Convention collectiveIDCC 158

    Mutuelle scierie et travail du bois (IDCC 158) : aucun régime de branche en santé ni en prévoyance, un maintien de salaire à 80 % et la prévoyance des cadres pour seuls repères

    La convention du travail mécanique du bois, des scieries, du négoce et de l'importation des bois (IDCC 158) date de 1955 et n'a jamais été complétée par un accord de branche sur la mutuelle ou la prévoyance : ni tableau de garanties, ni cotisation conventionnelle, ni organisme recommandé. Une scierie applique donc la loi, soit une complémentaire santé financée au moins à moitié et 1,50 % de la tranche 1 pour la prévoyance de ses cadres, et les clauses de maintien de salaire de la convention : 75 à 90 jours à 80 % pour les ouvriers et les collaborateurs, jusqu'à 100 % pendant plusieurs mois pour les cadres.

    L'absence de régime de branche ne dispense de rien : l'employeur supporte seul le maintien de salaire conventionnel, et dans un métier exposé aux accidents du travail, un contrat de prévoyance collectif est le moyen habituel de financer cet engagement.

    La branche en bref

    IDCC 158
    Convention
    Convention collective nationale du travail mécanique du bois, des scieries, du négoce et de l'importation des bois du 28 novembre 1955, étendue par arrêté du 28 mars 1956, avec ses avenants « ouvriers », « collaborateurs » et « ingénieurs et cadres »
    IDCC
    158 — sciage et rabotage, parquets, moulures, emballages et palettes en bois, tonnellerie, traitement des bois, objets en bois et en liège, brosserie, importation de bois ; champ fusionné en 2019 avec ceux de la pipe de Saint-Claude (IDCC 1113) et du pin maritime de Gascogne (IDCC 172)
    Régime santé
    Aucun accord de branche : panier de soins légal, contrat responsable et participation de l'employeur d'au moins 50 %
    Régime prévoyance
    Aucun accord de branche : seule s'impose la cotisation de 1,50 % de la tranche 1 pour les cadres et assimilés, dont les catégories sont fixées par l'accord du 22 octobre 2024
    Maintien de salaire
    Accords de mensualisation de 1971 et 1972 pour les ouvriers, article 18 de l'avenant « collaborateurs », article 12 de l'avenant « ingénieurs et cadres »
    Organisme recommandé
    Aucun : la branche n'a jamais désigné ni recommandé d'assureur
    50 %
    de la cotisation de la mutuelle obligatoire à la charge de l'employeur au minimum : c'est la règle légale, la branche n'ayant fixé ni tarif ni tableau de garanties
    80 %
    du salaire maintenu pendant 75 jours après un an de présence et 90 jours après trois ans, à partir du 4ᵉ jour d'arrêt, pour les ouvriers et les collaborateurs
    1,50 %
    de la tranche 1 du salaire des cadres et assimilés à la charge exclusive de l'employeur, soit 60,08 € par mois pour un salaire au plafond en 2026
    Coefficient 370
    seuil à partir duquel les agents de maîtrise et les ACT sont assimilés aux cadres pour la protection sociale complémentaire depuis le 1ᵉʳ janvier 2025

    Ni mutuelle ni prévoyance de branche : la loi et rien d'autre

    Le parcours des 374 textes attachés à la convention ne fait apparaître aucun accord sur les frais de santé ou la prévoyance. L'entreprise choisit librement son assureur, ses garanties et son tarif, dans le respect du panier de soins légal, du contrat responsable et d'un financement patronal d'au moins 50 %.

    Un maintien de salaire conventionnel entièrement porté par l'employeur

    Après un an de présence, l'ouvrier d'une scierie et le collaborateur perçoivent 80 % de leur salaire pendant 75 jours, 90 jours après trois ans, dès le 4ᵉ jour en maladie et sans carence en accident du travail. Le cadre perçoit 80 % puis 50 %, et 100 % puis 50 % au-delà de trois ans, par périodes de trois à six mois.

    Cadres et assimilés : des catégories redéfinies en 2024

    L'accord du 22 octobre 2024, étendu le 4 juillet 2025, désigne les bénéficiaires de la prévoyance des cadres : la grille « Cadre » de la classification de 2019 et, comme assimilés, les agents de maîtrise et les ACT à partir du coefficient 370. Les coefficients 240 à 320 peuvent y être rattachés par choix de l'entreprise.

