.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santéContrat responsable au moins égal au panier de soins ANI, 50 % employeur, dispenses réglementaires, portabilité : aucun tableau ni tarif de brancheObligatoire (loi)
    Maintien de salaire des employés (art. 48)Après 1 an de présence, à partir du 4ᵉ jour : de 1 mois à 100 % jusqu'à 5 mois à 100 % après 28 ans, dans la limite du salaire moyen des 12 derniers mois et du plafond de la sécurité socialeImposé par la branche
    Maintien de salaire des agents de maîtrise (art. 13 de l'avenant)Même barème de 1 à 5 mois à 100 %, tous éléments de salaire compris, sous déduction des indemnités journalières et des prestations de prévoyanceImposé par la branche
    Maintien de salaire des cadres (art. 18 de l'avenant)Après 1 an : 2 mois à 100 % et 1 mois à 75 % ; 3 mois à 100 % après 5 ans ; jusqu'à 6 mois à 100 % après 20 ansImposé par la branche
    Accident du travail (art. 49, 14 et 19)Mêmes barèmes sans condition d'ancienneté, indemnité versée à partir du 2ᵉ jour d'arrêtImposé par la branche
    Prévoyance des cadres1,50 % de la tranche 1 à la charge exclusive de l'employeur, affecté en priorité au décès (ANI du 17 novembre 2017) ; rien n'est prévu par la branche pour les non-cadresObligatoire (loi)
    Agents de maîtrise de niveau 2Rattachement possible au régime des cadres depuis l'avenant du 10 avril 2024, sous réserve de l'agrément de la commission paritaire de l'APECVous restez libre
    Attention
    Ne cherchez pas de grille de garanties ou de cotisation conventionnelle pour l'IDCC 675 : il n'en existe pas. Un contrat présenté comme « conforme à la convention des succursalistes de l'habillement » ne peut l'être qu'au regard du socle légal et du maintien de salaire conventionnel.

    Champ d'application

    Convention 675 ou convention 1483 : la frontière des cinq magasins

    Deux conventions se partagent le commerce de détail de l'habillement, et le critère qui les sépare est écrit dans les deux textes. L'article 1ᵉʳ de la convention du 30 juin 1972 vise les maisons de vente et sièges des entreprises à succursales dont l'activité principale est le commerce de détail de l'habillement et des articles textiles, à l'exclusion des tapis et moquettes. Il définit l'entreprise à succursales comme « l'entreprise ou le groupe d'établissements commerciaux placés sous une direction centrale commune qui exploite, suivant les mêmes méthodes de gestion commerciales et comptables, au moins cinq fonds de commerce de vente au détail d'habillement et d'articles textiles situés dans des lieux divers ».

    En miroir, l'article 1ᵉʳ de la convention du commerce de détail de l'habillement du 25 novembre 1987, dont la fiche habillement (IDCC 1483) détaille le régime, s'applique aux entreprises qui exploitent moins de cinq fonds de commerce et exclut expressément les entreprises à succursales, dans les mêmes termes. Ce texte ajoute une précision utile : une entreprise qui exploite plus de quatre magasins mais ne répond pas à la définition des maisons à succursales, faute de direction centrale commune ou de méthodes de gestion identiques, reste dans le champ de la convention 1483.

    Trois conditions doivent donc être réunies pour relever de la 675 : une activité principale de vente au détail d'habillement ou de textiles, au moins cinq points de vente situés en des lieux différents, et une gestion commerciale et comptable centralisée. Le seuil s'apprécie au niveau de l'entreprise ou du groupe d'établissements, et la convention couvre aussi le siège, les entrepôts et les fonctions d'achat ou de style, que la classification de 2016 répartit entre quatre filières : réseau et magasins, logistique, offre, administratif. Le texte ne dit rien de la franchise : le franchiseur qui exploite lui-même au moins cinq boutiques en propre entre dans la définition, tandis que le franchisé, entreprise juridiquement distincte, apprécie le seuil sur ses propres fonds de commerce.

