Convention collectiveIDCC 3254

    Mutuelle boucherie (IDCC 3254) : un régime de branche à 54,10 € par mois partagé à moitié, et une prévoyance où l'employeur assure aussi le maintien de salaire

    Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, la convention de la boucherie (ancien IDCC 992) est remplacée par la convention fusionnée boucherie-poissonnerie (IDCC 3254). Pour une boucherie artisanale, l'essentiel demeure : une complémentaire santé obligatoire pour tous les salariés dès l'embauche, avec une grille de garanties et une cotisation fixées en euros par la branche, et un régime de prévoyance qui couvre l'incapacité, l'invalidité, le décès, la rente éducation, mais aussi le maintien de salaire et l'indemnité de départ à la retraite que l'employeur doit verser.

    Le texte étendu ne recommande aucun assureur : la boucherie choisit librement son organisme, à condition que le contrat vise la convention, reprenne la grille de garanties ligne à ligne et finance les mesures de solidarité.

    La branche en bref

    IDCC 3254
    Convention
    Convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024, étendue par arrêté du 29 septembre 2025, en vigueur depuis le 1ᵉʳ novembre 2025
    IDCC
    3254 — remplace l'IDCC 992 (boucherie, boucherie-charcuterie, boucherie hippophagique, triperie, commerces de volailles et gibiers, convention du 12 décembre 1978) et l'IDCC 1504 (poissonnerie)
    Régime santé
    Article 62 (tronc commun) et article 88 (secteur boucherie) ; cotisation portée à 54,10 € par l'avenant n° 3-B du 15 octobre 2025, étendu par arrêté du 21 mai 2026 ; 56,26 € au 1ᵉʳ janvier 2026 par l'avenant n° 7-B du 27 novembre 2025, non étendu
    Régime prévoyance
    Article 63 (tronc commun) et article 89 (secteur boucherie), garanties d'incapacité et d'invalidité en place dans la branche depuis le 1ᵉʳ mai 2018 ; avenant n° 11-B du 26 mars 2026 (frais d'obsèques, apprentis), non étendu
    Organisme recommandé
    Aucun dans le texte étendu ; AG2R Agirc-Arrco n'est désignée que pour la retraite complémentaire (article 87.1)
    Maintien de salaire
    Articles 50 et 75 : 90 % de la rémunération brute pendant 60 à 180 jours selon l'ancienneté, assuré par une cotisation de 0,63 % à la charge de l'employeur
    54,10 €
    par mois et par salarié pour la mutuelle de branche, soit 1,35 % du PMSS 2026, dont 27,05 € pour l'employeur et 27,05 € pour le salarié ; 56,26 € depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 selon un avenant non étendu
    1,48 %
    du salaire brut, tranches A et B, pour l'incapacité, l'invalidité, le décès et les rentes : 0,89 % pour l'employeur et 0,59 % pour le salarié, cadres et non-cadres confondus
    0,98 %
    de plus à la charge de l'employeur seul : 0,63 % pour assurer le maintien de salaire et 0,35 % pour les indemnités de départ à la retraite et de licenciement pour inaptitude
    200 %
    du salaire annuel en capital décès quelle que soit la situation de famille, plus une rente éducation de 20 à 25 % par enfant ou, à défaut d'enfant, une rente de conjoint de 5 %

    L'IDCC 992 a laissé la place à l'IDCC 3254, sans rupture de garanties

    La convention de 1978 est remplacée depuis le 1ᵉʳ novembre 2025 par la convention fusionnée boucherie-poissonnerie. Elle comprend un tronc commun et une partie propre à la boucherie, qui reprend le régime santé et le régime de prévoyance de l'ancienne branche. Le bulletin de paie doit désormais mentionner la nouvelle convention.

    Une mutuelle tarifée en euros, partagée à moitié, avec une grille généreuse

    La cotisation étendue est de 54,10 € par mois, 32,45 € en Alsace-Moselle, financée à 50 % par l'employeur. La grille prévoit 200 % en hospitalisation et en consultations, 330 % sur les prothèses dentaires, 800 € par implant, 1 000 € de chirurgie réfractive et trois séances d'ostéopathie à 50 €. Un avenant non étendu porte le tarif à 56,26 € en 2026.