    Vos obligations

    Ce que la convention des scieries et du travail du bois (IDCC 158) impose au-delà de la loi

    La convention du 28 novembre 1955 est l'une des plus anciennes encore en vigueur. Elle réunit des métiers très différents, le sciage et le rabotage, la fabrication de parquets, de moulures, d'emballages, de palettes et de tonneaux, le traitement des bois, les objets en bois et en liège, la brosserie et l'importation de bois, dans des entreprises qui sont le plus souvent des TPE et des PME rurales. Sur la protection sociale complémentaire, elle est restée silencieuse : la lecture de l'ensemble des textes attachés à la convention, avenants de salaires compris, ne révèle aucun accord de branche sur la complémentaire santé ni sur la prévoyance. La seule règle applicable à la mutuelle est donc la loi : un contrat collectif et obligatoire couvrant au moins le panier de soins ANI, financé au moins à moitié par l'employeur.

    Ce que la convention impose en revanche, c'est un maintien de salaire en cas de maladie ou d'accident, organisé par catégorie. Pour les ouvriers, il résulte des accords de mensualisation conclus secteur par secteur en 1971 et 1972, étendus par arrêté du 12 avril 1972 ; pour les collaborateurs, c'est-à-dire les employés, techniciens et agents de maîtrise, de l'article 18 de leur avenant ; pour les ingénieurs et cadres, de l'article 12 du leur. Ces clauses mentionnent toutes « un régime de prévoyance » auquel l'employeur participerait, mais sans l'instituer : l'indemnité versée par un tel régime ne vient en déduction du maintien que pour la part financée par l'employeur.

    Dernier texte en date, l'accord du 22 octobre 2024, étendu par arrêté du 4 juillet 2025 et applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, définit les catégories de cadres et d'assimilés pour l'application des régimes de protection sociale complémentaire, à la suite de la disparition des références à la convention Agirc de 1947. Il ne crée aucune garantie, mais il conditionne la validité des contrats « cadres » et « non-cadres » de chaque entreprise au regard des exonérations sociales.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santéObligatoire pour tous les salariés au titre de la loi ; aucun tableau, aucun tarif, aucun assureur de brancheObligatoire (loi)
    Financement santé50 % au minimum de la cotisation du régime obligatoire à la charge de l'employeurObligatoire (loi)
    Maintien de salaire des ouvriersAprès 1 an : 75 jours à 80 %, après 3 ans : 90 jours à 80 %, dès le 4ᵉ jour en maladie, sans carence en AT/MP ; 90 jours à 90 % après 3 ans dans l'importation de boisImposé par la branche
    Maintien de salaire des collaborateurs (art. 18)Après 1 an : 75 jours à 80 % ; après 3 ans : 90 jours à 80 %, portés à 90 % dans le négoce et l'importation des boisImposé par la branche
    Maintien de salaire des cadres (art. 12)De 1 à 3 ans : 3 mois à 80 % puis 3 mois à 50 % ; au-delà : 3 mois à 100 % puis 3 mois à 50 % ; un mois de plus par 5 ans de présence, 6 mois au plus par périodeImposé par la branche
    Prévoyance des cadres et assimilés1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, affecté par priorité au décès ; catégories de l'accord du 22 octobre 2024Obligatoire (loi)
    Prévoyance des non-cadresAucune obligation de branche ; contrat facultatif mais utile pour financer le maintien de salaire et couvrir l'invalidité et le décèsVous restez libre
    Attention
    Le champ de la convention a été fusionné par arrêté du 23 janvier 2019 avec celui de la pipe de Saint-Claude (IDCC 1113) et celui du pin maritime en forêt de Gascogne (IDCC 172). Les entreprises gasconnes du pin maritime restent expressément exclues du champ des accords de la branche 158 et conservent leurs propres textes de santé et de prévoyance.