    L'enjeu est concret pour la protection sociale. La convention 1483 impose une mutuelle de branche à 1,26 % du plafond et une prévoyance pour tous dès l'embauche ; la convention 675 n'impose ni l'une ni l'autre, mais prévoit un maintien de salaire à 100 % plus long. Une enseigne qui franchit le seuil des cinq magasins change de convention, et doit revoir son acte de mise en place. Les magasins de chaussures relèvent de la convention des détaillants en chaussures, et les magasins de sport de celle des articles de sport, y compris pour les vêtements de sport.

    Habillement : quelle convention pour quelle entreprise
    SituationConvention applicable et conséquencesStatut
    Au moins 5 magasins, direction centrale et gestion communesIDCC 675 : pas de régime santé ni prévoyance de branche, maintien de salaire à 100 % de 1 à 6 moisImposé par la branche
    Moins de 5 magasinsIDCC 1483 : mutuelle de branche à 1,26 % du PMSS financée à 50 %, prévoyance pour tous dès l'embaucheImposé par la branche
    Plus de 4 magasins sans direction centrale ni méthodes communesIDCC 1483, par précision expresse de son article 1ᵉʳImposé par la branche
    Siège, entrepôt, bureau de style d'une enseigne à succursalesIDCC 675 : la convention vise les maisons de vente et les siègesImposé par la branche
    Franchiseur exploitant 5 boutiques en propre ou plusIDCC 675 pour ses salariés ; le texte ne traite pas expressément de la franchiseImposé par la branche
    Franchisé indépendant de moins de 5 magasinsIDCC 1483 : le seuil s'apprécie sur les fonds qu'il exploite lui-mêmeImposé par la branche
    Activité principale réelleLe code NAF n'est qu'un indice : c'est l'activité effectivement exercée qui détermine la conventionObligatoire (loi)

    Régime santé

    Mutuelle d'une enseigne d'habillement (IDCC 675) : le socle légal, et comment le dimensionner

    Faute d'accord de branche, la complémentaire santé des maisons à succursales de l'habillement obéit au seul article L. 911-7 du code de la sécurité sociale. L'employeur doit proposer à tous ses salariés, sans condition d'ancienneté, un contrat collectif et responsable couvrant au moins le panier de soins : l'intégralité du ticket modérateur sur les consultations, actes et prestations remboursés, le forfait journalier hospitalier sans limite de durée, les soins dentaires prothétiques et d'orthodontie à 125 % de la base de remboursement, un forfait optique tous les deux ans de 100 € en verres simples, 150 € en équipement mixte et 200 € en verres complexes, et les équipements du 100 % Santé sans reste à charge.

    Les dispenses sont celles du code de la sécurité sociale, puisqu'aucun texte de branche ne les restreint ni ne les élargit. Les dispenses de plein droit concernent les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, les salariés couverts par un contrat individuel jusqu'à son échéance, les salariés déjà couverts à titre obligatoire, y compris comme ayants droit, et les salariés en CDD ou en mission dont la couverture collective durerait moins de trois mois et qui justifient d'une couverture responsable. L'acte de mise en place peut y ajouter les CDD et apprentis, ainsi que les temps partiels et apprentis dont la cotisation atteindrait 10 % de leur rémunération brute. Ce point compte dans une branche où le temps partiel et les contrats courts de saison sont fréquents : la demande de dispense est écrite, et conservée.

    Les salariés en contrat de trois mois au plus ou à temps très partiel qui se dispensent peuvent prétendre au versement santé, une aide de l'employeur au financement de leur contrat individuel responsable. La portabilité maintient gratuitement la couverture des anciens salariés indemnisés par l'assurance chômage pendant une durée égale au dernier contrat, dans la limite de douze mois, et l'article 4 de la loi Évin permet ensuite aux retraités et aux anciens salariés de conserver le contrat à leurs frais.

    Le niveau de garanties est donc un choix d'entreprise. Les grandes enseignes disposent souvent d'un accord d'entreprise ou de groupe ; les réseaux de taille moyenne passent par une décision unilatérale de l'employeur. Un repère de construction : les conventions voisines du commerce de détail, dont la 1483, ont retenu un régime de base proche du panier légal renforcé sur le dentaire et l'optique, complété d'une option facultative.

