Convention collectiveIDCC 1267

    Mutuelle pâtisserie (IDCC 1267) : un régime de branche à 1,56 % du plafond en 2026, un maintien de salaire de 180 jours mutualisé et aucun assureur imposé

    La convention de la pâtisserie (IDCC 1267) organise depuis 2010 une complémentaire santé conventionnelle pour tous les salariés, sans condition d'ancienneté, financée au moins à moitié par l'employeur : 1,49 % du plafond dans le dernier avenant étendu, 1,56 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 dans l'avenant n° 113 en cours d'extension. Sa prévoyance, plus ancienne, a une particularité rare : elle assure aussi le maintien de salaire de l'employeur, 90 % du brut pendant 180 jours, et l'indemnité de départ à la retraite, pour une cotisation de 1,84 % presque entièrement patronale.

    AG2R Prévoyance et l'OCIRP sont les assureurs historiques du régime, mais leur désignation est caduque depuis le 28 octobre 2014 : la convention elle-même rappelle que les entreprises sont libres de recourir à l'organisme de leur choix, à garanties au moins équivalentes.

    La branche en bref

    IDCC 1267
    Convention
    Convention collective nationale de la pâtisserie du 30 juin 1983 (brochure 3215), étendue par arrêté du 29 décembre 1983, réécrite par l'avenant n° 53 du 3 février 2005
    IDCC
    1267 — pâtisserie artisanale, pâtissiers-chocolatiers, confiseurs, glaciers, traiteurs et salons de thé relevant de la branche ; à ne pas confondre avec la boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843)
    Régime santé
    Chapitre VII de la convention, créé par l'avenant n° 67 du 27 octobre 2009, étendu le 25 mai 2010 ; tableau 100 % Santé de l'avenant n° 92 bis de 2019 ; cotisation fixée par l'avenant n° 109 du 24 octobre 2024, étendu le 15 juillet 2025, puis par l'avenant n° 113 du 13 novembre 2025, non étendu à ce jour
    Régime prévoyance
    Articles 44 à 48 de la convention, régime de 2004 révisé en 2008, 2009, 2013, 2019 et 2024 ; cotisations de l'avenant n° 104 du 17 octobre 2023 ; fonds de péréquation de l'avenant n° 98 de 2022, modifié par l'avenant n° 115 du 19 mars 2026
    Organisme recommandé
    Aucun. AG2R Prévoyance, et l'OCIRP pour la rente éducation, restent les assureurs historiques du régime mutualisé de la branche
    Organisme imposé
    Aucun : la désignation d'AG2R a cessé de produire ses effets le 28 octobre 2014 (nota de l'article 67)
    1,56 %
    du PMSS pour la mutuelle depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (avenant n° 113, en cours d'extension), soit 62,48 € par mois, employeur au moins 31,24 € ; dernier taux étendu : 1,49 %, soit 59,67 €
    1,84 %
    des tranches A et B pour la prévoyance des non-cadres, dont 1,69 % pour l'employeur et 0,15 % pour le salarié, plus 0,05 % de fonds de péréquation à la charge de l'employeur
    180 jours
    de maintien de salaire à 90 % du brut après un an d'ancienneté dans la profession, dès le 1ᵉʳ jour en accident du travail et le 4ᵉ jour en maladie, assurés par le régime
    100 %
    du salaire annuel en capital décès pour un non-cadre, plus 20 % par personne à charge, 8 010 € de frais d'obsèques et une rente éducation de 10 à 12 % par enfant

    Une mutuelle conventionnelle pour le seul salarié, à tarif unique

    Le régime couvre tous les salariés dès l'embauche, avec un tableau de garanties nettement au-dessus du panier légal. La cotisation est un pourcentage du plafond de la sécurité sociale : 1,49 % dans le dernier avenant étendu, 1,56 % depuis 2026, soit 62,48 € par mois. L'employeur en paie au moins la moitié. La convention ne prévoit ni option ni tarif pour le conjoint et les enfants.

    Un maintien de salaire long, pris en charge par la prévoyance

    Après un an d'ancienneté dans la profession, et non dans l'entreprise, le salarié perçoit 90 % de son brut pendant 180 jours, puis 75 % jusqu'au 1 095ᵉ jour d'arrêt. L'employeur finance cette garantie par une cotisation de 0,80 % incluse dans le taux de prévoyance : le régime lui rembourse ensuite les sommes versées.

    Aucun assureur imposé, mais des garanties à reprendre ligne à ligne

    La désignation d'AG2R Prévoyance est caduque depuis 2014 et la branche n'a pas formulé de recommandation. Un pâtissier peut donc s'assurer où il veut, à condition de reprendre le tableau santé, les garanties des articles 44 à 47 et la part patronale minimale. Le fonds de péréquation reste réservé aux entreprises du régime mutualisé.