    Régime santé

    Mutuelle dans une scierie ou une entreprise du bois (IDCC 158) : ce qui s'applique vraiment

    Faute de régime conventionnel, la couverture santé relève du droit commun. Le contrat doit être collectif, obligatoire et responsable, et couvrir au minimum le panier de soins de l'article D. 911-1 du code de la sécurité sociale : ticket modérateur sur les consultations, les actes et la pharmacie remboursée, forfait journalier hospitalier sans limite de durée, soins dentaires prothétiques et orthodontie à 125 % de la base de remboursement, forfait optique de 100 à 200 € selon la correction, et les paniers du 100 % Santé en optique, dentaire et audiologie. Tous les salariés en bénéficient dès l'embauche, quelle que soit leur ancienneté, qu'ils travaillent au parc à grumes, à la scie de tête, à l'affûtage, au séchage, à la livraison ou au bureau.

    Dans la pratique, le panier minimal est rarement adapté aux métiers du bois. Les salariés y sont exposés au bruit des machines, aux poussières de bois, aux manutentions lourdes et aux coupures : les postes qui comptent sont l'hospitalisation, avec les dépassements d'honoraires en chirurgie de la main ou orthopédique, les aides auditives, la kinésithérapie et l'ostéopathie, et l'optique pour les postes de tri et de classement. Beaucoup d'entreprises retiennent donc un niveau intermédiaire, avec des options facultatives à la charge du salarié et la possibilité de couvrir le conjoint et les enfants.

    Les dispenses sont celles de la loi : les cas de droit de l'article D. 911-2, salarié déjà couvert comme ayant droit à titre obligatoire, bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire, contrat individuel en cours jusqu'à son échéance, CDD ou mission de moins de trois mois avec le versement santé, et les cas de l'article R. 242-1-6, CDD, apprentis et temps partiels, à condition que l'acte de mise en place les reprenne. La demande est écrite et conservée. La portabilité de douze mois au plus s'applique après la rupture du contrat. Ne confondez pas la convention 158 avec celle de la fabrication de l'ameublement (IDCC 1411), qui possède un tableau de garanties santé de branche : l'IDCC figure sur le bulletin de paie.

    Ce qu'il faut distinguer en santé
    RègleStatut dans la brancheStatut
    Panier de soins et contrat responsableSeul minimum applicable, pour tous les salariés dès l'embauche : ticket modérateur, forfait journalier, dentaire à 125 %, optique 100 à 200 €, 100 % SantéObligatoire (loi)
    Participation de l'employeur50 % au minimum de la cotisation du régime obligatoire ; aucun taux de brancheObligatoire (loi)
    Tarif et garantiesLibrement négociés : aucune cotisation en pourcentage du plafond, aucun tableau conventionnelVous restez libre
    Ayants droit et optionsCouverture du conjoint et des enfants, surcomplémentaire : au choix de l'entreprise, à titre obligatoire ou facultatifVous restez libre
    Dispenses d'affiliationCas de droit de l'article D. 911-2 ; cas de l'article R. 242-1-6 s'ils figurent dans l'acte de mise en placeObligatoire (loi)
    Collèges cadres et non-cadresPossibles, à condition de reprendre les catégories de l'accord du 22 octobre 2024Vous restez libre
    Portabilité12 mois au plus après la rupture du contrat ouvrant droit au chômage, article L. 911-8Obligatoire (loi)

    Cotisations santé

    Combien coûte la mutuelle dans le travail du bois, et qui paie quoi

    Il n'existe aucune cotisation conventionnelle : ni pourcentage du plafond de la sécurité sociale, ni montant en euros, ni répartition imposée autre que le plancher légal de 50 % à la charge de l'employeur. Le prix dépend du niveau de garanties retenu, de l'âge moyen des salariés, du département et de l'assureur. Toute fiche qui vous annoncerait un « tarif de branche » pour l'IDCC 158 serait inexacte : aucun texte ne le fixe.

    La participation patronale se calcule sur la cotisation du régime obligatoire du salarié. Si l'entreprise rend obligatoire la couverture de la famille, la règle des 50 % porte sur l'ensemble de cette cotisation ; si les ayants droit et les options restent facultatifs, ils sont à la charge du salarié, sauf décision plus généreuse. La part de l'employeur est exonérée de cotisations sociales dans les limites légales, soumise à la CSG et à la CRDS, au forfait social de 8 % à partir de onze salariés, et réintégrée dans le revenu imposable du salarié.

