Mutuelle boucherie (IDCC 3254) : un régime de branche à 54,10 € par mois partagé à moitié, et une prévoyance où l'employeur assure aussi le maintien de salaire
Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, la convention de la boucherie (ancien IDCC 992) est remplacée par la convention fusionnée boucherie-poissonnerie (IDCC 3254). Pour une boucherie artisanale, l'essentiel demeure : une complémentaire santé obligatoire pour tous les salariés dès l'embauche, avec une grille de garanties et une cotisation fixées en euros par la branche, et un régime de prévoyance qui couvre l'incapacité, l'invalidité, le décès, la rente éducation, mais aussi le maintien de salaire et l'indemnité de départ à la retraite que l'employeur doit verser.
La branche en bref
IDCC 3254- Convention
- Convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024, étendue par arrêté du 29 septembre 2025, en vigueur depuis le 1ᵉʳ novembre 2025
- IDCC
- 3254 — remplace l'IDCC 992 (boucherie, boucherie-charcuterie, boucherie hippophagique, triperie, commerces de volailles et gibiers, convention du 12 décembre 1978) et l'IDCC 1504 (poissonnerie)
- Régime santé
- Article 62 (tronc commun) et article 88 (secteur boucherie) ; cotisation portée à 54,10 € par l'avenant n° 3-B du 15 octobre 2025, étendu par arrêté du 21 mai 2026 ; 56,26 € au 1ᵉʳ janvier 2026 par l'avenant n° 7-B du 27 novembre 2025, non étendu
- Régime prévoyance
- Article 63 (tronc commun) et article 89 (secteur boucherie), garanties d'incapacité et d'invalidité en place dans la branche depuis le 1ᵉʳ mai 2018 ; avenant n° 11-B du 26 mars 2026 (frais d'obsèques, apprentis), non étendu
- Organisme recommandé
- Aucun dans le texte étendu ; AG2R Agirc-Arrco n'est désignée que pour la retraite complémentaire (article 87.1)
- Maintien de salaire
- Articles 50 et 75 : 90 % de la rémunération brute pendant 60 à 180 jours selon l'ancienneté, assuré par une cotisation de 0,63 % à la charge de l'employeur
- 54,10 €
- par mois et par salarié pour la mutuelle de branche, soit 1,35 % du PMSS 2026, dont 27,05 € pour l'employeur et 27,05 € pour le salarié ; 56,26 € depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 selon un avenant non étendu
- 1,48 %
- du salaire brut, tranches A et B, pour l'incapacité, l'invalidité, le décès et les rentes : 0,89 % pour l'employeur et 0,59 % pour le salarié, cadres et non-cadres confondus
- 0,98 %
- de plus à la charge de l'employeur seul : 0,63 % pour assurer le maintien de salaire et 0,35 % pour les indemnités de départ à la retraite et de licenciement pour inaptitude
- 200 %
- du salaire annuel en capital décès quelle que soit la situation de famille, plus une rente éducation de 20 à 25 % par enfant ou, à défaut d'enfant, une rente de conjoint de 5 %
L'IDCC 992 a laissé la place à l'IDCC 3254, sans rupture de garanties
La convention de 1978 est remplacée depuis le 1ᵉʳ novembre 2025 par la convention fusionnée boucherie-poissonnerie. Elle comprend un tronc commun et une partie propre à la boucherie, qui reprend le régime santé et le régime de prévoyance de l'ancienne branche. Le bulletin de paie doit désormais mentionner la nouvelle convention.
Une mutuelle tarifée en euros, partagée à moitié, avec une grille généreuse
La cotisation étendue est de 54,10 € par mois, 32,45 € en Alsace-Moselle, financée à 50 % par l'employeur. La grille prévoit 200 % en hospitalisation et en consultations, 330 % sur les prothèses dentaires, 800 € par implant, 1 000 € de chirurgie réfractive et trois séances d'ostéopathie à 50 €. Un avenant non étendu porte le tarif à 56,26 € en 2026.
Une prévoyance qui assure aussi les obligations de l'employeur
Tous les salariés sont couverts dès l'embauche : 70 % du salaire en arrêt maladie, 90 % en accident du travail, 70 % en invalidité, 200 % en décès. L'employeur finance en plus, seul, l'assurance du maintien de salaire de l'article 75 et le remboursement de l'indemnité de départ à la retraite, ce qui lisse ces charges pour une petite entreprise.