    Vos obligations

    Ce que la convention de la pâtisserie (IDCC 1267) impose au-delà de la loi

    La loi impose à tout employeur une complémentaire santé collective couvrant au moins le panier de soins ANI, financée à 50 %. La branche de la pâtisserie artisanale, faite presque uniquement de très petites entreprises, est allée plus loin bien avant 2016 : l'avenant n° 67 du 27 octobre 2009, étendu le 25 mai 2010, a créé le chapitre VII de la convention, un régime de « remboursement complémentaire de frais de soins de santé » obligatoire, avec un tableau de garanties, une cotisation unique exprimée en pourcentage du plafond mensuel de la sécurité sociale et une part patronale d'au moins 50 %. La condition d'ancienneté a été supprimée au 1ᵉʳ janvier 2016 par l'avenant n° 85, le tableau a été adapté au 100 % Santé par l'avenant n° 92 bis de 2019, et la cotisation est révisée presque chaque année : 1,26 % en 2023, 1,36 % en 2024, 1,49 % en 2025, 1,56 % en 2026.

    La prévoyance est plus ancienne encore. Un protocole de 2000 puis l'avenant n° 48 du 9 mars 2004 ont mis en place un régime couvrant l'incapacité, l'invalidité, le décès et la rente éducation, auquel les partenaires sociaux ont ajouté deux garanties que l'on trouve rarement dans une branche : l'assurance du maintien de salaire dû par l'employeur et celle de l'indemnité de départ à la retraite de l'article 23. L'avenant n° 64 du 31 décembre 2008, « maintien de rémunération et prévoyance », a ramené à un an l'ancienneté requise ; l'avenant n° 68 de 2009 a séparé la période de maintien de salaire de la période d'incapacité ; l'avenant n° 79 de 2013 a fixé les capitaux des cadres ; l'avenant n° 110 de 2024 a aligné les catégories sur l'ANI du 17 novembre 2017.

    Depuis le 1ᵉʳ octobre 2022, un fonds de péréquation financé par une cotisation patronale de 0,05 % rembourse à l'employeur une partie de l'indemnité due en cas de licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle. L'avenant n° 115 du 19 mars 2026, étendu le 3 juillet 2026, en a revu le barème avec effet au 1ᵉʳ janvier 2026.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santé de brancheTous les salariés, sans condition d'ancienneté, au niveau du tableau de l'article 57 au minimum, chez l'assureur de votre choixImposé par la branche
    Financement santéCotisation conventionnelle de 1,49 % du PMSS (étendu, 59,67 € en 2026) portée à 1,56 % au 1ᵉʳ janvier 2026 (non étendu, 62,48 €) ; employeur au moins 50 %Imposé par la branche
    Maintien de salaire (art. 44.1)Après 1 an d'ancienneté dans la profession : 90 % du brut pendant 180 jours, dès le 1ᵉʳ jour en AT/MP, le 4ᵉ jour sinonImposé par la branche
    Prévoyance pour tout le personnelIncapacité 75 % jusqu'au 1 095ᵉ jour, invalidité 70 %, décès 100 % plus 20 % par personne à charge (cadres 200 à 230 % en tranche A), obsèques 2 PMSS, rente éducation 10 à 12 %Imposé par la branche
    Financement prévoyanceNon-cadres 1,84 % TA-TB dont 1,69 % employeur ; cadres 2,66 % en TA entièrement employeur, 2,66 % en TB dont 2,41 % employeurImposé par la branche
    Fonds de péréquation0,05 % du salaire brut TA-TB, à la charge exclusive de l'employeur, collecté avec la prévoyanceImposé par la branche
    Choix de l'assureurLibre depuis le 28 octobre 2014 ; AG2R Prévoyance et l'OCIRP sont les assureurs historiques, sans désignation ni recommandationVous restez libre
    Attention
    L'avenant n° 113 du 13 novembre 2025, qui porte la cotisation à 1,56 % et retouche le tableau de garanties au 1ᵉʳ janvier 2026, n'était pas encore étendu lors de notre dernière vérification : l'avis d'extension est paru au Journal officiel du 9 décembre 2025. Tant que l'arrêté n'est pas publié, il ne s'impose qu'aux entreprises adhérentes de la Confédération nationale des artisans pâtissiers ; pour les autres, l'avenant n° 109 étendu reste la référence.