    Pour les contrats courts, fréquents lors des pics d'activité des emballages légers et des palettes, le salarié en CDD de moins de trois mois peut demander une dispense et percevoir le versement santé de l'article L. 911-7-1, qui remplace la participation de l'employeur à son contrat individuel responsable. L'employeur peut aussi généraliser ce versement par décision unilatérale pour les contrats de trois mois au plus.

    Cotisations santé : ce que fixent la loi et la branche (PMSS 2026 = 4 005 €)
    PosteRègleStatut
    Cotisation de brancheAucune : ni taux, ni montant, ni assiette conventionnelleVous restez libre
    Part de l'employeur50 % au minimum de la cotisation du régime obligatoireObligatoire (loi)
    Part du salarié50 % au plus, précomptée sur la paieObligatoire (loi)
    Conjoint, enfants, optionsÀ la charge du salarié s'ils sont facultatifs ; inclus dans l'assiette des 50 % s'ils sont obligatoiresVous restez libre
    CDD et missions de moins de 3 moisDispense de droit et versement santé à la demande du salariéObligatoire (loi)
    Régime social de la part patronaleExonérée dans les limites légales, soumise à CSG-CRDS et au forfait social de 8 % à partir de 11 salariésObligatoire (loi)

    Arrêt de travail

    Maintien de salaire dans les scieries (IDCC 158) : 80 % pendant 75 à 90 jours, et davantage pour les cadres

    Pour les ouvriers, le maintien de salaire vient des accords de mensualisation. Celui des scieries, additif n° 2 du 5 octobre 1971, ouvre le statut d'ouvrier mensualisé après un an d'ancienneté et prévoit, en cas de maladie ou d'accident pris en charge par la sécurité sociale et justifié par un certificat adressé sous huit jours, une indemnisation de 75 jours à 80 % du salaire effectif après un an de présence et de 90 jours à 80 % après trois ans. L'indemnité est due à partir du 4ᵉ jour qui suit le début de l'arrêt, pour chaque jour ouvrable ou non, et sans délai de carence en accident du travail ou maladie professionnelle. Pour le salarié qui a trois enfants ou plus à charge, elle est portée à 100 % à partir du 31ᵉ jour. Les indemnités journalières de la sécurité sociale sont déduites, ainsi que celles d'un éventuel régime de prévoyance pour la seule part financée par l'employeur. Les durées s'apprécient par année civile, tous arrêts confondus.

    Les autres secteurs ont des textes jumeaux. Les fabriques de parquets, additif n° 4 du 20 décembre 1971, appliquent exactement le même barème. Les fabriques de moulures, le traitement des bois, les sciures et farines de bois et le matériel de sport en bois, additif n° 5 du même jour, aussi, sans la majoration pour trois enfants. Dans le négoce et l'importation des bois, l'article 13 de l'additif n° 3, modifié le 7 novembre 1974, porte l'indemnisation à 90 jours à 90 % après trois ans de présence. Dans la brosserie, l'accord du 14 janvier 1972 verse 80 % du 4ᵉ au 75ᵉ jour dès la mensualisation, du 4ᵉ au 90ᵉ jour après deux ans de statut, et dès le premier jour pour un accident du travail survenu dans l'entreprise, la durée s'appréciant sur douze mois consécutifs. Pour les emballages et les palettes, aucun barème propre ne figure parmi les textes de la branche : l'accord du 9 mai 1980 n'y traite que de la prime d'ancienneté et de la gratification de fin d'année, et le maintien légal s'applique.

    Les collaborateurs relèvent de l'article 18 de leur avenant : un an après leur entrée, 75 jours à 80 % des appointements, puis 90 jours à 80 % après trois ans, portés à 90 % dans le seul négoce et importation des bois ; le texte ne prévoit pas de délai de carence. Les ingénieurs et cadres bénéficient de l'article 12 : de un à trois ans d'ancienneté, 80 % pendant trois mois puis 50 % pendant les trois mois suivants ; au-delà de trois ans, 100 % pendant trois mois puis 50 % pendant trois mois. Chacune de ces périodes est allongée d'un mois par cinq années de présence, dans la limite de six mois, et la durée totale s'apprécie sur douze mois consécutifs.