Vos obligations
Ce que la convention de la boucherie (IDCC 3254, ex-IDCC 992) impose au-delà de la loi
Première chose à savoir : la convention collective de la boucherie du 12 décembre 1978 (IDCC 992) n'existe plus en tant que telle. Les branches de la boucherie et de la poissonnerie ont signé le 24 septembre 2024 une convention unique, étendue par arrêté du 29 septembre 2025 et entrée en vigueur le 1ᵉʳ novembre 2025 sous l'IDCC 3254. Son préambule précise qu'elle « emporte abrogation et se substitue purement et simplement » aux deux anciennes conventions et à leurs avenants. Elle s'organise en un tronc commun, une partie II propre au secteur de la boucherie et une partie III propre à la poissonnerie. Pour une boucherie, une boucherie-charcuterie, un boucher-traiteur, une triperie ou un volailler, il faut donc lire ensemble les articles communs et ceux de la partie II.
La loi impose à tout employeur une complémentaire santé collective couvrant au moins le panier de soins ANI, financée à 50 %. La branche va nettement plus loin. L'article 62 rend le régime de frais de santé obligatoire pour tous les salariés dès leur date d'entrée dans l'entreprise, avec un financement partagé à moitié, et l'article 88 fixe pour la boucherie une cotisation en euros, une grille de garanties détaillée et un fonds de solidarité. Les parties y affirment le « caractère impératif » de ces dispositions : on ne peut y déroger que par des garanties au moins équivalentes.
En prévoyance, l'article 63 couvre lui aussi tous les salariés dès l'embauche, sans distinguer cadres et non-cadres, et l'article 89 y ajoute pour la boucherie une rente éducation et une rente de conjoint. Particularité de la branche : le contrat de prévoyance assure également la garantie de rémunération, c'est-à-dire le maintien de salaire dû par l'employeur en cas d'arrêt, ainsi que l'indemnité de départ à la retraite et la moitié de l'indemnité de licenciement pour inaptitude. Ces trois postes sont financés par l'employeur seul.
| Disposition | Ce que ça implique | Statut |
|---|---|---|
| Complémentaire santé de branche | Tous les salariés dès l'entrée dans l'entreprise, grille de garanties de l'article 88.3 au minimum, contrat responsable visant la convention | Imposé par la branche |
| Financement santé | 54,10 € par mois (32,45 € en Alsace-Moselle), moitié employeur, moitié salarié ; 56,26 € et 33,75 € depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 selon l'avenant n° 7-B, non étendu | Imposé par la branche |
| Maintien de salaire (art. 50 et 75) | 90 % du brut pendant 60 à 180 jours selon l'ancienneté, dès le 1ᵉʳ jour en accident du travail, de trajet ou hospitalisation, dès le 8ᵉ jour sinon | Imposé par la branche |
| Prévoyance pour tout le personnel | Dès l'embauche : incapacité 70 % (90 % en AT/MP), invalidité 70 %, décès 200 %, double effet, rente éducation 20 à 25 % ou rente de conjoint 5 % | Imposé par la branche |
| Financement prévoyance | 1,48 % du salaire dont 0,89 % employeur et 0,59 % salarié, plus 0,63 % et 0,35 % à la charge de l'employeur seul | Imposé par la branche |
| Solidarité | 2 % de la cotisation santé affectés à un fonds de solidarité, gratuités en cas d'arrêt long pour accident du travail et de décès, rapport annuel à transmettre à la commission paritaire | Imposé par la branche |
| Choix de l'assureur | Aucun organisme recommandé ni désigné dans le texte étendu | Vous restez libre |
Régime santé
Mutuelle de la boucherie (IDCC 3254) : garanties, bénéficiaires et dispenses
Le régime couvre tous les salariés, à titre obligatoire, dès leur date d'entrée dans l'entreprise : aucune condition d'ancienneté, que le contrat soit à durée indéterminée ou déterminée, à temps plein ou partiel, apprentis compris. Les garanties sont « responsables » et s'entendent remboursement de la sécurité sociale inclus. La grille de l'article 88.3, publiée au Bulletin officiel des conventions collectives, est d'un bon niveau pour une branche artisanale : 200 % de la base de remboursement sur les frais de séjour, 220 % sur les honoraires hospitaliers des médecins adhérant à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée, 200 % sur les consultations de généralistes et de spécialistes, une chambre particulière à 50 € par jour et 25 € par jour pour accompagner un enfant de moins de 16 ans.