    Régime santé

    Mutuelle de la pâtisserie (IDCC 1267) : garanties, bénéficiaires et dispenses

    Le régime bénéficie à l'ensemble des salariés des entreprises de la branche, sans condition d'ancienneté depuis le 1ᵉʳ janvier 2016 (article 56). Il couvre le salarié seul : la convention ne prévoit ni extension obligatoire à la famille, ni tarif conventionnel pour le conjoint et les enfants, que chaque entreprise reste libre d'organiser dans son contrat. Le tableau étendu, issu de l'avenant n° 92 bis du 19 septembre 2019, est un contrat responsable très au-dessus du panier légal : frais de séjour à 250 % de la base de remboursement, honoraires hospitaliers à 300 % chez les médecins adhérents à l'OPTAM, chambre particulière à 80 € par jour, généralistes à 200 %, spécialistes à 250 %, prothèses dentaires à 420 %, 1 000 € par implant dans la limite de trois par an, 1 500 € de chirurgie réfractive.

    L'avenant n° 113 applicable au 1ᵉʳ janvier 2026 conserve cette architecture mais resserre plusieurs postes pour contenir la cotisation : les prothèses dentaires des paniers maîtrisé et libre passent de 420 % à 350 %, l'orthodontie non remboursée de 300 % à 150 %, la monture de 100 € à 80 €, les verres simples de 90 € à 80 € pour un adulte, les verres progressifs de 200 € à 170 €, et le complément sur les aides auditives de classe II de 1 200 € à 1 000 €. Il ajoute en revanche le forfait patient urgences, les séances de psychologue remboursées et la télésurveillance médicale. Les médecines douces restent à 45 € par séance dans la limite de quatre par an, le forfait maternité à 300 €.

    Les dispenses conventionnelles sont limitées : salariés déjà couverts à titre obligatoire dans un autre emploi, sur attestation annuelle ; bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, qui a remplacé la CMU-C et l'aide à la complémentaire santé visées par le texte ; salariés à temps très partiel, moins d'un mi-temps, dont la cotisation atteindrait 10 % de la rémunération, sur demande écrite. L'employeur ne peut jamais les imposer, et il peut prendre à sa charge l'intégralité de la cotisation de ces temps très partiels. Les dispenses d'ordre public du code de la sécurité sociale s'ajoutent à cette liste. L'article 60 organise plusieurs maintiens gratuits : douze mois pour les ayants droit d'un salarié décédé, douze mois à partir du septième mois d'un arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle, ainsi que le maintien du régime et de la part patronale pendant les arrêts indemnisés, et la portabilité de douze mois au plus.

    Principales garanties, sécurité sociale comprise : tableau étendu de 2020 et tableau 2026 de l'avenant n° 113
    PosteTableau étendu · tableau 2026Statut
    HospitalisationFrais de séjour 250 % ; honoraires 300 % OPTAM, 200 % hors OPTAM ; forfait journalier intégral ; chambre particulière 80 € par jour ; accompagnant d'un enfant de moins de 16 ans 25 € par jour · identique, plus forfait patient urgencesImposé par la branche
    Soins courantsGénéralistes 200 % (130 % hors OPTAM) ; spécialistes 250 % (200 %) ; actes techniques et imagerie 200 % (150 %) ; auxiliaires médicaux et analyses 110 % ; pharmacie 100 % · identique, plus psychologues à 100 %Imposé par la branche
    Dentaire100 % Santé sans reste à charge ; prothèses et inlays-onlays 420 % · 350 % ; inlay core 330 % ; orthodontie remboursée 250 % ; non remboursée 300 % · 150 % ; implants 1 000 € × 3 par an ; parodontologie 200 €Imposé par la branche
    Optique100 % Santé sans reste à charge ; monture 100 € · 80 € ; verre simple adulte 90 € · 80 €, complexe 150 € · 140 €, progressif 200 € · 170 €, très complexe 320 € · 290 € ; lentilles 200 € ; chirurgie réfractive 1 500 €Imposé par la branche
    Aides auditives et appareillageClasse I sans reste à charge ; classe II 100 % + 1 200 € · + 1 000 € par oreille, plafond légal de 1 700 € ; orthopédie et appareillage 100 % + 600 € par anImposé par la branche
    Prévention et bien-êtreMédecines douces 45 € × 4 séances ; contraception, sevrage tabagique et densitométrie 80 € chacun ; maternité 300 € ; fécondation in vitro 300 € ; cure thermale 100 % + 250 €Imposé par la branche
    Bénéficiaires et dispensesTous les salariés dès l'embauche, salarié seul ; dispenses : autre couverture obligatoire, complémentaire santé solidaire, temps très partiel à 10 %Imposé par la branche