    Une prévoyance qui assure aussi les obligations de l'employeur

    Tous les salariés sont couverts dès l'embauche : 70 % du salaire en arrêt maladie, 90 % en accident du travail, 70 % en invalidité, 200 % en décès. L'employeur finance en plus, seul, l'assurance du maintien de salaire de l'article 75 et le remboursement de l'indemnité de départ à la retraite, ce qui lisse ces charges pour une petite entreprise.

    Vos obligations

    Ce que la convention de la boucherie (IDCC 3254, ex-IDCC 992) impose au-delà de la loi

    Première chose à savoir : la convention collective de la boucherie du 12 décembre 1978 (IDCC 992) n'existe plus en tant que telle. Les branches de la boucherie et de la poissonnerie ont signé le 24 septembre 2024 une convention unique, étendue par arrêté du 29 septembre 2025 et entrée en vigueur le 1ᵉʳ novembre 2025 sous l'IDCC 3254. Son préambule précise qu'elle « emporte abrogation et se substitue purement et simplement » aux deux anciennes conventions et à leurs avenants. Elle s'organise en un tronc commun, une partie II propre au secteur de la boucherie et une partie III propre à la poissonnerie. Pour une boucherie, une boucherie-charcuterie, un boucher-traiteur, une triperie ou un volailler, il faut donc lire ensemble les articles communs et ceux de la partie II.

    La loi impose à tout employeur une complémentaire santé collective couvrant au moins le panier de soins ANI, financée à 50 %. La branche va nettement plus loin. L'article 62 rend le régime de frais de santé obligatoire pour tous les salariés dès leur date d'entrée dans l'entreprise, avec un financement partagé à moitié, et l'article 88 fixe pour la boucherie une cotisation en euros, une grille de garanties détaillée et un fonds de solidarité. Les parties y affirment le « caractère impératif » de ces dispositions : on ne peut y déroger que par des garanties au moins équivalentes.

    En prévoyance, l'article 63 couvre lui aussi tous les salariés dès l'embauche, sans distinguer cadres et non-cadres, et l'article 89 y ajoute pour la boucherie une rente éducation et une rente de conjoint. Particularité de la branche : le contrat de prévoyance assure également la garantie de rémunération, c'est-à-dire le maintien de salaire dû par l'employeur en cas d'arrêt, ainsi que l'indemnité de départ à la retraite et la moitié de l'indemnité de licenciement pour inaptitude. Ces trois postes sont financés par l'employeur seul.

    Vos obligations en synthèse
    DispositionCe que ça impliqueStatut
    Complémentaire santé de brancheTous les salariés dès l'entrée dans l'entreprise, grille de garanties de l'article 88.3 au minimum, contrat responsable visant la conventionImposé par la branche
    Financement santé54,10 € par mois (32,45 € en Alsace-Moselle), moitié employeur, moitié salarié ; 56,26 € et 33,75 € depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 selon l'avenant n° 7-B, non étenduImposé par la branche
    Maintien de salaire (art. 50 et 75)90 % du brut pendant 60 à 180 jours selon l'ancienneté, dès le 1ᵉʳ jour en accident du travail, de trajet ou hospitalisation, dès le 8ᵉ jour sinonImposé par la branche
    Prévoyance pour tout le personnelDès l'embauche : incapacité 70 % (90 % en AT/MP), invalidité 70 %, décès 200 %, double effet, rente éducation 20 à 25 % ou rente de conjoint 5 %Imposé par la branche
    Financement prévoyance1,48 % du salaire dont 0,89 % employeur et 0,59 % salarié, plus 0,63 % et 0,35 % à la charge de l'employeur seulImposé par la branche
    Solidarité2 % de la cotisation santé affectés à un fonds de solidarité, gratuités en cas d'arrêt long pour accident du travail et de décès, rapport annuel à transmettre à la commission paritaireImposé par la branche
    Choix de l'assureurAucun organisme recommandé ni désigné dans le texte étenduVous restez libre
    Attention
    Si votre bulletin de paie ou votre contrat d'assurance mentionne encore l'IDCC 992, faites-les mettre à jour : depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, la convention applicable est l'IDCC 3254, et le contrat doit « faire expressément référence » aux nouvelles dispositions conventionnelles (articles 62.8 et 63.10).