    Complémentaire santé : ce qui s'impose à une enseigne de la convention 675
    PointRègle applicableStatut
    BénéficiairesTous les salariés dès l'embauche, magasins, siège et entrepôts, sans condition d'anciennetéObligatoire (loi)
    Garanties minimalesPanier de soins ANI dans un contrat responsable : ticket modérateur, forfait journalier illimité, dentaire à 125 %, optique 100 / 150 / 200 €, 100 % SantéObligatoire (loi)
    Dispenses de plein droitComplémentaire santé solidaire, contrat individuel jusqu'à échéance, couverture obligatoire par ailleurs, CDD de moins de 3 mois couvertsObligatoire (loi)
    Dispenses à prévoir dans l'acteCDD et apprentis, temps partiels et apprentis dont la cotisation atteint 10 % du brut, sur demande écrite et justificatifVous restez libre
    Versement santéDû aux salariés en contrat court ou à temps très partiel dispensés et couverts par un contrat individuel responsableObligatoire (loi)
    Portabilité et loi ÉvinJusqu'à 12 mois après une rupture ouvrant droit au chômage, puis maintien individuel à la charge de l'ancien salariéObligatoire (loi)
    Niveau, options, ayants droit, assureurLibres : aucun tableau, aucune option et aucun organisme de brancheVous restez libre

    Cotisations santé

    Combien coûte la mutuelle dans une enseigne d'habillement, et qui paie quoi

    Aucun accord de la convention 675 ne fixe de cotisation santé : il n'existe ni tarif de branche, ni pourcentage du plafond, ni montant en euros opposable. Le prix est celui du contrat que l'entreprise négocie, et dépend du niveau de garanties, de l'âge moyen des salariés, de la localisation des magasins et de la structure de cotisation retenue, salarié seul ou famille.

    La seule règle chiffrée est légale : l'employeur finance au moins 50 % de la cotisation correspondant à la couverture obligatoire du salarié. Cette part se calcule sur le socle obligatoire de l'entreprise, et non sur le seul panier de soins : si l'enseigne retient un niveau supérieur à titre obligatoire, elle en paie au moins la moitié. Les options facultatives et la couverture facultative du conjoint ou des enfants peuvent rester entièrement à la charge du salarié. Le taux de participation doit être uniforme pour tous les salariés d'une même catégorie objective.

    À titre de comparaison, et sans que ces chiffres s'imposent aux succursalistes, la convention voisine du commerce de détail de l'habillement fixe sa base à 1,26 % du PMSS, soit 50,46 € par mois en 2026, partagés à moitié. Une enseigne de la convention 675 qui proposerait moins que cette référence resterait en règle dès lors qu'elle respecte le panier de soins ; elle s'exposerait toutefois à un écart visible lors d'un recrutement ou du rachat de boutiques indépendantes.

    La part patronale est exclue de l'assiette des cotisations de sécurité sociale dans les limites réglementaires, à condition que le régime soit collectif, obligatoire et formalisé par un acte régulier. Elle reste soumise à la CSG et à la CRDS, ainsi qu'au forfait social de 8 % dans les entreprises d'au moins onze salariés, et elle est réintégrée dans le revenu imposable du salarié.

    Financement de la complémentaire santé (aucun taux de branche)
    PosteRègleStatut
    Cotisation de brancheAucune : ni pourcentage du PMSS, ni montant conventionnelVous restez libre
    Part employeur50 % au minimum de la couverture obligatoire du salarié, taux uniforme dans la catégorieObligatoire (loi)
    Niveau supérieur rendu obligatoirePossible par DUE ou accord ; l'employeur en finance alors au moins la moitiéVous restez libre
    Options et ayants droit facultatifsÀ la charge du salarié, sauf participation décidée par l'entrepriseVous restez libre
    Repère voisin (IDCC 1483)1,26 % du PMSS = 50,46 € par mois en 2026, partagés à moitié : non applicable aux succursalistes, utile comme point de comparaisonVous restez libre
    Régime socialExonération de cotisations dans les limites réglementaires ; CSG-CRDS et forfait social de 8 % à partir de 11 salariésObligatoire (loi)