    Cotisations santé

    Combien coûte la mutuelle d'une pâtisserie (IDCC 1267), et qui paie quoi

    Le dernier texte étendu, l'avenant n° 109 du 24 octobre 2024 (arrêté du 15 juillet 2025), fixe la cotisation mensuelle à 1,49 % du PMSS par salarié du régime général, soit 59,67 € avec le plafond 2026, et à 0,97 % en Alsace-Moselle, 38,85 €. L'avenant n° 113 du 13 novembre 2025 la porte à 1,56 %, soit 62,48 € par mois en 2026, et à 1,01 % en Alsace-Moselle, 40,45 €. C'est le tarif appelé depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 dans le régime mutualisé de la branche, même si l'arrêté d'extension n'était pas encore paru lors de notre dernière vérification.

    La règle de partage est la même dans les deux textes : la contribution de l'employeur est d'au moins 50 %, soit 31,24 € sur 62,48 €, le solde étant précompté sur le salaire. Rien n'interdit de prendre en charge davantage, et la convention autorise expressément l'employeur à payer la totalité de la cotisation des salariés à temps très partiel pour lesquels elle représenterait 10 % du salaire. Il n'existe qu'un tarif, quel que soit l'âge ou la situation de famille du salarié.

    Un point mérite l'attention : en étendant l'avenant n° 109, le ministère a relevé qu'en l'absence de recommandation d'un organisme, la branche ne pilote pas un régime mutualisé ayant une existence conventionnelle. Concrètement, le pourcentage est celui du contrat historique ; chez un autre assureur, ce sont les garanties de l'article 57 et la part patronale de 50 % qui s'imposent, à un prix qui peut différer. Les anciens salariés qui conservent la couverture au titre de la loi Évin paient la cotisation des actifs la première année, puis 125 % et 150 % ; l'avenant n° 113 porte la quatrième année de 180 % à 200 % et les suivantes de 210 % à 220 %. Enfin, 2 % des cotisations financent le comité paritaire de suivi du régime, qui pilote aussi un fonds de prévention santé et un fonds d'action sociale.

    Cotisations conventionnelles de santé (PMSS 2026 = 4 005 €)
    PosteRègleStatut
    Régime général, avenant n° 113 (2026, non étendu)1,56 % du PMSS = 62,48 € par mois, dont au moins 31,24 € pour l'employeurImposé par la branche
    Régime général, avenant n° 109 (étendu)1,49 % du PMSS = 59,67 € par mois, dont au moins 29,84 € pour l'employeurImposé par la branche
    Alsace-Moselle1,01 % = 40,45 € (avenant n° 113) ; 0,97 % = 38,85 € (avenant n° 109 étendu)Imposé par la branche
    Part de l'employeur50 % au minimum ; jusqu'à 100 % pour les temps très partiels dont la cotisation atteindrait 10 % du salaireImposé par la branche
    Conjoint et enfantsAucun tarif conventionnel : extension facultative à organiser dans le contrat de l'entrepriseVous restez libre
    Anciens salariés (loi Évin)100 % la 1ʳᵉ année, 125 % la 2ᵉ (78,10 €), 150 % la 3ᵉ (93,72 €), 200 % la 4ᵉ (124,96 €), 220 % ensuite (137,45 €) ; 180 % et 210 % dans le texte étenduImposé par la branche
    Pilotage du régime2 % des cotisations pour le comité paritaire de suivi ; fonds de prévention santé et fonds d'action socialeImposé par la branche

    Arrêt de travail

    Maintien de salaire en pâtisserie : 90 % pendant 180 jours (article 44)

    L'article 44.1 de la convention garantit au salarié en arrêt de travail 90 % de sa rémunération brute pendant 180 jours, indemnités journalières de la sécurité sociale comprises, nettes de CSG et de CRDS. Quatre conditions se cumulent : justifier d'un an d'ancienneté dans la profession, justifier de son incapacité dans les 48 heures, être pris en charge par la sécurité sociale et être soigné en France ou dans un autre pays de l'Union européenne. L'indemnisation court dès le premier jour en accident du travail ou maladie professionnelle, et à partir du quatrième jour dans les autres cas. Si plusieurs arrêts ont été indemnisés dans les douze mois précédents, le total ne peut dépasser 180 jours.

    L'ancienneté « dans la profession » est une notion propre à la branche, définie à l'article 23.2 : on additionne toutes les périodes de travail dans des entreprises relevant de la convention de la pâtisserie, même séparées par des emplois ailleurs, ainsi que les périodes de chômage indemnisé de moins de douze mois encadrées par deux emplois de la branche. Un pâtissier recruté après plusieurs années chez un confrère a donc droit au maintien dès son premier jour chez vous. Le salaire pris en compte est celui qu'il aurait perçu en travaillant, hors hausse d'horaire causée par son absence.