    Régime santé

    Mutuelle de la boucherie (IDCC 3254) : garanties, bénéficiaires et dispenses

    Le régime couvre tous les salariés, à titre obligatoire, dès leur date d'entrée dans l'entreprise : aucune condition d'ancienneté, que le contrat soit à durée indéterminée ou déterminée, à temps plein ou partiel, apprentis compris. Les garanties sont « responsables » et s'entendent remboursement de la sécurité sociale inclus. La grille de l'article 88.3, publiée au Bulletin officiel des conventions collectives, est d'un bon niveau pour une branche artisanale : 200 % de la base de remboursement sur les frais de séjour, 220 % sur les honoraires hospitaliers des médecins adhérant à un dispositif de pratique tarifaire maîtrisée, 200 % sur les consultations de généralistes et de spécialistes, une chambre particulière à 50 € par jour et 25 € par jour pour accompagner un enfant de moins de 16 ans.

    Le dentaire est remboursé à 330 % sur les prothèses et les inlays-onlays, 280 % sur l'orthodontie, avec 800 € par implant dans la limite de trois par an et 200 € de parodontologie. En optique, hors équipements 100 % Santé, la monture est prise à 100 € et chaque verre de 70 à 150 € selon sa complexité ; s'y ajoutent 160 € de lentilles par an et 1 000 € de chirurgie réfractive. Les aides auditives de classe II sont remboursées à 100 % de la base plus 800 € par oreille. Parce que le métier sollicite le dos et les articulations, le salarié dispose de trois séances à 50 € d'ostéopathie, de chiropractie, d'acupuncture, d'étiopathie ou de nutritionniste par an, et le fonds de solidarité peut en financer quatre de plus. Le régime verse aussi un forfait de 250 € à la naissance ou à l'adoption, 250 € pour une cure thermale, 50 € de vaccins et 30 € de sevrage tabagique.

    Les dispenses sont celles des articles L. 911-7 et D. 911-2 du code de la sécurité sociale, à l'initiative du seul salarié : bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, salariés couverts par une assurance individuelle jusqu'à son échéance, salariés déjà couverts à titre obligatoire par ailleurs, y compris comme ayants droit. L'arrêté d'extension rappelle que les dispenses légales des contrats courts et des temps très partiels s'appliquent aussi. La demande est écrite, accompagnée des justificatifs, dans les trente jours suivant l'embauche, et doit mentionner que le salarié a été informé des conséquences de son choix. Les garanties sont maintenues pendant toute suspension du contrat indemnisée ; au-delà de quinze jours d'absence non rémunérée, le salarié peut les conserver en payant la totalité de la cotisation.

    Principales garanties (sécurité sociale comprise, grille de l'article 88.3, BOCC 2024-43)
    PosteNiveau de remboursementStatut
    HospitalisationFrais de séjour 200 % ; honoraires 220 % (200 % hors pratique tarifaire maîtrisée) ; forfait journalier intégral ; chambre particulière 50 € par jour ; accompagnant d'un enfant de moins de 16 ans 25 € par jour ; transport 100 %Imposé par la branche
    Soins courantsGénéralistes, spécialistes et actes techniques 200 % (180 % hors pratique tarifaire maîtrisée) ; imagerie 130 % (110 %) ; auxiliaires médicaux, analyses et pharmacie 100 % ; appareillage 100 % + 500 € par anImposé par la branche
    Dentaire100 % Santé sans reste à charge ; soins 100 % ; prothèses et inlays-onlays 330 % ; orthodontie 280 % ; implants 800 € par acte, 3 par an ; parodontologie 200 € par anImposé par la branche
    Optique100 % Santé sans reste à charge ; classe B : monture 100 €, verre unifocal 70 ou 110 €, verre progressif 130 ou 150 € ; lentilles 160 € par an ; chirurgie réfractive 1 000 € par anImposé par la branche
    Aides auditivesClasse I sans reste à charge ; classe II 100 % + 800 € par oreille (300 € jusqu'à 20 ans), dans la limite de 1 700 € ; piles et accessoires 100 % + 400 € par anImposé par la branche
    Prévention et bien-êtreOstéopathie, chiropractie, acupuncture, étiopathie, nutritionniste : 3 séances à 50 € par an, 4 de plus via le fonds de solidarité ; vaccins 50 € ; sevrage tabagique 30 € ; cure thermale 250 € ; naissance ou adoption 250 €Imposé par la branche
    Bénéficiaires et dispensesTous les salariés dès l'embauche ; dispenses légales à l'initiative du salarié, demande écrite sous 30 jours avec justificatifsImposé par la branche