    Ces barèmes anciens doivent être comparés au maintien légal des articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail : après un an d'ancienneté, 90 % du brut pendant 30 jours puis 66,67 % pendant 30 jours, à partir du 8ᵉ jour, chaque période gagnant 10 jours par tranche de cinq ans jusqu'à 90 jours. Pour un ouvrier à 2 000 € brut, la convention garantit 1 600 € par mois dès le 4ᵉ jour pendant 75 jours, la loi 1 800 € puis 1 333 € à partir du 8ᵉ jour pendant 60 jours. La convention l'emporte donc pour les anciennetés courtes et les arrêts brefs ; à partir de onze ans d'ancienneté, la loi, avec 50 jours à 90 % puis 50 jours à 66,67 %, devient plus avantageuse sur un arrêt long que les 90 jours à 80 % de la convention.

    Maintien de salaire conventionnel par catégorie (sous déduction des IJSS)
    CatégorieDurée et tauxStatut
    Ouvriers des scieries, parquets, moulures, traitement des boisAprès 1 an : 75 jours à 80 % ; après 3 ans : 90 jours à 80 % ; dès le 4ᵉ jour en maladie, sans carence en AT/MP ; par année civileImposé par la branche
    Majoration pour charges de famille3 enfants ou plus à charge : 100 % à partir du 31ᵉ jour (scieries, parquets, négoce et importation)Imposé par la branche
    Ouvriers du négoce et de l'importation des boisAprès 3 ans : 90 jours à 90 %, dès le 4ᵉ jour, sans carence en AT/MPImposé par la branche
    Ouvriers de la brosserie80 % du 4ᵉ au 75ᵉ jour dès la mensualisation, du 4ᵉ au 90ᵉ jour après 2 ans de statut ; dès le 1ᵉʳ jour en AT/MP survenu dans l'entrepriseImposé par la branche
    Collaborateurs (employés, techniciens, agents de maîtrise)Après 1 an : 75 jours à 80 % ; après 3 ans : 90 jours à 80 %, 90 % dans le négoce et l'importationImposé par la branche
    Ingénieurs et cadres1 à 3 ans : 3 mois à 80 % puis 3 mois à 50 % ; plus de 3 ans : 3 mois à 100 % puis 3 mois à 50 % ; + 1 mois par 5 ans, maximum 6 mois par périodeImposé par la branche
    Maintien légal (à comparer)Après 1 an : 30 jours à 90 % puis 30 jours à 66,67 %, dès le 8ᵉ jour, + 10 jours par 5 ans jusqu'à 90 jours par périodeObligatoire (loi)
    Attention
    Comparez pour chaque arrêt le maintien conventionnel et le maintien légal, et versez le plus favorable au salarié. Ce coût repose entièrement sur l'entreprise si elle n'a pas de contrat de prévoyance : dans une scierie de quelques salariés, un arrêt de trois mois pèse directement sur la trésorerie.

    Régime prévoyance

    Prévoyance dans le travail du bois (IDCC 158) : aucun régime de branche, une obligation légale pour les cadres

    La convention ne prévoit aucune garantie de prévoyance : ni capital décès, ni rente d'invalidité, ni indemnités journalières complémentaires au-delà du maintien de salaire. Son article 62 se borne à demander à l'entreprise de verser l'indemnité de congés payés aux ayants droit dans le mois qui suit le décès d'un salarié. Aucun organisme n'a jamais été désigné ni recommandé pour l'ensemble de la branche, et aucun taux de cotisation n'a été négocié, pour les ouvriers comme pour les collaborateurs.

    Pour les cadres et assimilés, l'obligation vient de l'accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 : l'employeur verse à un organisme assureur une cotisation de 1,50 % de la tranche 1 du salaire, à sa charge exclusive, affectée par priorité à la couverture du décès. À défaut, il doit aux ayants droit du cadre décédé une somme égale à trois plafonds annuels, soit 144 180 € en 2026. L'accord du 22 octobre 2024 précise qui est concerné : sont cadres, au sens de l'article 2.1 de l'ANI, les ingénieurs et cadres de la grille « Cadre » de l'accord de classification du 10 septembre 2019 ; sont assimilés, au sens de l'article 2.2, les ACT à partir de la position 7, échelon 2, coefficient 370, et les agents de maîtrise à partir du niveau III, échelon 2, coefficient 370.