    Ce maintien est très supérieur au minimum légal, qui se limite à 30 jours à 90 % puis 30 jours aux deux tiers, après sept jours de carence. La branche a rendu cette charge supportable pour de petites entreprises en l'assurant : la cotisation de prévoyance comprend une ligne « maintien de salaire » de 0,80 %, entièrement patronale, et l'annexe au régime prévoit en outre le remboursement des cotisations sociales patronales dues sur les indemnités, dans la limite de 30 % de leur montant brut. À l'issue des 180 jours, l'article 44.2 prend le relais à 75 %. Par ailleurs, l'article 43 garantit l'emploi pendant six mois au salarié ayant un an d'ancienneté.

    Indemnisation de l'arrêt de travail (articles 44.1 et 44.2)
    SituationDurée et tauxStatut
    Au moins 1 an d'ancienneté dans la profession90 % du salaire brut pendant 180 jours, sécurité sociale compriseImposé par la branche
    Point de départ1ᵉʳ jour d'absence en accident du travail ou maladie professionnelle ; 4ᵉ jour dans les autres casImposé par la branche
    Plafond de durée180 jours indemnisés sur 12 mois, tous arrêts confondusImposé par la branche
    Après les 180 jours75 % du salaire brut de référence, tant que la sécurité sociale indemnise, au plus tard jusqu'au 1 095ᵉ jour d'arrêtImposé par la branche
    Moins de 1 an d'ancienneté dans la professionPas de maintien à 90 % ; 75 % du salaire de référence après une franchise fixe de 90 jours par arrêtImposé par la branche
    Nouvel arrêt après épuisement des droits à 90 %75 % dès le 1ᵉʳ jour en AT/MP, dès le 4ᵉ jour sinonImposé par la branche
    Garantie d'emploi (art. 43)6 mois pour le salarié ayant 1 an d'ancienneté ; reclassement recherché si l'emploi ne peut être reprisImposé par la branche
    Attention
    Si vous quittez le régime mutualisé pour un autre assureur, vérifiez que le nouveau contrat couvre bien le maintien de salaire de l'article 44.1 et l'indemnité de départ à la retraite de l'article 23. À défaut, ces deux engagements restent dus par l'entreprise sur ses fonds propres : 180 jours à 90 % pour un seul salarié peuvent peser lourd dans un laboratoire de trois personnes.

    Régime prévoyance

    Prévoyance de la pâtisserie (IDCC 1267) : incapacité, invalidité, décès et rente éducation

    Le régime couvre les salariés cadres et non cadres, titulaires d'un contrat de travail et inscrits à l'effectif, jusqu'à la liquidation de leur retraite. Aucune condition d'ancienneté n'est posée pour l'invalidité, le décès ou la rente éducation ; seule l'indemnisation de l'arrêt de travail dépend de l'ancienneté dans la profession. Depuis l'avenant n° 110 du 26 novembre 2024, étendu le 16 mai 2025, le collège « cadres » réunit les salariés relevant des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017, ainsi que ceux que l'entreprise y assimile avec l'agrément de l'APEC ; tous les autres sont non-cadres. Les VRP sont exclus. Le salaire de référence est le salaire brut soumis à cotisation des douze mois précédant l'arrêt ou le décès, limité à quatre plafonds.

    En incapacité, après le maintien de salaire, les indemnités journalières complètent la sécurité sociale à hauteur de 75 % du salaire brut de référence, au plus tard jusqu'au 1 095ᵉ jour. En invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, ou pour une incapacité permanente d'origine professionnelle d'au moins 66 %, la rente complète la sécurité sociale à 70 % du salaire de référence ; en 1ʳᵉ catégorie, ou pour un taux de 33 à 66 %, elle est égale à 60 % de cette rente. Le cumul ne peut dépasser le salaire net d'avant l'arrêt. Ces taux sont identiques pour les cadres et les non-cadres.