Le dentaire est remboursé à 330 % sur les prothèses et les inlays-onlays, 280 % sur l'orthodontie, avec 800 € par implant dans la limite de trois par an et 200 € de parodontologie. En optique, hors équipements 100 % Santé, la monture est prise à 100 € et chaque verre de 70 à 150 € selon sa complexité ; s'y ajoutent 160 € de lentilles par an et 1 000 € de chirurgie réfractive. Les aides auditives de classe II sont remboursées à 100 % de la base plus 800 € par oreille. Parce que le métier sollicite le dos et les articulations, le salarié dispose de trois séances à 50 € d'ostéopathie, de chiropractie, d'acupuncture, d'étiopathie ou de nutritionniste par an, et le fonds de solidarité peut en financer quatre de plus. Le régime verse aussi un forfait de 250 € à la naissance ou à l'adoption, 250 € pour une cure thermale, 50 € de vaccins et 30 € de sevrage tabagique.
Les dispenses sont celles des articles L. 911-7 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale, à l'initiative du seul salarié : bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, salariés couverts par une assurance individuelle jusqu'à son échéance, salariés déjà couverts à titre obligatoire par ailleurs, y compris comme ayants droit. L'arrêté d'extension rappelle que les dispenses légales des contrats courts et des temps très partiels s'appliquent aussi. La demande est écrite, accompagnée des justificatifs, dans les trente jours suivant l'embauche, et doit mentionner que le salarié a été informé des conséquences de son choix. Les garanties sont maintenues pendant toute suspension du contrat indemnisée ; au-delà de quinze jours d'absence non rémunérée, le salarié peut les conserver en payant la totalité de la cotisation.
| Poste | Niveau de remboursement | Statut |
|---|---|---|
| Hospitalisation | Frais de séjour 200 % ; honoraires 220 % (200 % hors pratique tarifaire maîtrisée) ; forfait journalier intégral ; chambre particulière 50 € par jour ; accompagnant d'un enfant de moins de 16 ans 25 € par jour ; transport 100 % | Imposé par la branche |
| Soins courants | Généralistes, spécialistes et actes techniques 200 % (180 % hors pratique tarifaire maîtrisée) ; imagerie 130 % (110 %) ; auxiliaires médicaux, analyses et pharmacie 100 % ; appareillage 100 % + 500 € par an | Imposé par la branche |
| Dentaire | 100 % Santé sans reste à charge ; soins 100 % ; prothèses et inlays-onlays 330 % ; orthodontie 280 % ; implants 800 € par acte, 3 par an ; parodontologie 200 € par an | Imposé par la branche |
| Optique | 100 % Santé sans reste à charge ; classe B : monture 100 €, verre unifocal 70 ou 110 €, verre progressif 130 ou 150 € ; lentilles 160 € par an ; chirurgie réfractive 1 000 € par an | Imposé par la branche |
| Aides auditives | Classe I sans reste à charge ; classe II 100 % + 800 € par oreille (300 € jusqu'à 20 ans), dans la limite de 1 700 € ; piles et accessoires 100 % + 400 € par an | Imposé par la branche |
| Prévention et bien-être | Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, étiopathie, nutritionniste : 3 séances à 50 € par an, 4 de plus via le fonds de solidarité ; vaccins 50 € ; sevrage tabagique 30 € ; cure thermale 250 € ; naissance ou adoption 250 € | Imposé par la branche |
| Bénéficiaires et dispenses | Tous les salariés dès l'embauche ; dispenses légales à l'initiative du salarié, demande écrite sous 30 jours avec justificatifs | Imposé par la branche |
Cotisations santé
Combien coûte la mutuelle d'une boucherie (IDCC 3254), et qui paie quoi
Contrairement à la plupart des branches, la boucherie n'exprime pas sa cotisation en pourcentage du plafond de la sécurité sociale mais en euros. Le montant étendu, issu de l'avenant n° 3-B du 15 octobre 2025 (arrêté du 21 mai 2026), est de 54,10 € par mois et par salarié, soit l'équivalent de 1,35 % du PMSS 2026, et de 32,45 € pour les salariés relevant du régime local d'Alsace-Moselle. L'article 62.5 impose un financement à moitié par l'employeur et à moitié par le salarié : 27,05 € chacun. La cotisation ne dépend ni de l'âge, ni de l'état de santé, ni du salaire.