    L'article 2.3 du même accord permet d'étendre le régime des cadres aux ACT 6 échelons 1 et 2, coefficients 240 et 270, à l'ACT 7 échelon 1, coefficient 320, et aux agents de maîtrise de niveau II échelon 2, coefficient 270, et de niveau III échelon 1, coefficient 320, sous réserve de l'agrément de la commission de l'APEC. L'entreprise peut, sans démarche, ne pas les intégrer. Ce rattachement ne leur ouvre pas les autres droits conventionnels des ingénieurs et cadres.

    Pour les non-cadres, rien n'est obligatoire, mais le risque est réel. Le sciage, le déroulage et la fabrication de palettes comptent parmi les activités industrielles où les accidents du travail sont les plus fréquents et les plus graves. Un contrat collectif couvrant l'incapacité en relais du maintien de salaire, l'invalidité et le décès protège à la fois le salarié, qui sans cela ne perçoit plus que les prestations de la sécurité sociale après 75 ou 90 jours, et l'entreprise, qui peut faire rembourser par l'assureur tout ou partie du salaire maintenu. La branche voisine de la fabrication de l'ameublement a fait ce choix pour ses non-cadres ; les commerces de gros aussi, depuis 2024.

    Prévoyance : ce qui s'impose par catégorie
    CatégorieRègle applicableStatut
    OuvriersAucune garantie de branche ; maintien de salaire conventionnel seulement ; contrat de prévoyance au choix de l'entrepriseVous restez libre
    Collaborateurs sous le coefficient 370Aucune garantie de branche ; maintien de salaire de l'article 18Vous restez libre
    Cadres (grille « Cadre » de 2019)1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur, par priorité sur le décès ; sanction de 3 PASS, 144 180 € en 2026Obligatoire (loi)
    Assimilés cadresACT 7 échelon 2 et agents de maîtrise niveau III échelon 2, coefficient 370 et au-delà : même obligation de 1,50 %Obligatoire (loi)
    Extension facultativeCoefficients 240, 270 et 320 des ACT et agents de maîtrise, sur agrément de l'APEC, au choix de l'entrepriseVous restez libre
    Décès d'un salarié (art. 62)Versement de l'indemnité de congés payés aux ayants droit dans le mois du décès ; aucun capital conventionnelImposé par la branche
    Portabilité12 mois au plus, pour les garanties que l'entreprise a mises en placeObligatoire (loi)
    Attention
    Les entreprises du pin maritime en forêt de Gascogne ne sont pas dans cette situation : leur convention interrégionale de 2014 leur demande de souscrire une prévoyance minimale pour tous les salariés, avec 70 % du salaire en incapacité, 80 % en invalidité et un capital décès d'au moins 100 %, financée à moitié, et un accord du 18 novembre 2015 y organise les frais de santé.

    Cotisations prévoyance

    Taux de prévoyance : le 1,50 % des cadres, et un budget à construire pour les non-cadres

    La seule cotisation chiffrée par un texte est celle des cadres : 1,50 % de la tranche 1, c'est-à-dire de la part du salaire limitée au plafond de la sécurité sociale. Pour un cadre rémunéré 3 200 € brut, elle représente 48 € par mois ; pour un salaire égal ou supérieur au plafond, 60,08 € par mois en 2026, soit 720,90 € par an. Elle est entièrement à la charge de l'employeur et doit être affectée pour plus de la moitié au risque décès. Rien n'interdit d'y ajouter une cotisation partagée pour financer l'incapacité et l'invalidité, en particulier sur la tranche 2.

    Pour les non-cadres, il n'existe ni taux minimal ni répartition conventionnelle. Si l'entreprise met en place un contrat, elle fixe librement la part patronale et la part salariale. Un point de méthode compte pour la paie : les accords de mensualisation et les avenants de catégorie ne permettent de déduire du maintien de salaire les indemnités de prévoyance que « pour la seule quotité correspondant au versement patronal ». Si l'employeur finance intégralement la garantie d'incapacité qui couvre la période de maintien, les indemnités de l'assureur s'imputent en totalité sur son obligation ; s'il n'en finance que la moitié, seule la moitié s'impute.