    Arrêt de travail

    Maintien de salaire des succursalistes de l'habillement (IDCC 675) : trois barèmes, un par statut

    Pour les employés, l'article 48 de la convention garantit, à ceux qui comptent au moins un an de présence dans l'entreprise et perçoivent les indemnités journalières de la sécurité sociale, une indemnité complémentaire à partir du quatrième jour d'absence, calculée de façon qu'ils perçoivent 100 % de leur salaire pendant un mois après un an de présence, un mois à 100 % et un mois à 75 % après trois ans, deux mois à 100 % après cinq ans, deux mois et demi après huit ans, trois mois après treize ans, trois mois et demi après dix-huit ans, quatre mois après vingt-trois ans et cinq mois après vingt-huit ans. Le total perçu, indemnités journalières, mutuelle et prévoyance comprises, ne peut dépasser ni le salaire mensuel moyen des douze mois précédant l'arrêt, ni le plafond de la sécurité sociale, soit 4 005 € par mois en 2026.

    Les agents de maîtrise suivent le même barème en durée et en taux, fixé par l'article 13 de leur avenant, « tous éléments de salaire compris ». Le texte ne reprend pas la mention du quatrième jour : l'indemnité complète les indemnités journalières de la sécurité sociale et, le cas échéant, celles d'un régime de prévoyance. Les cadres relèvent de l'article 18 de leur avenant : deux mois à 100 % et un mois à 75 % après un an de présence, trois mois à 100 % après cinq ans, trois mois à 100 % et un mois à 75 % après dix ans, quatre mois à 100 % et un mois à 75 % après quinze ans, six mois à 100 % après vingt ans.

    En accident du travail, les articles 49 de la convention, 14 de l'avenant « Maîtrise » et 19 de l'avenant « Cadres » appliquent les mêmes barèmes sans condition d'ancienneté, l'indemnité étant versée à partir du deuxième jour d'arrêt. Dans tous les cas, le salarié doit adresser son certificat médical dans les 48 heures, sauf force majeure, et l'employeur peut faire procéder à une contre-visite. Les durées s'apprécient par année, décomptée à partir de la date anniversaire de l'entrée dans l'entreprise : plusieurs arrêts dans la même année ne peuvent ouvrir droit à plus que la durée correspondant à l'ancienneté.

    L'article 52 fixe la base de calcul : la moyenne mensuelle de l'ensemble des rémunérations soumises à cotisations perçues pendant les douze mois précédant l'arrêt, ce qui inclut les primes et les commissions sur ventes. La convention protège aussi l'emploi : un employé ayant deux ans de présence ne peut être licencié pendant les trois premiers mois de sa maladie, un agent de maîtrise pendant les trois premiers mois et toute la période d'indemnisation, un cadre pendant la période d'indemnisation, et le salarié licencié en raison de son absence bénéficie d'une priorité de réembauchage de six mois ou un an.

    Barèmes conventionnels de maintien de salaire (sous déduction des indemnités journalières)
    Statut et anciennetéDurée et tauxStatut
    Employés et agents de maîtrise, après 1 an1 mois à 100 %Imposé par la branche
    Employés et agents de maîtrise, après 3 ans1 mois à 100 % puis 1 mois à 75 %Imposé par la branche
    Employés et agents de maîtrise, après 5 et 8 ans2 mois à 100 %, puis 2,5 mois à 100 %Imposé par la branche
    Employés et agents de maîtrise, après 13, 18, 23 et 28 ans3 mois, 3,5 mois, 4 mois puis 5 mois à 100 %Imposé par la branche
    Cadres, après 1 an et 5 ans2 mois à 100 % et 1 mois à 75 %, puis 3 mois à 100 %Imposé par la branche
    Cadres, après 10, 15 et 20 ans3 mois à 100 % et 1 mois à 75 % ; 4 mois à 100 % et 1 mois à 75 % ; 6 mois à 100 %Imposé par la branche
    Délai de carenceEmployés : indemnité à partir du 4ᵉ jour en maladie ; tous statuts : à partir du 2ᵉ jour en accident du travail, sans condition d'anciennetéImposé par la branche
    Attention
    Le barème conventionnel est plus généreux en taux que le maintien légal, mais parfois plus court : après un an, la loi prévoit 30 jours à 90 % puis 30 jours à 66,67 %, à partir du huitième jour. Une fois le mois conventionnel à 100 % épuisé, vérifiez si le salarié conserve un droit légal pour la période restante, et appliquez la formule la plus favorable période par période.