Les partenaires sociaux ont signé le 27 novembre 2025 un avenant n° 7-B qui porte ces montants à 56,26 € et 33,75 € à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, soit 28,13 € pour chacun et l'équivalent de 1,40 % du PMSS. À la date de nos sources, cet avenant n'était pas étendu : il s'applique aux entreprises adhérentes des organisations signataires et, en pratique, aux contrats dont l'assureur a répercuté le nouveau tarif, mais il n'est pas encore opposable à toutes les boucheries. Pour mémoire, la cotisation était de 51,50 € en 2024 ; la hausse annuelle tourne autour de 4 à 5 %.
Deux pour cent de la cotisation alimentent un fonds de solidarité, utilisé en priorité pour limiter la cotisation des retraités de la branche, puis pour des aides exceptionnelles et pour la prévention auprès des apprentis en centre de formation. Une indemnité égale à 2 % des cotisations finance par ailleurs le comité paritaire de suivi. La convention ne fixe pas de tarif pour le conjoint ou les enfants : leur couverture relève du contrat choisi par l'entreprise. Les anciens salariés bénéficient du maintien prévu par la loi Évin, et le contrat doit proposer aux retraités, au-delà de trois ans, des garanties identiques avec un objectif de cotisation plafonnée à 300 % de celle des actifs.
| Poste | Règle | Statut |
|---|---|---|
| Salarié, régime général (étendu) | 54,10 € par mois, soit 1,35 % du PMSS : 27,05 € employeur et 27,05 € salarié | Imposé par la branche |
| Salarié, Alsace-Moselle (étendu) | 32,45 € par mois, partagés à moitié | Imposé par la branche |
| Tarif au 1ᵉʳ janvier 2026 (avenant n° 7-B, non étendu) | 56,26 € par mois, soit 28,13 € chacun ; 33,75 € en Alsace-Moselle | Imposé par la branche |
| Salarié en arrêt pour accident du travail de plus de 6 mois | Garantie maintenue sans cotisation pendant 12 mois à compter du 7ᵉ mois d'arrêt | Imposé par la branche |
| Ayants droit d'un salarié décédé | Garantie maintenue gratuitement pendant 12 mois | Imposé par la branche |
| Conjoint et enfants du salarié | Pas de tarif conventionnel : extension facultative selon le contrat retenu | Vous restez libre |
| Anciens salariés et retraités | Loi Évin : tarif des actifs la 1ʳᵉ année, + 25 % la 2ᵉ, + 50 % la 3ᵉ ; ensuite objectif de 300 % au plus grâce au fonds de solidarité | Imposé par la branche |
Arrêt de travail
Maintien de salaire en boucherie : 90 % du brut, de 60 à 180 jours
L'article 50 du tronc commun ouvre droit à une indemnité complémentaire aux indemnités journalières de la sécurité sociale, à trois conditions : avoir justifié de l'arrêt dans les 48 heures, être pris en charge par la sécurité sociale et être soigné en France ou dans l'Union européenne. L'indemnisation court dès le premier jour en cas d'accident du travail, de maladie professionnelle, d'accident de trajet ou d'hospitalisation, et à compter du huitième jour dans les autres cas, sous réserve du droit local en Alsace-Moselle.
Pour le secteur de la boucherie, l'article 75 fixe un taux unique de 90 % de la rémunération brute, pendant une durée qui augmente avec l'ancienneté, appréciée au premier jour de l'absence : 60 jours de un à cinq ans, 80 jours de six à dix ans, puis vingt jours de plus par tranche de cinq ans jusqu'à 180 jours à partir de trente-et-un ans. Les indemnités déjà versées au cours des douze mois précédents s'imputent sur ces durées. Sont déduites les indemnités journalières, réputées servies intégralement même si la caisse les réduit, et la part des prestations de prévoyance financée par l'employeur.