    Les cotisations patronales de prévoyance sont exonérées de cotisations sociales dans la même enveloppe que la santé, soumises à la CSG et à la CRDS et, à partir de onze salariés, au forfait social de 8 %. Le contrat doit être collectif et obligatoire et viser des catégories objectives : pour l'IDCC 158, celles de l'accord du 22 octobre 2024.

    Cotisations de prévoyance applicables en 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)
    CatégorieTaux et répartitionStatut
    Cadres et assimilés, tranche 11,50 % à la charge exclusive de l'employeur, dont plus de la moitié sur le décèsObligatoire (loi)
    Exemple cadre à 3 200 € brut48,00 € par mois, à la charge de l'employeurObligatoire (loi)
    Exemple cadre au plafond ou au-delà60,08 € par mois, 720,90 € par anObligatoire (loi)
    Cadres, tranche 2Aucune obligation ; complément libre, souvent partagéVous restez libre
    Non-cadresAucun taux de branche ; taux et répartition fixés par l'acte de mise en place de l'entrepriseVous restez libre
    Imputation sur le maintien de salaireIndemnités de prévoyance déductibles pour la seule part financée par l'employeurImposé par la branche

    Choix de l'assureur

    Assureur libre : comment construire un contrat adapté à une entreprise du bois

    La branche n'a jamais désigné ni recommandé d'organisme, ni avant ni après la décision du Conseil constitutionnel de 2013 qui a mis fin aux clauses de désignation. Aucun contrat n'est donc « le contrat de la convention 158 », et aucun assureur ne peut s'en prévaloir. L'entreprise compare librement mutuelles, institutions de prévoyance et compagnies d'assurance, y compris celles qui connaissent bien les métiers ruraux et forestiers.

    Trois points méritent une attention particulière. D'abord la cohérence avec le maintien de salaire : une franchise de trois jours en maladie et nulle en accident du travail, une indemnisation d'au moins 80 % pendant 75 à 90 jours, puis un relais jusqu'à la reprise ou l'invalidité, et les périodes de trois à six mois des cadres. Ensuite le risque professionnel : vérifiez que le contrat couvre sans exclusion les accidents du travail et les maladies professionnelles, surdités et affections liées aux poussières de bois comprises, et que l'invalidité est indemnisée dès la première catégorie. Enfin les catégories : le contrat des cadres doit viser la définition de l'accord du 22 octobre 2024, faute de quoi l'exonération de cotisations peut être remise en cause.

    La mise en place se fait par décision unilatérale de l'employeur, par accord d'entreprise ou par référendum. L'acte précise les bénéficiaires, les garanties, la répartition des cotisations et les dispenses retenues ; il est remis à chaque salarié contre émargement, avec la notice d'information de l'assureur.

    Points de contrôle d'un contrat pour l'IDCC 158
    CritèreCe qu'il faut vérifierStatut
    OrganismeAucun recommandé : mutuelle, institution de prévoyance ou compagnie, au choix de l'entrepriseVous restez libre
    SantéContrat responsable au moins égal au panier de soins ; niveau adapté aux risques d'audition, de traumatologie et de kinésithérapieObligatoire (loi)
    IncapacitéFranchise et taux calés sur le maintien conventionnel : 4ᵉ jour en maladie, 1ᵉʳ jour en AT/MP, 80 % pendant 75 ou 90 jours, puis relaisVous restez libre
    Invalidité et décès des non-cadresRente dès la 1ʳᵉ catégorie, capital décès et rente éducation : à négocier, rien n'étant prévu par la brancheVous restez libre
    Cadres et assimilés1,50 % T1 employeur, priorité au décès, catégories de l'accord du 22 octobre 2024Obligatoire (loi)
    FormalismeDUE, accord ou référendum ; notice remise à chaque salarié ; dispenses écrites et conservéesObligatoire (loi)

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    Dans les scieries et le travail du bois, la branche n'a négocié ni mutuelle ni prévoyance. La loi fixe le socle, la convention de 1955 ajoute un maintien de salaire par catégorie et un accord de 2024 définit les cadres et assimilés ; tout le reste se décide dans l'entreprise.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute entreprise employeur