    Cotisations santé

    Combien coûte la mutuelle d'une boucherie (IDCC 3254), et qui paie quoi

    Contrairement à la plupart des branches, la boucherie n'exprime pas sa cotisation en pourcentage du plafond de la sécurité sociale mais en euros. Le montant étendu, issu de l'avenant n° 3-B du 15 octobre 2025 (arrêté du 21 mai 2026), est de 54,10 € par mois et par salarié, soit l'équivalent de 1,35 % du PMSS 2026, et de 32,45 € pour les salariés relevant du régime local d'Alsace-Moselle. L'article 62.5 impose un financement à moitié par l'employeur et à moitié par le salarié : 27,05 € chacun. La cotisation ne dépend ni de l'âge, ni de l'état de santé, ni du salaire.

    Les partenaires sociaux ont signé le 27 novembre 2025 un avenant n° 7-B qui porte ces montants à 56,26 € et 33,75 € à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, soit 28,13 € pour chacun et l'équivalent de 1,40 % du PMSS. À la date de nos sources, cet avenant n'était pas étendu : il s'applique aux entreprises adhérentes des organisations signataires et, en pratique, aux contrats dont l'assureur a répercuté le nouveau tarif, mais il n'est pas encore opposable à toutes les boucheries. Pour mémoire, la cotisation était de 51,50 € en 2024 ; la hausse annuelle tourne autour de 4 à 5 %.

    Deux pour cent de la cotisation alimentent un fonds de solidarité, utilisé en priorité pour limiter la cotisation des retraités de la branche, puis pour des aides exceptionnelles et pour la prévention auprès des apprentis en centre de formation. Une indemnité égale à 2 % des cotisations finance par ailleurs le comité paritaire de suivi. La convention ne fixe pas de tarif pour le conjoint ou les enfants : leur couverture relève du contrat choisi par l'entreprise. Les anciens salariés bénéficient du maintien prévu par la loi Évin, et le contrat doit proposer aux retraités, au-delà de trois ans, des garanties identiques avec un objectif de cotisation plafonnée à 300 % de celle des actifs.

    Cotisations santé du secteur boucherie (PMSS 2026 = 4 005 €)
    PosteRègleStatut
    Salarié, régime général (étendu)54,10 € par mois, soit 1,35 % du PMSS : 27,05 € employeur et 27,05 € salariéImposé par la branche
    Salarié, Alsace-Moselle (étendu)32,45 € par mois, partagés à moitiéImposé par la branche
    Tarif au 1ᵉʳ janvier 2026 (avenant n° 7-B, non étendu)56,26 € par mois, soit 28,13 € chacun ; 33,75 € en Alsace-MoselleImposé par la branche
    Salarié en arrêt pour accident du travail de plus de 6 moisGarantie maintenue sans cotisation pendant 12 mois à compter du 7ᵉ mois d'arrêtImposé par la branche
    Ayants droit d'un salarié décédéGarantie maintenue gratuitement pendant 12 moisImposé par la branche
    Conjoint et enfants du salariéPas de tarif conventionnel : extension facultative selon le contrat retenuVous restez libre
    Anciens salariés et retraitésLoi Évin : tarif des actifs la 1ʳᵉ année, + 25 % la 2ᵉ, + 50 % la 3ᵉ ; ensuite objectif de 300 % au plus grâce au fonds de solidaritéImposé par la branche
    Attention
    Un employeur qui prend en charge plus de la moitié de la cotisation reste dans les règles : la convention fixe un partage à parts égales, mais rien n'interdit une participation patronale plus favorable, à formaliser dans la décision unilatérale.

    Arrêt de travail

    Maintien de salaire en boucherie : 90 % du brut, de 60 à 180 jours

    L'article 50 du tronc commun ouvre droit à une indemnité complémentaire aux indemnités journalières de la sécurité sociale, à trois conditions : avoir justifié de l'arrêt dans les 48 heures, être pris en charge par la sécurité sociale et être soigné en France ou dans l'Union européenne. L'indemnisation court dès le premier jour en cas d'accident du travail, de maladie professionnelle, d'accident de trajet ou d'hospitalisation, et à compter du huitième jour dans les autres cas, sous réserve du droit local en Alsace-Moselle.