Ce maintien est assuré : l'employeur verse une cotisation de 0,63 % du salaire au titre de la « garantie de rémunération », et l'organisme de prévoyance lui rembourse les sommes avancées. Une fois les droits épuisés, la garantie d'incapacité prend le relais à 70 % du salaire, ou 90 % en accident du travail. L'article 76 protège en outre l'emploi du salarié malade pendant trois mois entre un et huit ans d'ancienneté et six mois au-delà, avec une priorité de réembauche de six mois en cas de remplacement définitif.
| Ancienneté | Durée indemnisée | Statut |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 60 jours à 90 % | Imposé par la branche |
| 6 à 10 ans | 80 jours à 90 % | Imposé par la branche |
| 11 à 15 ans | 100 jours à 90 % | Imposé par la branche |
| 16 à 20 ans | 120 jours à 90 % | Imposé par la branche |
| 21 à 25 ans | 140 jours à 90 % | Imposé par la branche |
| 26 à 30 ans | 160 jours à 90 % | Imposé par la branche |
| À compter de 31 ans | 180 jours à 90 % | Imposé par la branche |
Régime prévoyance
Prévoyance de la boucherie (IDCC 3254) : incapacité, invalidité, décès et rentes
L'article 63 couvre tous les salariés dès leur entrée dans l'entreprise, sans condition d'ancienneté et sans distinction entre cadres et non-cadres : le texte précise qu'il se substitue à toute autre disposition, « notamment en ce qui concerne la prévoyance des cadres ». Le salaire de référence est la rémunération brute des douze derniers mois, tranche A jusqu'au plafond de la sécurité sociale et tranche B de un à quatre plafonds. Les garanties d'incapacité et d'invalidité existent dans la branche depuis le 1ᵉʳ mai 2018 : seuls les arrêts ayant débuté après cette date y ouvrent droit.
En incapacité temporaire, l'indemnité journalière complémentaire porte le revenu à 70 % du salaire de référence, sécurité sociale comprise, et à 90 % en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Elle est versée en relais du maintien de salaire pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté, et à compter du 61ᵉ jour d'arrêt continu pour les autres. Une rechute dans les deux mois ne fait pas courir de nouvelle franchise. En invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, ou pour une incapacité permanente d'au moins 66 %, la rente atteint 70 % du salaire ; en 1ʳᵉ catégorie, ou entre 33 et 66 % d'incapacité, elle est égale aux deux tiers de ce montant. Le salarié est exonéré de cotisations de prévoyance dès que ses droits au maintien de salaire sont épuisés.
En cas de décès, quelle qu'en soit la cause, les bénéficiaires reçoivent un capital de 200 % du salaire de référence, qui peut être versé par anticipation en cas d'invalidité absolue et définitive. Si le conjoint décède à son tour en laissant des enfants à charge, ceux-ci perçoivent un second capital identique. L'article 89 ajoute une rente éducation de 20 % du salaire par enfant jusqu'à 12 ans, puis 25 % jusqu'à 18 ans, 26 ans en cas d'études ou 30 ans en apprentissage, doublée pour les orphelins de père et de mère et viagère pour l'enfant invalide ; en l'absence d'enfant, le conjoint, partenaire ou concubin perçoit une rente temporaire de 5 % jusqu'à l'âge légal de la retraite. Un avenant n° 11-B du 26 mars 2026, non étendu, ajoute au 1ᵉʳ juillet 2026 une allocation d'obsèques de 50 % du PMSS, 2 002,50 € en 2026, au décès du salarié, de son conjoint ou d'un enfant à charge.
| Garantie | Niveau | Statut |
|---|---|---|
| Incapacité temporaire | 70 % du salaire, 90 % en AT/MP, sécurité sociale comprise ; en relais du maintien de salaire après 1 an d'ancienneté, au 61ᵉ jour continu avant 1 an | Imposé par la branche |
| Invalidité 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, IPP ≥ 66 % | Rente de 70 % du salaire, sécurité sociale comprise | Imposé par la branche |
| Invalidité 1ʳᵉ catégorie, IPP de 33 à 66 % | Deux tiers de la rente de 2ᵉ catégorie | Imposé par la branche |
| Décès ou invalidité absolue et définitive | Capital de 200 % du salaire, toutes causes, sans condition de situation de famille ; double effet : 100 % de plus aux enfants | Imposé par la branche |
| Rente éducation | 20 % jusqu'à 12 ans, 25 % jusqu'à 18 ans, 26 ans si études ou 30 ans si apprentissage ; doublée pour l'orphelin de père et de mère | Imposé par la branche |
| Rente de conjoint substitutive | 5 % du salaire jusqu'à l'âge légal de la retraite, en l'absence d'enfant à charge | Imposé par la branche |
| Frais d'obsèques (avenant n° 11-B, non étendu) | 50 % du PMSS = 2 002,50 € au décès du salarié, du conjoint ou d'un enfant à charge, à compter du 1ᵉʳ juillet 2026 | Imposé par la branche |
Cotisations prévoyance
Taux de prévoyance en vigueur et répartition employeur-salarié
L'article 89 fixe trois cotisations partagées, assises sur le salaire brut des tranches A et B. L'incapacité-invalidité coûte 0,83 %, répartis à 65 % pour l'employeur et 35 % pour le salarié, soit 0,54 % et 0,29 %. Le décès et l'invalidité absolue et définitive coûtent 0,40 %, partagés à moitié. La rente éducation et la rente de conjoint coûtent 0,25 %, dont 0,15 % pour l'employeur et 0,10 % pour le salarié. Au total, 1,48 % du salaire, dont 0,89 % à la charge de l'employeur et 0,59 % à celle du salarié, pour les cadres comme pour les non-cadres.