    Régime prévoyance

    Prévoyance des maisons à succursales (IDCC 675) : l'obligation des cadres, l'avenant de 2024 et le vide pour les non-cadres

    La convention ne prévoit aucune garantie de prévoyance : ni capital décès, ni rente, ni indemnité journalière complémentaire assurée, ni rente d'invalidité, pour aucune catégorie. Ses textes de 1972 se bornent à évoquer, dans les articles sur la maladie, les prestations éventuelles d'un « régime de prévoyance des cadres », d'un régime « des assimilés cadres » ou de « tout autre régime obligatoire dans l'entreprise », qui viennent en déduction du maintien de salaire. Aucun régime antérieur n'a donc existé au niveau de la branche, et aucune désignation d'organisme n'a jamais été prononcée.

    Pour les cadres, c'est l'ANI du 17 novembre 2017, qui a repris l'article 7 de la convention nationale de 1947, qui s'applique : l'employeur verse une cotisation de 1,50 % de la tranche 1 du salaire, à sa charge exclusive, affectée en priorité à la couverture du décès. Pour un cadre rémunéré 3 000 € brut, cela représente 45 € par mois ; au plafond, 60,08 €. L'employeur qui ne peut justifier de ce contrat au décès d'un cadre doit aux ayants droit un capital égal à trois plafonds annuels, soit 144 180 € en 2026. Dans la classification du 20 juin 2016, les cadres occupent les trois niveaux supérieurs de la grille à neuf niveaux : directeur de magasin, responsable de secteur, directeur régional, acheteur, chef de produit.

    L'avenant du 10 avril 2024 traite du cas des agents de maîtrise de niveau 2, responsables de magasin ou de rayon selon les emplois repères. Depuis le décret du 30 juillet 2021 sur les catégories objectives, des non-cadres ne peuvent être intégrés à la catégorie des cadres pour la protection sociale complémentaire que si un accord de branche le prévoit et si la commission paritaire de l'APEC l'agrée. L'avenant ouvre cette faculté : l'entreprise peut, sans y être tenue, faire bénéficier ces salariés du régime de ses cadres sans remettre en cause le caractère collectif du contrat. Les agents de maîtrise de niveau 1 et les employés restent des non-cadres. L'avenant devait entrer en vigueur à l'agrément de l'APEC, et au plus tard le 1ᵉʳ janvier 2025 sous cette même réserve.

    Pour les non-cadres, rien n'est obligatoire au titre de la branche. Le risque est pourtant réel pour l'employeur, qui supporte seul un maintien de salaire à 100 % pouvant atteindre cinq mois, et pour le salarié, qui ne dispose d'aucun relais au-delà : après l'épuisement du barème, il ne perçoit plus que les indemnités journalières de la sécurité sociale, environ la moitié de son salaire brut. Un contrat de prévoyance couvrant l'incapacité en relais du maintien conventionnel, l'invalidité et le décès est donc la mesure de gestion la plus courante dans les réseaux, par décision unilatérale ou par accord d'entreprise.