    Pour le secteur de la boucherie, l'article 75 fixe un taux unique de 90 % de la rémunération brute, pendant une durée qui augmente avec l'ancienneté, appréciée au premier jour de l'absence : 60 jours de un à cinq ans, 80 jours de six à dix ans, puis vingt jours de plus par tranche de cinq ans jusqu'à 180 jours à partir de trente-et-un ans. Les indemnités déjà versées au cours des douze mois précédents s'imputent sur ces durées. Sont déduites les indemnités journalières, réputées servies intégralement même si la caisse les réduit, et la part des prestations de prévoyance financée par l'employeur.

    Ce maintien est assuré : l'employeur verse une cotisation de 0,63 % du salaire au titre de la « garantie de rémunération », et l'organisme de prévoyance lui rembourse les sommes avancées. Une fois les droits épuisés, la garantie d'incapacité prend le relais à 70 % du salaire, ou 90 % en accident du travail. L'article 76 protège en outre l'emploi du salarié malade pendant trois mois entre un et huit ans d'ancienneté et six mois au-delà, avec une priorité de réembauche de six mois en cas de remplacement définitif.

    Barème de maintien de salaire du secteur boucherie (art. 75, 90 % de la rémunération brute)
    AnciennetéDurée indemniséeStatut
    1 à 5 ans60 jours à 90 %Imposé par la branche
    6 à 10 ans80 jours à 90 %Imposé par la branche
    11 à 15 ans100 jours à 90 %Imposé par la branche
    16 à 20 ans120 jours à 90 %Imposé par la branche
    21 à 25 ans140 jours à 90 %Imposé par la branche
    26 à 30 ans160 jours à 90 %Imposé par la branche
    À compter de 31 ans180 jours à 90 %Imposé par la branche
    Attention
    L'arrêté d'extension rappelle que le maintien légal des articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail reste un plancher : comparez à chaque arrêt le barème conventionnel et le barème légal, qui prévoit 90 % puis 66,66 % sur des durées parfois plus longues, et appliquez le plus favorable.

    Régime prévoyance

    Prévoyance de la boucherie (IDCC 3254) : incapacité, invalidité, décès et rentes

    L'article 63 couvre tous les salariés dès leur entrée dans l'entreprise, sans condition d'ancienneté et sans distinction entre cadres et non-cadres : le texte précise qu'il se substitue à toute autre disposition, « notamment en ce qui concerne la prévoyance des cadres ». Le salaire de référence est la rémunération brute des douze derniers mois, tranche A jusqu'au plafond de la sécurité sociale et tranche B de un à quatre plafonds. Les garanties d'incapacité et d'invalidité existent dans la branche depuis le 1ᵉʳ mai 2018 : seuls les arrêts ayant débuté après cette date y ouvrent droit.

    En incapacité temporaire, l'indemnité journalière complémentaire porte le revenu à 70 % du salaire de référence, sécurité sociale comprise, et à 90 % en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Elle est versée en relais du maintien de salaire pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté, et à compter du 61ᵉ jour d'arrêt continu pour les autres. Une rechute dans les deux mois ne fait pas courir de nouvelle franchise. En invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, ou pour une incapacité permanente d'au moins 66 %, la rente atteint 70 % du salaire ; en 1ʳᵉ catégorie, ou entre 33 et 66 % d'incapacité, elle est égale aux deux tiers de ce montant. Le salarié est exonéré de cotisations de prévoyance dès que ses droits au maintien de salaire sont épuisés.

    En cas de décès, quelle qu'en soit la cause, les bénéficiaires reçoivent un capital de 200 % du salaire de référence, qui peut être versé par anticipation en cas d'invalidité absolue et définitive. Si le conjoint décède à son tour en laissant des enfants à charge, ceux-ci perçoivent un second capital identique. L'article 89 ajoute une rente éducation de 20 % du salaire par enfant jusqu'à 12 ans, puis 25 % jusqu'à 18 ans, 26 ans en cas d'études ou 30 ans en apprentissage, doublée pour les orphelins de père et de mère et viagère pour l'enfant invalide ; en l'absence d'enfant, le conjoint, partenaire ou concubin perçoit une rente temporaire de 5 % jusqu'à l'âge légal de la retraite. Un avenant n° 11-B du 26 mars 2026, non étendu, ajoute au 1ᵉʳ juillet 2026 une allocation d'obsèques de 50 % du PMSS, 2 002,50 € en 2026, au décès du salarié, de son conjoint ou d'un enfant à charge.