S'y ajoutent deux cotisations à la charge exclusive de l'employeur : 0,63 % pour la garantie de rémunération, qui finance le maintien de salaire de l'article 75, et 0,35 % pour l'indemnité de départ à la retraite, remboursée en totalité à l'entreprise à jour de ses cotisations et majorée depuis 2024 d'un forfait pour charges patronales, et pour l'indemnité de licenciement pour inaptitude, remboursée à 50 %. Cette dernière cotisation était appelée à 0,25 % jusqu'au 31 décembre 2024. L'enveloppe complète atteint donc 2,46 % du salaire, dont 1,87 % pour l'employeur.
L'avenant n° 11-B du 26 mars 2026, non étendu, ne change pas ces taux mais prévoit que, pour les apprentis, la cotisation de 1,48 % soit appelée à 0,89 % et prise en charge en totalité par l'employeur tant que les résultats du régime le permettent, le fonds de solidarité pouvant financer la part salariale. Pour un cadre, vérifiez avec votre assureur que la part patronale sur la tranche A satisfait l'obligation de 1,50 % de l'accord national du 17 novembre 2017 ; l'article 87.3 permet par ailleurs d'assimiler aux cadres, par décision écrite, les salariés des niveaux V et VI de la classification.
| Garantie | Taux et répartition | Statut |
|---|---|---|
| Incapacité-invalidité | 0,83 % : employeur 0,54 %, salarié 0,29 % | Imposé par la branche |
| Décès et invalidité absolue et définitive | 0,40 % : employeur 0,20 %, salarié 0,20 % | Imposé par la branche |
| Rente éducation et rente de conjoint | 0,25 % : employeur 0,15 %, salarié 0,10 % | Imposé par la branche |
| Sous-total partagé | 1,48 % : employeur 0,89 %, salarié 0,59 % | Imposé par la branche |
| Garantie de rémunération (maintien de salaire) | 0,63 % à la charge de l'employeur seul | Imposé par la branche |
| Indemnités de départ à la retraite et d'inaptitude | 0,35 % à la charge de l'employeur seul | Imposé par la branche |
| Exemple à 2 000 € brut | 29,60 € partagés, dont 17,80 € employeur et 11,80 € salarié, plus 19,60 € employeur seul : 49,20 € par mois dont 37,40 € pour l'entreprise | Imposé par la branche |
Choix de l'assureur
Aucun organisme recommandé dans le texte : comment choisir
La convention étendue ne recommande ni ne désigne aucun assureur, ni en santé, ni en prévoyance. Les articles 62.8 et 63.10 demandent seulement aux entreprises d'« organiser l'application intégrale du dispositif conventionnel par la souscription de contrats d'assurance » qui font expressément référence à la convention. Le seul organisme nommé est AG2R Agirc-Arrco, pour la retraite complémentaire, ce qui est sans lien avec la mutuelle. L'arrêté d'extension a d'ailleurs émis une réserve sur la clause relative aux réserves d'un « dispositif de mutualisation organisé par la branche », en rappelant que l'article L. 912-1 du code de la sécurité sociale n'autorise qu'une recommandation après mise en concurrence.
Le texte laisse pourtant deviner l'existence d'un contrat de référence : la cotisation est fixée en euros, la grille renvoie aux « conditions générales » du régime et l'article 86 évoque « la convention conclue avec » l'organisme de prévoyance pour le remboursement de l'indemnité de départ à la retraite. Adhérer à ce contrat calibré par la branche est souvent le plus simple. Mais un autre assureur est parfaitement possible, à condition de reprendre la grille de l'article 88.3 poste par poste, d'assurer les gratuités de l'article 88.2, d'affecter 2 % de la cotisation à des actions de solidarité, de couvrir la garantie de rémunération et les indemnités de fin de carrière, et de transmettre chaque année à la commission paritaire le rapport sur la solidarité avant le 31 décembre.