    Le capital décès, versé aussi par anticipation en cas d'invalidité absolue et définitive, est de 100 % du salaire annuel pour un non-cadre, quelle que soit sa situation de famille, majoré de 20 % par personne à charge. Pour un cadre, il atteint en tranche A 200 % s'il est célibataire, veuf ou divorcé, 230 % s'il est marié, pacsé ou en concubinage, montants doublés en cas de décès accidentel, et 150 % ou 180 % en tranche B, avec 40 % par personne à charge. S'y ajoutent une allocation de frais d'obsèques de deux plafonds mensuels, 8 010 € en 2026, dans la limite des frais réels, un capital « double effet » versé aux enfants au décès du conjoint, et une rente éducation de l'OCIRP : 10 % du salaire jusqu'à 16 ans, 12 % de 16 à 19 ans puis jusqu'à 26 ans en cas d'études, 30 ans en apprentissage, avec un minimum de 2 160 € par an, doublée pour les orphelins de père et de mère et viagère pour un enfant invalide.

    Garanties de prévoyance en vigueur (en % du salaire brut de référence, tranches A et B)
    GarantieNon-cadres · cadresStatut
    Maintien de salaire assuré90 % pendant 180 jours après 1 an dans la profession, pour les deux catégoriesImposé par la branche
    Incapacité temporaire75 % en relais du maintien, jusqu'au 1 095ᵉ jour ; franchise de 90 jours sans l'ancienneté requiseImposé par la branche
    Invalidité2ᵉ et 3ᵉ catégories ou AT/MP ≥ 66 % : 70 % ; 1ʳᵉ catégorie ou AT/MP de 33 à 66 % : 60 % de cette renteImposé par la branche
    Décès ou invalidité absolue et définitive100 % + 20 % par personne à charge · TA 200 % (seul) ou 230 % (en couple), TB 150 % ou 180 %, + 40 % par personne à chargeImposé par la branche
    Décès accidentelPas de majoration · capital et majoration doublés sur la tranche AImposé par la branche
    Double effet et obsèquesSecond capital égal au capital de base versé aux enfants à charge ; frais d'obsèques 2 PMSS = 8 010 €, limités aux frais réelsImposé par la branche
    Rente éducation (OCIRP)10 % jusqu'à 16 ans, 12 % de 16 à 19 ans et jusqu'à 26 ans en études ou 30 ans en apprentissage ; minimum 2 160 € par an ; doublée pour les orphelins des deux parentsImposé par la branche

    Cotisations prévoyance

    Taux de prévoyance en vigueur et répartition employeur-salarié

    Les taux en vigueur sont ceux de l'avenant n° 104 du 17 octobre 2023, étendu le 18 décembre 2023 et applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 ; aucun avenant ne les a modifiés depuis. L'assiette est le salaire brut total, primes comprises, découpé en tranche A, jusqu'au plafond de la sécurité sociale, et tranche B, du plafond à quatre fois son montant. Pour les non-cadres, le taux est de 1,84 % sur les deux tranches : 0,13 % pour le décès, 0,27 % pour l'incapacité, 0,42 % pour l'invalidité, 0,05 % pour la rente éducation, soit 0,87 % de prévoyance proprement dite, auxquels s'ajoutent 0,80 % pour le maintien de salaire et 0,17 % pour les indemnités de départ à la retraite. L'employeur en supporte 1,69 %, le salarié 0,15 % seulement.

    Pour les cadres, le taux est de 2,66 % sur la tranche A, entièrement à la charge de l'employeur : 0,98 % de décès, 0,29 % d'incapacité, 0,40 % d'invalidité, 0,05 % de rente éducation, 0,77 % de maintien de salaire et 0,17 % d'indemnités de départ. La part hors maintien et départ, 1,72 %, dépasse l'obligation de 1,50 % de l'ANI de 2017, majoritairement affectée au décès. Sur la tranche B, le taux est également de 2,66 %, dont 2,41 % pour l'employeur et 0,25 % pour le salarié.

    S'ajoute pour tous la cotisation du fonds de péréquation, 0,05 % du salaire brut, exclusivement patronale et collectée avec la prévoyance. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le fonds rembourse à l'employeur 20 % de l'indemnité de licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle lorsque le salarié a moins de 5 ans d'ancienneté, 30 % de 6 à 19 ans, 50 % de 20 à 29 ans et 70 % au-delà de 30 ans, dans la limite des fonds disponibles et d'un dossier par an. L'employeur doit justifier de la couverture santé et prévoyance conventionnelle auprès de l'organisme collecteur, et une carence de deux ans s'applique aux entreprises qui rejoignent tardivement le régime mutualisé.