    Prévoyance : ce qui s'applique par catégorie
    CatégorieRègle applicableStatut
    Cadres (niveaux 1 à 3 de la grille cadres)1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, priorité au décès ; garanties et assureur au choix de l'entrepriseObligatoire (loi)
    Sanction en cas d'absence de contrat cadresCapital de 3 PASS dû par l'employeur aux ayants droit du cadre décédé, soit 144 180 € en 2026Obligatoire (loi)
    Agents de maîtrise de niveau 2Rattachement facultatif au régime des cadres (avenant du 10 avril 2024, étendu le 3 juillet 2024), sous réserve de l'agrément de la commission paritaire de l'APECVous restez libre
    Agents de maîtrise de niveau 1 et employésAucune garantie de branche : ni décès, ni incapacité, ni invaliditéVous restez libre
    IncapacitéMaintien de salaire conventionnel à la charge de l'employeur, sans relais assuré prévu par la brancheImposé par la branche
    PortabilitéSi un contrat existe : maintien gratuit jusqu'à 12 mois pour les anciens salariés indemnisés par l'assurance chômageObligatoire (loi)
    Régime antérieur ou organisme désignéAucun dans l'histoire de la conventionVous restez libre
    Attention
    Si vous rattachez vos agents de maîtrise de niveau 2 au régime des cadres, inscrivez-le dans l'acte de mise en place en visant l'article 15 de l'avenant « Maîtrise » et appliquez la mesure à tous les salariés de ce niveau : une intégration au cas par cas ferait perdre au contrat son caractère collectif.

    Choix de l'assureur

    Aucun organisme recommandé : construire et formaliser le régime de l'enseigne

    La branche n'ayant ni désigné ni recommandé d'organisme, l'entreprise choisit librement sa mutuelle, son institution de prévoyance ou sa société d'assurance, en santé comme en prévoyance. Il n'y a pas de fonds de solidarité de branche à alimenter, pas de contribution de 2 % à verser, pas de tarif mutualisé auquel se comparer. Le revers est qu'aucun contrat cadre ne garantit l'acceptation de l'entreprise ni la reprise des arrêts en cours : ces points se négocient.

    Le cahier des charges tient en quatre lignes. En santé : contrat responsable, panier de soins, 50 % employeur, dispenses et portabilité. En prévoyance des cadres : 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, majoritairement affecté au décès. En incapacité : une garantie calée sur le maintien conventionnel, c'est-à-dire des franchises adaptées à chaque barème, 30 à 150 jours pour les employés et agents de maîtrise, 90 à 180 jours pour les cadres, ou une garantie dite de mensualisation qui rembourse à l'employeur le coût du maintien lui-même. En catégories : cadres, non-cadres, et le sort des agents de maîtrise de niveau 2.

    L'acte de mise en place, décision unilatérale, accord collectif ou référendum, doit décrire les bénéficiaires, les garanties, la répartition des cotisations et les cas de dispense. Dans un réseau de magasins, il vaut pour toute l'entreprise : un régime différent selon les boutiques n'est pas une catégorie objective. Lorsqu'une enseigne rachète des boutiques indépendantes relevant de la convention 1483, les salariés transférés conservent pendant la période de survie les garanties de leur ancienne convention, ce qui justifie de comparer les deux régimes avant l'opération.

    Ce que doit contenir le dossier de conformité d'une enseigne
    ÉlémentContenu attenduStatut
    Contrat santéResponsable, au moins égal au panier de soins, 50 % employeur sur la couverture obligatoireObligatoire (loi)
    Contrat de prévoyance des cadres1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, plus de la moitié affectée au décèsObligatoire (loi)
    Couverture du maintien de salaireFranchises alignées sur les articles 48, 13 et 18, ou garantie de mensualisation au profit de l'employeurVous restez libre
    Prévoyance des non-cadresFacultative : décès, incapacité en relais, invalidité ; répartition fixée par l'acteVous restez libre
    Catégories objectivesCadres et non-cadres au sens de l'ANI de 2017 ; agents de maîtrise de niveau 2 rattachés ou non, pour tousObligatoire (loi)
    Acte de mise en placeDUE, accord ou référendum, remis à chaque salarié avec la notice de l'assureur ; dispenses écrites archivéesObligatoire (loi)