Comparez donc à périmètre identique : un contrat moins cher que 54,10 € qui oublierait les 800 € par implant ou les séances d'ostéopathie ne serait pas conforme, et un contrat de prévoyance sans garantie de rémunération laisserait le maintien de salaire à la charge directe de l'entreprise. En cas de changement d'assureur, l'article 63.10 impose d'organiser la poursuite de la revalorisation des rentes en cours et le maintien de la garantie décès des salariés en arrêt.
| Critère | Ce qu'il faut vérifier | Statut |
|---|---|---|
| Garanties santé | Grille de l'article 88.3 reprise ligne à ligne, contrat responsable, référence expresse à la convention IDCC 3254 | Imposé par la branche |
| Tarif | 54,10 € étendus (56,26 € selon l'avenant non étendu) dans le contrat calibré par la branche ; tarif propre ailleurs, toujours partagé à moitié au moins | Vous restez libre |
| Solidarité | 2 % de la cotisation, gratuités AT/MP et décès, offre aux retraités, rapport annuel à la commission paritaire | Imposé par la branche |
| Prévoyance | Garanties des articles 63 et 89, plus la garantie de rémunération et le remboursement des indemnités de retraite et d'inaptitude | Imposé par la branche |
| Changement d'assureur | Revalorisation des rentes en cours et maintien du décès pour les salariés en arrêt, à la charge de l'ancien ou du nouvel organisme | Obligatoire (loi) |
| Formalisme | Décision unilatérale ou accord, notice remise à chaque salarié, formulaire de désignation du bénéficiaire du capital décès remis à l'embauche | Obligatoire (loi) |
Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert
Dans la boucherie artisanale, la branche fixe la grille et le prix de la mutuelle, organise une prévoyance identique pour tous dès l'embauche et fait assurer le maintien de salaire, mais elle laisse l'entreprise libre de son assureur.
Imposé par la loi
S'applique à toute entreprise employeur
- Contrat responsable et panier de soins ANIPlancher légal, largement dépassé par la grille de branche
- Portabilité jusqu'à 12 moisSanté et prévoyance, pour les salariés indemnisés par l'assurance chômage
- Prévoyance des cadres à 1,50 % de la tranche AÀ vérifier au regard des 0,89 % de part patronale conventionnelle
- Acte de mise en placeDUE ou accord, condition des exonérations sociales
Imposé par la convention
Articles 50, 62, 63, 75, 88 et 89 de la convention IDCC 3254
- Santé pour tous dès l'embaucheGrille de l'article 88.3, 54,10 € partagés à moitié
- Maintien de salaire à 90 %De 60 à 180 jours, assuré par 0,63 % employeur
- Prévoyance sans condition d'anciennetéIncapacité 70 ou 90 %, invalidité 70 %, décès 200 %, rentes
- Cotisations de prévoyance1,48 % dont 0,89 % employeur, plus 0,98 % employeur seul
Vous restez libre
Rien ne vous est imposé sur ces points
- L'assureurAucun organisme recommandé dans le texte étendu
- La couverture du conjoint et des enfantsPas de tarif conventionnel, selon le contrat
- Une participation supérieure à 50 %Sur la santé comme sur la prévoyance
- Assimiler les niveaux V et VI aux cadresPar acte écrit, agrément APEC du 5 février 2025
Mettre votre entreprise en règle, étape par étape
Vérifiez votre IDCC
3254 depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, à la place du 992 ; secteur boucherie, partie II de la convention.
Prenez les articles 62, 63, 88 et 89 comme référence
Grille santé de l'article 88.3, garanties et taux de prévoyance, barème de maintien de l'article 75.
Choisissez l'assureur
Contrat mutualisé de la profession ou autre organisme, avec attestation de conformité à la convention et aux mesures de solidarité.
Fixez le financement
Santé partagée à moitié, prévoyance à 0,89 % employeur et 0,59 % salarié, 0,63 % et 0,35 % à la charge de l'entreprise.
Formalisez et informez
DUE, notices, dispenses écrites sous 30 jours, formulaire de désignation du bénéficiaire, mise à jour des bulletins de paie.
Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.