    Taux applicables depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 (tranche B limitée à 4 plafonds)
    CatégorieTaux et répartitionStatut
    Non-cadres, TA et TB1,84 % : employeur 1,69 %, salarié 0,15 % (dont maintien de salaire 0,80 % et départ à la retraite 0,17 %, entièrement employeur)Imposé par la branche
    Cadres, tranche A2,66 %, entièrement employeur (dont décès 0,98 %, maintien de salaire 0,77 %, départ à la retraite 0,17 %)Imposé par la branche
    Cadres, tranche B2,66 % : employeur 2,41 %, salarié 0,25 % (maintien de salaire 0,89 %)Imposé par la branche
    Fonds de péréquation, toutes catégories0,05 % TA-TB, à la charge exclusive de l'employeurImposé par la branche
    Exemple non-cadre à 2 000 € brut36,80 € par mois dont 33,80 € employeur et 3,00 € salarié, plus 1,00 € de fonds de péréquationImposé par la branche
    Exemple cadre à 4 005 € brut106,53 € par mois, entièrement employeur, plus 2,00 € de fonds de péréquationImposé par la branche
    Barème du fonds depuis 202620 % de l'indemnité avant 5 ans d'ancienneté, 30 % de 6 à 19 ans, 50 % de 20 à 29 ans, 70 % au-delà de 30 ansImposé par la branche

    Choix de l'assureur

    AG2R, assureur historique mais plus désigné : rester ou comparer

    La convention a longtemps désigné AG2R Prévoyance, pour la prévoyance dès 2004 avec l'OCIRP pour la rente éducation, puis pour la santé en 2009. Depuis la décision du Conseil constitutionnel du 13 juin 2013, ces clauses ne peuvent plus produire d'effet : le nota de l'article 67 indique que la désignation d'AG2R a cessé de s'appliquer le 28 octobre 2014 et que, depuis cette date, les entreprises de la branche sont libres de recourir à l'organisme complémentaire de leur choix. L'article 48.5, qui fait encore valoir l'adhésion des entreprises à AG2R et à l'OCIRP, relève de la même logique. L'avenant n° 113 tire les conséquences de cette situation en supprimant la mention de l'organisme dans les articles 55 et 67 et la clause de migration de l'article 68. La branche n'a pas organisé de recommandation au sens de l'article L. 912-1 du code de la sécurité sociale.

    Rester dans le régime mutualisé historique présente des avantages concrets pour une très petite entreprise : un tarif santé unique quel que soit l'âge de l'équipe, l'assurance du maintien de salaire et des indemnités de départ, le remboursement d'une partie des charges patronales sur les indemnités journalières, l'accès au fonds de péréquation, au fonds de prévention santé et au fonds d'action sociale. C'est aussi la garantie d'une conformité immédiate lorsque les partenaires sociaux modifient le tableau.

    Choisir un autre assureur est possible, à condition de reprendre au moins le tableau de l'article 57 poste par poste, les garanties des articles 44 à 47 pour chaque catégorie, et une part patronale d'au moins 50 % en santé et au niveau conventionnel en prévoyance. C'est pertinent pour couvrir la famille, ajouter des options, ou regrouper les contrats de plusieurs établissements. Le point de vigilance est double : le maintien de salaire et l'indemnité de départ doivent rester assurés, et l'accès au fonds de péréquation suppose d'être couvert par le régime conventionnel auprès de l'organisme collecteur. Dans tous les cas, l'acte de mise en place, par exemple une décision unilatérale, doit viser la convention et préciser la répartition et les dispenses.

    Régime mutualisé historique ou assureur libre : ce qui change
    CritèreAG2R Prévoyance / OCIRP · autre assureurStatut
    Tarif santéPourcentage conventionnel du PMSS, unique · tarif propre, garanties de l'article 57 au minimumVous restez libre
    GarantiesTableau conventionnel mis à jour à chaque avenant · conformité à vérifier à chaque avenant, ligne à ligneImposé par la branche
    Maintien de salaire et départ à la retraiteAssurés dans la cotisation de 1,84 % · à faire couvrir expressément, sinon à la charge de l'entrepriseImposé par la branche
    Fonds de péréquationAccessible, après la phase d'amorçage · cotisation de 0,05 % due, accès subordonné à la couverture conventionnelle auprès de l'organisme collecteurImposé par la branche
    Famille et optionsNon prévues par la convention · librement négociablesVous restez libre
    FormalismeBulletin d'adhésion et notice · DUE ou accord visant la convention, notice, attestation de conformité de l'assureurObligatoire (loi)

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    En pâtisserie artisanale, la branche fixe un tableau de garanties santé élevé, une prévoyance qui assure jusqu'au maintien de salaire de l'employeur et une répartition très favorable au salarié, mais elle n'impose ni ne recommande plus aucun assureur.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute entreprise employeur