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    Dans les maisons à succursales de l'habillement, la branche n'a négocié ni mutuelle ni prévoyance : la loi fixe le socle, la convention ajoute un maintien de salaire à 100 % propre à chaque statut, et l'entreprise décide de tout le reste.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute entreprise employeur

    • Mutuelle collective pour tousContrat responsable, panier de soins, 50 % employeur
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % T1À la charge de l'employeur, priorité au décès
    • Portabilité jusqu'à 12 moisSanté, et prévoyance si un contrat existe
    • Acte de mise en placeDUE ou accord, condition des exonérations
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Convention du 30 juin 1972 et avenants « Maîtrise » et « Cadres »

    • Maintien de salaire des employésDès le 4ᵉ jour, de 1 à 5 mois à 100 % selon l'ancienneté
    • Maintien de salaire des agents de maîtriseMême barème, tous éléments de salaire compris
    • Maintien de salaire des cadresDe 2 mois à 100 % et 1 mois à 75 % jusqu'à 6 mois à 100 %
    • Accident du travailSans ancienneté, dès le 2ᵉ jour ; base de calcul sur 12 mois
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • L'assureurAucun organisme désigné ni recommandé
    • Le niveau de la mutuelleAu-delà du panier de soins, options et ayants droit
    • La prévoyance des non-cadresDécès, incapacité en relais, invalidité
    • Le rattachement des agents de maîtrise de niveau 2Au régime des cadres, sur agrément de l'APEC

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC

      675 à partir de cinq magasins sous direction et gestion communes ; 1483 en dessous ou sans gestion centralisée.

    2. Contrôlez le contrat santé

      Contrat responsable, panier de soins, 50 % employeur, dispenses, versement santé, portabilité.

    3. Chiffrez votre maintien de salaire

      Barèmes des articles 48, 13 et 18 selon le statut et la pyramide d'ancienneté de vos équipes.

    4. Décidez de la prévoyance

      1,50 % de la tranche 1 pour les cadres, sort des agents de maîtrise de niveau 2, couverture facultative des non-cadres.

    5. Formalisez et informez

      DUE ou accord unique pour tout le réseau, notices remises, dispenses écrites archivées.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Habillement : maisons à succursales

    Non. La convention des maisons à succursales de vente au détail d'habillement (IDCC 675) ne contient aucun accord frais de santé : ni tableau de garanties, ni cotisation, ni organisme recommandé. L'entreprise doit seulement respecter le cadre légal, c'est-à-dire un contrat responsable couvrant au moins le panier de soins, proposé à tous les salariés et financé à 50 % au minimum par l'employeur.

    Une mutuelle et une prévoyance calées sur vos vraies obligations

    Décrivez votre enseigne en 3 minutes : un conseiller vérifie votre convention, 675 ou 1483, contrôle la conformité de votre contrat santé au socle légal, chiffre votre maintien de salaire par statut et compare les contrats de prévoyance capables de le couvrir.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale des maisons à succursales de vente au détail d'habillement du 30 juin 1972, IDCC 675, étendue par arrêté du 8 décembre 1972 (Légifrance, KALICONT000005635617) : article 1ᵉʳ (champ d'application), articles 48 à 50 et 52 (maladie, accident du travail, base de calcul) · Avenant « Maîtrise » du 30 juin 1972, articles 13, 14 et 15, et avenant « Cadres » du 30 juin 1972, articles 18 et 19 ; accord du 20 juin 2016 relatif aux classifications professionnelles (KALITEXT000033286282) · Avenant du 10 avril 2024 à l'avenant du 30 juin 1972 relatif à la protection sociale complémentaire (KALITEXT000049869604, BOCC 2024-20), étendu par arrêté du 3 juillet 2024, JORF du 10 juillet 2024 ; convention collective nationale du commerce de détail de l'habillement du 25 novembre 1987, IDCC 1483, article 1ᵉʳ · Articles L. 911-7, L. 911-7-1, L. 911-8, R. 242-1-1, R. 242-1-6 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 et suivants du code du travail ; décret n° 2021-1002 du 30 juillet 2021 ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)