Questions fréquentes, Boucherie, boucherie-charcuterie
Non. Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, elle est remplacée par la convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie du 24 septembre 2024, IDCC 3254, étendue par arrêté du 29 septembre 2025. Les boucheries relèvent du tronc commun et de la partie II, qui reprend le régime santé et le régime de prévoyance de l'ancienne branche.
Oui, pour tous les salariés, dès leur date d'entrée dans l'entreprise, apprentis compris. La convention impose une grille de garanties précise et une cotisation de 54,10 € par mois, 32,45 € en Alsace-Moselle, financée à moitié par l'employeur. Seules les dispenses prévues par la loi sont possibles, à la demande écrite du salarié dans les trente jours.
Le montant étendu est de 54,10 € par mois et par salarié, soit 27,05 € pour l'employeur et 27,05 € pour le salarié. Un avenant n° 7-B du 27 novembre 2025 porte la cotisation à 56,26 € au 1ᵉʳ janvier 2026, soit 28,13 € chacun, mais il n'était pas étendu à la date de nos sources : il ne s'impose donc pas encore à toutes les entreprises.
Non. Le texte étendu ne recommande ni ne désigne aucun organisme pour la santé ou la prévoyance ; AG2R Agirc-Arrco n'est citée que pour la retraite complémentaire. Vous pouvez choisir tout assureur, à condition que le contrat vise la convention, reprenne la grille de garanties, finance les 2 % de solidarité et couvre la garantie de rémunération.
Après un an d'ancienneté, 90 % de sa rémunération brute, indemnités journalières comprises, à partir du huitième jour d'arrêt, ou dès le premier jour en cas d'accident du travail, de trajet ou d'hospitalisation, pendant 60 à 180 jours selon l'ancienneté. La prévoyance prend ensuite le relais à 70 % du salaire, 90 % en accident du travail. Avant un an d'ancienneté, elle intervient au 61ᵉ jour d'arrêt continu.
1,48 % du salaire brut pour l'incapacité, l'invalidité, le décès et les rentes, dont 0,89 % à la charge de l'employeur et 0,59 % à celle du salarié. L'employeur verse en plus, seul, 0,63 % pour assurer le maintien de salaire et 0,35 % pour les indemnités de départ à la retraite et d'inaptitude. Pour un salaire de 2 000 € brut, cela représente 37,40 € par mois pour l'entreprise et 11,80 € pour le salarié.
Un capital de 200 % du salaire annuel de référence, quelle que soit la cause du décès et la situation de famille, doublé au profit des enfants si le conjoint décède à son tour. S'y ajoute une rente éducation de 20 % du salaire par enfant jusqu'à 12 ans puis 25 %, ou, à défaut d'enfant, une rente de conjoint de 5 % jusqu'à l'âge de la retraite. Une allocation d'obsèques de 2 002,50 € est prévue au 1ᵉʳ juillet 2026 par un avenant non étendu.
Oui. L'article 86 prévoit que l'indemnité, de un mois de salaire après dix ans dans la profession à quatre mois et demi après quarante ans, est remboursée en totalité par l'organisme de prévoyance à l'entreprise à jour de ses cotisations, avec depuis 2024 un forfait pour les charges patronales. L'indemnité de licenciement pour inaptitude est remboursée à 50 %. C'est l'objet de la cotisation patronale de 0,35 %.
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Sources : Convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024, IDCC 3254, étendue par arrêté du 29 septembre 2025 (JORF 4 octobre 2025), en vigueur le 1ᵉʳ novembre 2025 : préambule, articles 50, 62, 63, 75, 76, 85 à 89 (Légifrance, KALICONT000052370692) ; elle remplace la convention de la boucherie du 12 décembre 1978, IDCC 992 (KALICONT000005635593) · Avenant n° 3-B du 15 octobre 2025 (cotisation santé de 54,10 € et 32,45 €, article 87.3), étendu par arrêté du 21 mai 2026 (JORF 5 juin 2026) ; grille de garanties de l'article 88.3 publiée au BOCC 2024-43, pages 158 à 163 · Avenant n° 7-B du 27 novembre 2025 relatif aux frais de santé (56,26 € et 33,75 € au 1ᵉʳ janvier 2026), avenant n° 11-B du 26 mars 2026 modifiant l'article 89 (frais d'obsèques, apprentis, solidarité) et avenant n° 10-TC du 25 mars 2026 modifiant l'article 63.6 : non étendus à la date de consultation · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, D. 911-2 et R. 912-1 du code de la sécurité sociale ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)