    • Contrat responsable et panier de soins ANIPlancher légal, largement dépassé par le tableau de branche
    • Portabilité jusqu'à 12 moisSanté et prévoyance, financée par mutualisation
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % TAAbsorbée par les 2,66 % patronaux de la branche
    • Acte de mise en placeDUE ou accord, condition des exonérations sociales
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Chapitre VII et articles 44 à 48, avenants n° 104, 109, 110 et 115

    • Santé pour tous les salariés dès l'embaucheTableau de l'article 57, employeur au moins 50 %
    • Cotisation santé en % du PMSS1,49 % étendu, 1,56 % depuis 2026 (avenant n° 113 en cours d'extension)
    • Maintien de salaire de l'article 44.190 % pendant 180 jours après 1 an dans la profession
    • Prévoyance et fonds de péréquation1,84 % non-cadres dont 1,69 % employeur, 2,66 % cadres, 0,05 % employeur
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • L'assureurDésignation d'AG2R caduque depuis le 28 octobre 2014, pas de recommandation
    • Couvrir le conjoint et les enfantsAucun tarif conventionnel, à négocier dans votre contrat
    • Une participation supérieure à 50 %Jusqu'à 100 % pour les temps très partiels
    • Des garanties ou options supplémentairesAu-dessus du tableau de branche

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC

      1267 pour la pâtisserie artisanale ; une boulangerie-pâtisserie relève en principe de l'IDCC 843.

    2. Prenez le chapitre VII et les articles 44 à 48 comme référence

      Tableau de l'article 57, cotisations des avenants n° 109 et 113, prévoyance de l'avenant n° 104, fonds de péréquation.

    3. Choisissez l'assureur

      Régime mutualisé historique ou autre organisme reprenant toutes les garanties, maintien de salaire et départ à la retraite compris.

    4. Fixez le financement

      Santé à 50 % employeur au minimum, prévoyance non-cadres à 1,69 % employeur et 0,15 % salarié, cadres à 2,66 % en tranche A, fonds à 0,05 %.

    5. Formalisez et informez

      DUE, notices, dispenses écrites et justificatifs annuels, suivi de l'ancienneté dans la profession pour le maintien de salaire.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Pâtisserie

    Oui, pour tous les salariés, dès l'embauche et sans condition d'ancienneté depuis le 1ᵉʳ janvier 2016. Au-delà de l'obligation légale, la convention de la pâtisserie (IDCC 1267) impose un régime conventionnel avec un tableau de garanties défini à l'article 57 et une participation de l'employeur d'au moins 50 %.

    Un contrat au niveau de la convention de la pâtisserie, chez l'assureur de votre choix

    Décrivez votre entreprise en 3 minutes : un conseiller vérifie la conformité de votre mutuelle et de votre prévoyance à la convention 1267, maintien de salaire compris, compare les contrats du marché ligne à ligne et vous accompagne sur la DUE.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale de la pâtisserie du 30 juin 1983, IDCC 1267, étendue par arrêté du 29 décembre 1983 (Légifrance, KALICONT000005635611) ; articles 23, 43, 44 à 48 ; avenant n° 64 du 31 décembre 2008, étendu par arrêté du 9 juillet 2009 ; avenant n° 68 du 27 octobre 2009, étendu par arrêté du 23 décembre 2010 ; avenant n° 77 du 21 février 2013, étendu par arrêté du 22 novembre 2013 · Chapitre VII « Régime frais de santé » : avenant n° 67 du 27 octobre 2009, étendu par arrêté du 25 mai 2010 ; avenant n° 85 du 11 décembre 2015, étendu 21 février 2017 ; avenant n° 92 bis du 19 septembre 2019, étendu 18 septembre 2020 ; avenant n° 109 du 24 octobre 2024, étendu par arrêté du 15 juillet 2025 ; avenant n° 113 du 13 novembre 2025 (BOCC 2025-49, avis d'extension au JO du 9 décembre 2025, non étendu à la date de vérification) · Régime de prévoyance : avenant n° 48 du 9 mars 2004 et son annexe ; avenant n° 79 du 2 juillet 2013, étendu 13 novembre 2014 ; avenant n° 90 du 17 janvier 2019, étendu 23 décembre 2019 ; avenant n° 91 du 16 mai 2019, étendu 3 juin 2022 ; avenant n° 104 du 17 octobre 2023, étendu 18 décembre 2023 ; avenant n° 110 du 26 novembre 2024, étendu 16 mai 2025 ; avenant n° 98 du 7 juillet 2022, étendu 10 juillet 2023, modifié par l'avenant n° 115 du 19 mars 2026, étendu par arrêté du 3 juillet 2026 · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, R. 242-1-1 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale ; décision n° 2013-672 DC du Conseil constitutionnel du 13 juin 2013 ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)