    Garanties de prévoyance du secteur boucherie (en % du salaire de référence, tranches A et B)
    GarantieNiveauStatut
    Incapacité temporaire70 % du salaire, 90 % en AT/MP, sécurité sociale comprise ; en relais du maintien de salaire après 1 an d'ancienneté, au 61ᵉ jour continu avant 1 anImposé par la branche
    Invalidité 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, IPP ≥ 66 %Rente de 70 % du salaire, sécurité sociale compriseImposé par la branche
    Invalidité 1ʳᵉ catégorie, IPP de 33 à 66 %Deux tiers de la rente de 2ᵉ catégorieImposé par la branche
    Décès ou invalidité absolue et définitiveCapital de 200 % du salaire, toutes causes, sans condition de situation de famille ; double effet : 100 % de plus aux enfantsImposé par la branche
    Rente éducation20 % jusqu'à 12 ans, 25 % jusqu'à 18 ans, 26 ans si études ou 30 ans si apprentissage ; doublée pour l'orphelin de père et de mèreImposé par la branche
    Rente de conjoint substitutive5 % du salaire jusqu'à l'âge légal de la retraite, en l'absence d'enfant à chargeImposé par la branche
    Frais d'obsèques (avenant n° 11-B, non étendu)50 % du PMSS = 2 002,50 € au décès du salarié, du conjoint ou d'un enfant à charge, à compter du 1ᵉʳ juillet 2026Imposé par la branche

    Cotisations prévoyance

    Taux de prévoyance en vigueur et répartition employeur-salarié

    L'article 89 fixe trois cotisations partagées, assises sur le salaire brut des tranches A et B. L'incapacité-invalidité coûte 0,83 %, répartis à 65 % pour l'employeur et 35 % pour le salarié, soit 0,54 % et 0,29 %. Le décès et l'invalidité absolue et définitive coûtent 0,40 %, partagés à moitié. La rente éducation et la rente de conjoint coûtent 0,25 %, dont 0,15 % pour l'employeur et 0,10 % pour le salarié. Au total, 1,48 % du salaire, dont 0,89 % à la charge de l'employeur et 0,59 % à celle du salarié, pour les cadres comme pour les non-cadres.

    S'y ajoutent deux cotisations à la charge exclusive de l'employeur : 0,63 % pour la garantie de rémunération, qui finance le maintien de salaire de l'article 75, et 0,35 % pour l'indemnité de départ à la retraite, remboursée en totalité à l'entreprise à jour de ses cotisations et majorée depuis 2024 d'un forfait pour charges patronales, et pour l'indemnité de licenciement pour inaptitude, remboursée à 50 %. Cette dernière cotisation était appelée à 0,25 % jusqu'au 31 décembre 2024. L'enveloppe complète atteint donc 2,46 % du salaire, dont 1,87 % pour l'employeur.

    L'avenant n° 11-B du 26 mars 2026, non étendu, ne change pas ces taux mais prévoit que, pour les apprentis, la cotisation de 1,48 % soit appelée à 0,89 % et prise en charge en totalité par l'employeur tant que les résultats du régime le permettent, le fonds de solidarité pouvant financer la part salariale. Pour un cadre, vérifiez avec votre assureur que la part patronale sur la tranche A satisfait l'obligation de 1,50 % de l'accord national du 17 novembre 2017 ; l'article 87.3 permet par ailleurs d'assimiler aux cadres, par décision écrite, les salariés des niveaux V et VI de la classification.