    • Mutuelle collective dès l'embauchePanier de soins, contrat responsable, 50 % employeur au minimum
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % T1À la charge de l'employeur, priorité au décès, 60,08 € au plafond en 2026
    • Maintien de salaire légal90 % puis 66,67 % après 1 an, à comparer au barème conventionnel
    • Portabilité et acte de mise en place12 mois au plus ; DUE, accord ou référendum
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Convention du 28 novembre 1955, accords de mensualisation de 1971-1972, accord du 22 octobre 2024

    • Maintien de salaire des ouvriers75 jours à 80 % après 1 an, 90 jours après 3 ans, dès le 4ᵉ jour, sans carence en AT/MP
    • Maintien de salaire des collaborateursMême barème, porté à 90 % après 3 ans dans le négoce et l'importation
    • Maintien de salaire des cadres80 % ou 100 % pendant 3 à 6 mois, puis 50 % pendant 3 à 6 mois
    • Catégories cadres et assimilésGrille « Cadre » de 2019 et coefficient 370 pour les ACT et agents de maîtrise
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • L'assureurAucun organisme désigné ni recommandé
    • Le niveau et le prix de la mutuelleAucun tableau ni tarif de branche
    • Une prévoyance pour les non-cadresFacultative, utile pour financer le maintien de salaire
    • Étendre le régime des cadresCoefficients 240 à 320, sur agrément de l'APEC

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC

      158 pour le sciage, les parquets, les emballages, les palettes, la tonnellerie, la brosserie et l'importation de bois ; pas pour le pin maritime de Gascogne ni pour l'ameublement.

    2. Partez de la loi pour la mutuelle

      Panier de soins, contrat responsable, 50 % employeur, dispenses légales : aucun texte de branche ne s'y ajoute.

    3. Chiffrez votre maintien de salaire

      Barème de votre secteur et de chaque catégorie, comparé au maintien légal, pour mesurer le coût d'un arrêt long.

    4. Couvrez les cadres, décidez pour les autres

      1,50 % de la tranche 1 pour les cadres et les coefficients 370 et plus ; contrat incapacité, invalidité et décès pour les non-cadres si vous le souhaitez.

    5. Formalisez et informez

      DUE ou accord reprenant les catégories de 2024, notices remises, dispenses écrites, paramétrage de la paie.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Scieries et travail du bois

    Oui, comme dans toute entreprise : la loi impose une complémentaire santé collective pour tous les salariés dès l'embauche, financée au moins à 50 % par l'employeur et couvrant le panier de soins minimal. En revanche, la convention des scieries et du travail du bois (IDCC 158) n'ajoute rien : elle ne comporte ni tableau de garanties, ni cotisation, ni organisme recommandé.

    Une mutuelle et une prévoyance construites pour votre scierie, faute de régime de branche

    Décrivez votre entreprise en 3 minutes : un conseiller vérifie vos obligations au titre de la convention 158, chiffre votre maintien de salaire, compare les contrats santé et prévoyance du marché et vous accompagne sur la DUE.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale du travail mécanique du bois, des scieries, du négoce et de l'importation des bois du 28 novembre 1955, IDCC 158, étendue par arrêté du 28 mars 1956 (Légifrance, KALICONT000005635966) ; articles 42, 45 et 62 ; champ fusionné avec les IDCC 1113 et 172 par arrêté du 23 janvier 2019 ; accord du 24 octobre 2013 et avenant n° 1 du 9 février 2016 sur le champ d'application · Accords de mensualisation : additif n° 2 du 5 octobre 1971 (scieries), additif n° 3 du 16 novembre 1971 modifié le 7 novembre 1974 (négoce et importation des bois), additifs n° 4 et n° 5 du 20 décembre 1971 (parquets ; moulures, traitement des bois), étendus par arrêté du 12 avril 1972 ; accord du 14 janvier 1972 (brosserie) ; article 18 de l'avenant « collaborateurs » et article 12 de l'avenant « ingénieurs et cadres » du 28 novembre 1955 · Accord du 22 octobre 2024 relatif aux catégories de bénéficiaires du régime de protection complémentaire (KALITEXT000051472907), étendu par arrêté du 4 juillet 2025, JORF du 1ᵉʳ août 2025, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 ; accord du 10 septembre 2019 relatif aux classifications et aux salaires minimaux · Articles L. 911-7, L. 911-7-1, L. 911-8, D. 911-1, D. 911-2, R. 242-1-1 et R. 242-1-6 du code de la sécurité sociale ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)