    Cotisations de prévoyance du secteur boucherie (art. 89, en % du salaire brut, tranches A et B)
    GarantieTaux et répartitionStatut
    Incapacité-invalidité0,83 % : employeur 0,54 %, salarié 0,29 %Imposé par la branche
    Décès et invalidité absolue et définitive0,40 % : employeur 0,20 %, salarié 0,20 %Imposé par la branche
    Rente éducation et rente de conjoint0,25 % : employeur 0,15 %, salarié 0,10 %Imposé par la branche
    Sous-total partagé1,48 % : employeur 0,89 %, salarié 0,59 %Imposé par la branche
    Garantie de rémunération (maintien de salaire)0,63 % à la charge de l'employeur seulImposé par la branche
    Indemnités de départ à la retraite et d'inaptitude0,35 % à la charge de l'employeur seulImposé par la branche
    Exemple à 2 000 € brut29,60 € partagés, dont 17,80 € employeur et 11,80 € salarié, plus 19,60 € employeur seul : 49,20 € par mois dont 37,40 € pour l'entrepriseImposé par la branche

    Choix de l'assureur

    Aucun organisme recommandé dans le texte : comment choisir

    La convention étendue ne recommande ni ne désigne aucun assureur, ni en santé, ni en prévoyance. Les articles 62.8 et 63.10 demandent seulement aux entreprises d'« organiser l'application intégrale du dispositif conventionnel par la souscription de contrats d'assurance » qui font expressément référence à la convention. Le seul organisme nommé est AG2R Agirc-Arrco, pour la retraite complémentaire, ce qui est sans lien avec la mutuelle. L'arrêté d'extension a d'ailleurs émis une réserve sur la clause relative aux réserves d'un « dispositif de mutualisation organisé par la branche », en rappelant que l'article L. 912-1 du code de la sécurité sociale n'autorise qu'une recommandation après mise en concurrence.

    Le texte laisse pourtant deviner l'existence d'un contrat de référence : la cotisation est fixée en euros, la grille renvoie aux « conditions générales » du régime et l'article 86 évoque « la convention conclue avec » l'organisme de prévoyance pour le remboursement de l'indemnité de départ à la retraite. Adhérer à ce contrat calibré par la branche est souvent le plus simple. Mais un autre assureur est parfaitement possible, à condition de reprendre la grille de l'article 88.3 poste par poste, d'assurer les gratuités de l'article 88.2, d'affecter 2 % de la cotisation à des actions de solidarité, de couvrir la garantie de rémunération et les indemnités de fin de carrière, et de transmettre chaque année à la commission paritaire le rapport sur la solidarité avant le 31 décembre.

    Comparez donc à périmètre identique : un contrat moins cher que 54,10 € qui oublierait les 800 € par implant ou les séances d'ostéopathie ne serait pas conforme, et un contrat de prévoyance sans garantie de rémunération laisserait le maintien de salaire à la charge directe de l'entreprise. En cas de changement d'assureur, l'article 63.10 impose d'organiser la poursuite de la revalorisation des rentes en cours et le maintien de la garantie décès des salariés en arrêt.

    Contrat mutualisé de la profession ou assureur libre : ce qui change
    CritèreCe qu'il faut vérifierStatut
    Garanties santéGrille de l'article 88.3 reprise ligne à ligne, contrat responsable, référence expresse à la convention IDCC 3254Imposé par la branche
    Tarif54,10 € étendus (56,26 € selon l'avenant non étendu) dans le contrat calibré par la branche ; tarif propre ailleurs, toujours partagé à moitié au moinsVous restez libre
    Solidarité2 % de la cotisation, gratuités AT/MP et décès, offre aux retraités, rapport annuel à la commission paritaireImposé par la branche
    PrévoyanceGaranties des articles 63 et 89, plus la garantie de rémunération et le remboursement des indemnités de retraite et d'inaptitudeImposé par la branche
    Changement d'assureurRevalorisation des rentes en cours et maintien du décès pour les salariés en arrêt, à la charge de l'ancien ou du nouvel organismeObligatoire (loi)
    FormalismeDécision unilatérale ou accord, notice remise à chaque salarié, formulaire de désignation du bénéficiaire du capital décès remis à l'embaucheObligatoire (loi)

    Récapitulatif : ce qui s'impose et ce qui reste ouvert

    Dans la boucherie artisanale, la branche fixe la grille et le prix de la mutuelle, organise une prévoyance identique pour tous dès l'embauche et fait assurer le maintien de salaire, mais elle laisse l'entreprise libre de son assureur.

    Obligatoire (loi)

    Imposé par la loi

    S'applique à toute entreprise employeur

    • Contrat responsable et panier de soins ANIPlancher légal, largement dépassé par la grille de branche
    • Portabilité jusqu'à 12 moisSanté et prévoyance, pour les salariés indemnisés par l'assurance chômage
    • Prévoyance des cadres à 1,50 % de la tranche AÀ vérifier au regard des 0,89 % de part patronale conventionnelle
    • Acte de mise en placeDUE ou accord, condition des exonérations sociales
    Imposé par la branche

    Imposé par la convention

    Articles 50, 62, 63, 75, 88 et 89 de la convention IDCC 3254

    • Santé pour tous dès l'embaucheGrille de l'article 88.3, 54,10 € partagés à moitié
    • Maintien de salaire à 90 %De 60 à 180 jours, assuré par 0,63 % employeur
    • Prévoyance sans condition d'anciennetéIncapacité 70 ou 90 %, invalidité 70 %, décès 200 %, rentes
    • Cotisations de prévoyance1,48 % dont 0,89 % employeur, plus 0,98 % employeur seul
    Vous restez libre

    Vous restez libre

    Rien ne vous est imposé sur ces points

    • L'assureurAucun organisme recommandé dans le texte étendu
    • La couverture du conjoint et des enfantsPas de tarif conventionnel, selon le contrat
    • Une participation supérieure à 50 %Sur la santé comme sur la prévoyance
    • Assimiler les niveaux V et VI aux cadresPar acte écrit, agrément APEC du 5 février 2025

    Mettre votre entreprise en règle, étape par étape

    1. Vérifiez votre IDCC

      3254 depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, à la place du 992 ; secteur boucherie, partie II de la convention.

    2. Prenez les articles 62, 63, 88 et 89 comme référence

      Grille santé de l'article 88.3, garanties et taux de prévoyance, barème de maintien de l'article 75.

    3. Choisissez l'assureur

      Contrat mutualisé de la profession ou autre organisme, avec attestation de conformité à la convention et aux mesures de solidarité.

    4. Fixez le financement

      Santé partagée à moitié, prévoyance à 0,89 % employeur et 0,59 % salarié, 0,63 % et 0,35 % à la charge de l'entreprise.

    5. Formalisez et informez

      DUE, notices, dispenses écrites sous 30 jours, formulaire de désignation du bénéficiaire, mise à jour des bulletins de paie.

    Pour formaliser la mise en place, utilisez le modèle de DUE prêt à personnaliser.

    Questions fréquentes, Boucherie, boucherie-charcuterie

    Non. Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, elle est remplacée par la convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie du 24 septembre 2024, IDCC 3254, étendue par arrêté du 29 septembre 2025. Les boucheries relèvent du tronc commun et de la partie II, qui reprend le régime santé et le régime de prévoyance de l'ancienne branche.

    Un contrat conforme à la nouvelle convention de la boucherie, sans payer plus que nécessaire

    Décrivez votre boucherie en 3 minutes : un conseiller vérifie que votre mutuelle et votre prévoyance respectent la convention 3254, grille de garanties, maintien de salaire assuré et solidarité compris, et vous accompagne sur la DUE.

    Comparer les offres

    Autres conventions collectives

    Sources : Convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (détail et gros), écailler, traiteur de la mer du 24 septembre 2024, IDCC 3254, étendue par arrêté du 29 septembre 2025 (JORF 4 octobre 2025), en vigueur le 1ᵉʳ novembre 2025 : préambule, articles 50, 62, 63, 75, 76, 85 à 89 (Légifrance, KALICONT000052370692) ; elle remplace la convention de la boucherie du 12 décembre 1978, IDCC 992 (KALICONT000005635593) · Avenant n° 3-B du 15 octobre 2025 (cotisation santé de 54,10 € et 32,45 €, article 87.3), étendu par arrêté du 21 mai 2026 (JORF 5 juin 2026) ; grille de garanties de l'article 88.3 publiée au BOCC 2024-43, pages 158 à 163 · Avenant n° 7-B du 27 novembre 2025 relatif aux frais de santé (56,26 € et 33,75 € au 1ᵉʳ janvier 2026), avenant n° 11-B du 26 mars 2026 modifiant l'article 89 (frais d'obsèques, apprentis, solidarité) et avenant n° 10-TC du 25 mars 2026 modifiant l'article 63.6 : non étendus à la date de consultation · Articles L. 911-1, L. 911-7, L. 911-8, L. 912-1, D. 911-2 et R. 912-1 du code de la sécurité sociale ; articles L. 1226-1 et D. 1226-1 du code du travail ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ; plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS 4 005 €, PASS 48 060 €)